Cord cutting : mythe ou réalité?

Télévision

Exclusif

Les câblodistributeurs doivent-ils craindre les cord cutters, qui comptent principalement sur Internet pour s’alimenter en divertissement vidéo?

Cord cutting, l’expression est sous toutes les lèvres depuis que Reuters a révélé au début du mois d’août les difficultés rencontrées par les acteurs américains de la télévision payante devant l’exode de leurs clients. Ces derniers «couperaient le cordon», et résilieraient leur abonnement au profit de solutions alternatives existant sur Internet. Qu’en est-il vraiment?

Les chaînes spécialisées et le câble ne disparaîtront pas du jour au lendemain, même si leur écosystème risque lui d’évoluer grandement. À ce propos, l’étude rappelle que les revenus des câblos continuent à augmenter et que les abonnements au câble au Canada sont malgré tout en hausse.

Selon l’article de Reuters, les principaux câblodistributeurs américains seraient touchés par la vague de replis. DirecTV, numéro un de la télévision par satellite aurait perdu 52 000 abonnés au cours du seul second trimestre. Time Warner Cable, le second câblodistributeur du pays déplorait quant à lui 169 000 départs. Le marché de la télé payante aurait perdu en tout 400 000 usagers en un an.

D’après une autre étude publiée en avril 2013 par la firme de consultation torontoise Convergence Consulting Group, 250 000 abonnés à la télévision payante à travers le Canada auraient résilié leur abonnement en 2012, ce qui représenterait près de 2,2% des abonnés totaux. L’étude prévoit que le phénomène s’accélèrera en 2013 avec 130 000 désaffiliations de plus.

Ces chiffres alarmants doivent être pris avec des pincettes. Les chaînes spécialisées et le câble ne disparaîtront pas du jour au lendemain (ne serait-ce que pour les grands rendez-vous télé et le sport), même si leur écosystème risque lui d’évoluer grandement. À ce propos, l’étude rappelle que les revenus des câblos continuent à augmenter et que les abonnements au câble au Canada sont malgré tout en hausse.

L’étude rappelle que malgré les cord cutters, 47 000 nouveaux ménages se sont abonnés à des services payants en 2012 (des chiffres portés entre autres par l’augmentation de la population canadienne).

La faute aux télés connectées?

Depuis plusieurs années, les experts s’interrogent sur l’influence d’Internet sur la désaffiliation de la télévision traditionnelle.

Une étude anglaise publiée en début d’année par Accenture affirme que la télévision est encore largement prédominante dans les habitudes de consommation de contenu comme les films et la diffusion en direct, loin devant l’ordinateur et les tablettes. Mais qu’en est-il quand la télévision est connectée au réseau, soit directement (Smart TV), soit par le moyen d’un boîtier (Roku, Xbox, Apple TV)?

Accenture-Outlook-Eyes-have-it-Screen-of-choice

La réponse vient peut-être d’une étude publiée très récemment par The Diffusion Group et qui affirme chiffres à l’appui que les possesseurs de télévision connectés à Internet sont plus de deux fois plus nombreux à se dire «très enclin» à se désabonner de leur câblodistributeur que ceux dont la télévision n’est pas connectée.

L’étude rappelle cependant que la vaste majorité des individus connectés à Internet et abonnés au câble ou au satellite n’ont absolument aucune envie de se déconnecter. S’il existe peut-être une tentation du cord cutting, la majorité des abonnés ne sont pas prêts à abandonner l’offre de service simple et pharaonique qui vient avec le câble ou le satellite.

080813

L’analyste Craig Moffet de la firme Moffett Research LLC, relativise lui aussi le phénomène. Pour ce dernier, les chiffres du cord cutting ne sont pas impressionnants, mais ils sont significatifs et pourraient à terme avoir un impact négatif sur l’industrie de la télévision payante américaine.

Le Business Insider a quant à lui mandaté la firme One Touch Intelligence, spécialisée dans la veille du marché de la câblodistribution, pour examiner à la le phénomène. Les résultats semblent aller dans le même sens. Lors du deuxième trimestre de 2012, il y a eu une baisse de 319 518 souscriptions au câble aux États-Unis.

Il faut toutefois rappeler que ce trimestre est traditionnellement le moins profitable pour cette industrie puisque les abonnés profitent de cette période pour déménager. Cependant, comme l’explique One Touch Intelligence, sur le long terme, la courbe des abonnements est toutefois légèrement descendante.

Il est difficile de se prononcer sur l’ampleur du phénomène cord cutting notamment parce que le phénomène est très récent. Une chose est sûre, les câblodistributeurs vont devoir rester à l’affût de cette tendance pour tenter de savoir très vite s’il s’agit d’une tendance de fond ou d’un simple ralentissement passager de l’industrie.

  • Max

    Je suis un « cordcutter » et je ne regrette rien. Le signal OTA utilise un codec différent si je ne m’abuse et rend une qualité d’imagine incroyable comparément à ce qui est livré via les cablo-distributeur/satellite. Combiné à une TV tuner je peux enregistrer comme un terminal d’une de ces compagnies avec plus de contrôle et liberté! Le reste du contenu (film, tv série) bien, il y a le web pour ca!

    • http://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

      Je partage votre opinion. J’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet jadis, dans mon autre vie…
      http://blogues.radio-canada.ca/triplex/2011/09/01/la-tele-hertzienne-nest-pas-morte-longue-vie-a-la-tele-haute-definition-gratuite/

    • http://www.senterre.com/ Éric Senterre

      Moi je ne suis pas un « Cord Cutter » parce que je n’ai jamais eu de « cord ». :-D Pas assez de temps pour le passer devant la TV.

