Google, futur leader des réseaux énergétiques intelligents

Internet des objets

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Le rachat d’entreprises fait parti de l’ADN de Google. Depuis sa création en 1998, l’entreprise californienne en déjà acquis plus de 100.

Depuis un peu plus de 12 mois toutefois, les dépenses se sont multipliées : après avoir racheté Motorola l’an dernier pour 12,5 milliards de dollars, puis une poignée d’entreprises spécialisées dans la robotique, le géant de l’Internet a annoncé la semaine dernière le rachat de Nest Labs au prix faramineux de 3,2 milliards de dollars.

Du côté consommateur, on affirme que si le Nest se généralisait, il pourrait permettre de réduire de près de 50% les dépenses énergétiques inutiles. Google pourrait ainsi jouer un rôle majeur dans la gestion des programmes énergétiques à travers les États-Unis, ce qui représente des budgets de plusieurs milliards de dollars.

Cofondée en 2010 par le père de l’iPod, Tony Fadell, Nest Labs est une jeune startup intéressante qui fabrique des thermostats et des détecteurs de fumée intelligents, mais dont les résultats financiers ne sont pas connus. Pour Google, c’est une première incursion dans le marché de l’Internet des objets ou objets connectés, un marché dont on affirme qu’il pourrait valoir bientôt près de 1 000 milliards de dollars

L’Internet des objets

L’Internet des objets ou Internet of things désigne la connexion à Internet du monde physique et des objets du quotidien. Ces objets sont des biens, des machines, des habitations, des véhicules, ou encore des animaux, des gens, des plantations, des sols sur lesquels on place des capteurs capables de transmettre de l’information. Ces informations captées, puis traitées devraient permettre – on nous le promet – de mieux rationaliser nos modes de production, de consommation et plus largement de vie.

À ce sujet, le thermostat Nest permet de réguler sa consommation d’énergie domestique en collectant des données dans son environnement et dans ses habitudes de vie du ménage. Il peut ainsi baisser et monter la température aux moments opportuns et aussi être commandé à distance. Le Nest n’est pas seulement communicant, mais aussi instruit : il apprend et s’ajuste en fonction des données recueillies sur des cycles plus longs.

Si le Nest permet à Google de se positionner sur le marché de la maison intelligente, l’entreprise californienne n’entend pas s’arrêter là. Pour Sundar Pichai, directeur des équipes Chrome et Android, le but de Google est d’installer des processeurs partout où cela est possible. Avec le Nest, Google a l’opportunité de réaliser cette promesse, mais aussi de définir le langage du Web de demain, en mettant en place un standard de communication pour les objets entre-eux.

Données + Énergie = Smart Grid

Après l’Internet et en attendant la télévision, le Nest est une nouvelle porte d’entrée de Google dans la maison; une porte qui lui permettra d’avoir accès à des tonnes d’informations et de données sur les habitudes de consommation énergétiques des Américains. Avec ses thermostats, Google est désormais chez vous quand vous n’y êtes pas.

Cette collecte de données est stratégique dans un contexte où les fortes contraintes qui pèsent sur la demande d’énergie (épuisement des réserves, climat, développement des pays émergents) exigent de faire des économies notamment en rationalisant les comportements et les usages.

Google entend se positionner comme le leader incontournable en matière de smart grid, un terme qui désigne les réseaux intelligents mettant en commun les données des producteurs et des consommateurs d’énergie afin de mieux l’utiliser et la répartir. La grande force de Google est d’être dans ces réseaux de distribution d’électricité «intelligents» à la fois du côté des producteurs et des consommateurs.

En novembre dernier, nous écrivions que Google était impliqué dans plus d’une douzaine de projets de production d’énergie verte et entendait investir 103 millions de dollars dans une centrale électrique photovoltaïque en Californie. Google, qui consomme beaucoup d’énergie avec ses nombreux centres de données, alimente toutefois plus de 30% de ses opérations grâce aux énergies renouvelables éoliennes et solaires.

Du côté consommateur, on affirme que si le Nest se généralisait, il pourrait permettre de réduire de près de 50% les dépenses énergétiques inutiles. Google pourrait ainsi jouer un rôle majeur dans la gestion des programmes énergétiques à travers les États-Unis, ce qui représente des budgets de plusieurs milliards de dollars.

Rappelons en terminant que Google a toujours eu un goût pour l’énergie puisque l’entreprise a déjà essayé de produire son propre thermostat avec son application Energy Sense. En 2009, l’entreprise avait aussi lancé un outil de gestion énergétique du nom de PowerMeter, avant de mettre fin au projet en 2011.

Par le rachat de Nest, Google entend prendre une place comme acteur du marché de l’énergie et met le pied dans la 3e révolution industrielle, un terme popularisé par l’économiste Jeremy Rifki. Dans un ouvrage éponyme, Rifkin défend l’idée qu’un système autonome permettra à chacun d’utiliser intelligemment l’énergie créée localement par des énergies renouvelables et d’en revendre le surplus. Chaque foyer sera alors à la fois producteur et consommateur d’énergie. Le smart grid de Google s’inscrit dans la vision de Rifkin.

  • Steve Rodrigue

    Cool de lire Mr. Loszach ici!

    Google a le potentiel (presque effrayant) de devenir omniscient en terme technologique. Google veut des données et par tout les moyens ils s’en procurent.

    Aussi, il ne faut pas sous-estimé les têtes qu’ils sont allés cherchés, tous des bons anciens de Apple.

  • r2d3

    il faut scinder Goo-gle. ils ont trop d’informations.