Quand les nouvelles technologies s’approprient les énergies vertes

Énergie verte

Exclusif

Dans La troisième révolution industrielle, l’économiste Jeremy Rifkin défend l’idée que «les grandes révolutions économiques de l’histoire se produisent quand de nouvelles technologies de communications convergent avec de nouveaux systèmes d’énergie».

Pour le célèbre auteur de La Fin du travail (La Découverte, 1996), les technologies numériques sont en voie de fusionner avec les énergies renouvelables pour créer la dynamique d’un Nouveau Monde. Ces dernières semaines, trois annonces importantes dans le monde des nouvelles technologies sont venues donner du crédit à la thèse de Rifkin.

Le marché du solaire et de l’éolien est aujourd’hui en pleine croissance, porté par les incitations et autres programmes gouvernementaux. Le prix de construction et d’entretien de centrales a lui aussi fortement baissé, permettant ainsi aux entreprises les plus riches d’investir dans le renouvelable pour faire baisser leurs coûts à long terme.

Microsoft et les éoliennes

C’est tout d’abord Microsoft qui a annoncé un accord de 20 ans avec RES Americas pour acheter l’énergie provenant d’une ferme éolienne géante au Texas. Pour Microsoft, le but d’un tel investissement est de subvenir à la demande grandissante en énergie que demande l’hébergement des données de 1 milliard d’utilisateurs et de 20 millions d’entreprises (et notamment son service dans le nuage Skydrive).

Keechi est un projet de 55 éoliennes évalué à 200 millions de dollars qui se mettra en branle en décembre. À terme, Microsoft achètera 430 000 mégawatts par heure d’énergie à RES America ce qui représente entre 5 à 10% de toute l’énergie consommée par le groupe mondialement.

Pour Rob Morgan, chef du développent chez RES Americas, cet accord est un signe des temps qui montre que les énergies renouvelables sont aujourd’hui à un tournant et deviennent de plus en plus intéressantes pour les entreprises.

Apple et les panneaux solaires

Les dirigeants d’Apple semblent eux aussi avoir anticipé cette fusion des technologies numériques et des énergies renouvelables puisque selon PC World, le groupe serait en train de travailler à la construction d’une usine à Mesa en Arizona, elle aussi alimentée en énergie verte.

Fortement inciter à investir sur le sol américain par le gouvernement, Apple prévoit construire une usine d’assemblage en Arizona pour soutenir son initiative «Made in The USA».

La nouvelle a été annoncée par le gouverneur Jan Brewer et par la compagnie GT Advanced Technologies, qui produit des composantes électroniques à base de saphir. Cette dernière a paraphé une entente de 578 millions de dollars US avec Apple pour occuper l’usine de Mesa et fournir Apple des composantes informatiques.

Le complexe occupé par Apple et GT Advanced Technologies sera une ancienne usine désaffectée de production de panneau et cellules photovoltaïques appartenant à First Solar. Construite dans la banlieue de Mesa, l’usine fonctionne à 100% à l’énergie renouvelable, dont le solaire et la géothermie. Apple travaillera avec Salt River Project, une compagnie d’électricité du centre de l’Arizona, afin d’utiliser des panneaux solaires capables de répondre aux besoins de l’installation.

Pour le gouverneur Jan Brewer, «l’investissement d’Apple dans les énergies vertes en Arizona permettra de rendre encore plus vert leur réseau électrique en créant des centrales électriques solaires et géothermiques». La troisième révolution industrielle est à nos portes…

Google impliqué dans plus d’une douzaine de projets

Google qui est impliqué depuis des années dans plusieurs projets de production d’énergie verte n’est pas en reste puisque l’entreprise a annoncé le mois dernier son intention d’investir 103 millions de dollars dans une centrale électrique photovoltaïque en Californie. D’une capacité de production de 265 mégawatts, le projet Mount Signal Solar serait déjà en phase avancée et impliquerait la participation du Silver Ridge Power, anciennement AES.

En Finlande, Google a investi plus de 600 millions de dollars pour agrandir son centre de données à Hamina. Présenté comme un des complexes les plus efficients du monde, le centre dispose d’un système de refroidissement à l’eau de mer et prévoit de fonctionner à 100% à l’énergie renouvelable d’ici quelques années.

Google est très impliqué dans l’énergie verte. La société a dépensé presque un milliard dans plus d’une douzaine de projets d’énergie verte qui produisent collectivement plus de 2 gigawatts d’électricité. Google s’est aussi engagé à acheter de l’énergie renouvelable aux parcs éoliens situés à proximité de ses centres de données. L’électricité verte achetée est ensuite intégrée dans les réseaux électriques locaux, ce qui augmente la proportion d’énergie renouvelable présente sur ces réseaux.

Un avenir prometteur?

Le marché du solaire et de l’éolien est aujourd’hui en pleine croissance, porté par les incitations et autres programmes gouvernementaux, notamment américains. Le prix de construction et d’entretien de centrales a lui aussi fortement baissé, permettant ainsi aux entreprises les plus riches d’investir dans le renouvelable pour faire baisser leurs coûts à long terme. Pour indice, le prix de production du mégawatt par heure est passé entre 2009 et 2012 de 70 à 40$ selon un rapport de Lawrence Berkeley National Laboratory.

À lire également : Google and Microsoft’s newest rivalry : renewable energy