      Ceci dit, ça ne m’a pas empêché de me mettre au ATSC avec 4 tuners. Depuis que cette techno est là, j’ai encore plus de poste « hertziens » qu’avant et de bien meilleure qualité.

      Ça et parfois un peu de web et j’ai largement dépassé mon temps de TV. haha! J’utilise un Windows Media Center pour enregistrer nos émissions. C’est très efficace.

  • Francois Bedard

    Attention : ces études ont aussi la difficulté de bien saisair les nouveaux usages et les  » cord never  » :-)

  • Barnactab

    Les gros fournisseur d’accès internet sont aussi les gros télé-distributeurs… et on s’étonne que contrairement à presque tous les autres pays développés, on ai des limites de 30 ou 60Go par mois… avec des prix complètement fou pour les dépassement, alors que lors des représentation devant le CRTC l’année dernière, le coût réel de la bande passante a été évalué à moins de 1¢ par Go…

    Ils protègent leur propres services de VOD et de télédistribution en limitant les donnés sur internet. Ça freine l’installation de services du genre Netflix Canadien et ça favorise le piratage ( les films et séries piraté sont souvent compressé de façon plus efficace, pour une qualité semblable, c’est souvent 3X moins gros en données, et pour revoir, en streaming ça prend encore la même quantité de données). Et pour des familles nombreuse, ces limites rendent dans la pratique impossible d’utiliser les service de vidéo sur internet.
    Et il n’y a pas que la vidéo, la distribution des jeux devient de plus en plus numérique, un jeu sur steam peu dépassé les 25Go, de quoi atteindre la limite de plusieurs forfait… Et les consoles aussi vont de plus en plus vers la distribution par internet. Et tous les service de type « cloud » se multiplient, et nécessite beaucoup de transfert de données.
    Si on continue avec des limites aussi basses, le Canada risque de rester derrière pour tous ces services.

    Si le CRTC protégeait vraiment l’intérêt des consommateurs, il aurait empêché cette pratique, ou a tous le moins y aurais mis des limites. (Limite minimale pour une connexion ADSL : 100Go/mois, fibre optique 500Go/mois) Et aussi un maximum aux frais supplémentaires. (Un maximum à 10¢/Go, 10X le prix réel, au lieu de 4.5$, 450X le prix réel…)

    On ne limite pas en fonction des capacités réelles des réseaux, mais de façons à bloquer la concurrence à leur télédistribution. Le Canada risque de manquer le bateau des services cloud, les limites vont empêcher les entreprises locales d’être rentables en diminuant le nombre de client potentiel, pendant que des gros vont se développer à l’étranger. Une fois les compagnies étrangère bien établies, nos compagnies ne pourront pas percé le marché. Ces limitations risque d’affecter l’économie.

    Tout va vers les services par internet, on a beau avoir des limites artificiel, c’est une question de temps avant que la majorité des service passent par internet. En laissant les limitation, nos fournisseurs d’accès vont seulement s’assurer que ça profite aux entreprises étrangères. Puisque la concurrence ne semble pas faire changer les choses, seul le CRTC a le pouvoir d’agir.

    • http://www.senterre.com/ Éric Senterre

      J’ai quitté Vidéotron à cause de leurs limites et de leurs prix sans génie. Je suis chez ElectronicBox aujourd’hui, et pour moins cher que mon ancien « Haute-Vitesse » j’ai 250Go de bande passante. C’est pas encore l’équivalent qu’on retrouve ailleurs, mais reste que c’est intéressant de voir de « petits » indépendants faire les choses du mieux qu’ils peuvent!

      • Chascon

        Je suis avec Vidéotron et depuis quelque temps déjà, ils offrent l’internet illimité pour $10 /mois de plus! Depuis ce temps, le Netflix et le jeu en ligne bat son plein chez nous. J’ai vérifié l’autre jour ma consommation, et on frise régulièrement le 15 Go par jour. Nous sommes 5, dont 3 ados et une blonde qui écoute toutes ses séries d’outre mer en HD sur youtube. Et Neflix en HD est vraiment excellent! On a plus besoin de se restreindre en consommation internet. Je garde le câble pour le foot et le hockey car en streamming, c’est pas encore génial!

        • Dany

          10$ c’est si tu as les 3 services!!! sinon c’est 30$

  • tremdavid

    Le cordon est coupé depuis très longtemps… la combinaison télé HD avec une bonne antenne et un bon fournisseur d’internet avec XMBC derrière ma télé.

    • Dany

      Est-ce que l’antenne fonctionne s’il y as des arbres?
      Est-ce une antenne extérieur?

  • Fabien Loszach

    Pour poursuivre la discussion, voilà ce que je viens de lire dans MacLeans aujourd’hui:

    « Yesterday morning on CBC’s The Current, CRTC head Jean-Pierre Blais was asked why traditional broadcasters should be forced to kick back a third of their profits into CanCon TV when Netflix does not. The CRTC wisely decided not to regulate Internet content (how on Earth would you?) and must therefore dance a jig to explain how this new kind of TV is not like the old kind. Nobody suggested to Blais that Canadian viewers are dropping cable for Netflix, but he went ahead and answered that question anyhow:

    “The fact is, we have found no evidence that it’s displacing (cable and satellite). It’s from people who are doing ‘double screen’ or ‘enriching’ or ‘catching-up’. “

    This is an evasion at best. It’s true that cord-cutting hasn’t occurred en masse as some have predicted; those with cable or satellite subscriptions rarely forego them, although this has begun. The real trouble for our cable and satellite providers are those who never had cables to begin with. Young consumers, taking on their first apartments after streaming and pirating video in their bedrooms and dorm rooms, are ignoring the existence of $100+ premium cable bundles. »

    Pas de cord-cuting donc, les gens ne coupent pas le cordon, par contre les jeunes ne le branchent plus du tout!