Poésie et jeu vidéo, deux mondes pourtant si proches

Soyons zen

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Dans la grande majorité des jeux vidéo, vous devez soit tirer sur tout ce qui bouge, soit sauver l’humanité de l’annihilation ou encore survivre à des vagues incessantes d’extra-terrestres dégueu ou de zombies purulents… Et la tendresse bordel!?!

Les jeux ont toujours été de grands défouloirs, que ce soit de nos frustrations personnelles et professionnelles ou afin de compenser nos vies qui manquent cruellement d’émotions fortes à une époque où craindre pour sa vie n’est plus (en général) monnaie courante.

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Malheureusement, si l’on se fie à la grande majorité des titres sur les marchés et aux meilleurs vendeurs depuis quelques années, on trouve peu de jeux qui poussent à la contemplation, au bonheur et à la paix intérieure. Heureusement, l’arrivée de quelques concepteurs «illuminés» indépendants dans les rouages commerciaux bien huilés des majors, a ouvert la voie à de nouvelles façons de raconter des histoires et d’aborder les jeux. 

Des jeux pour vivre des sentiments de moins en moins courants

Des jeux offrant d’autres défis que d’être le plus fort, le plus grand ou le plus rapide fleurissent de plus en plus dans les vertes vallées virtuelles de cette industrie.

À une époque à laquelle tout va très vite, prendre son temps est devenu un luxe que peu de personnes considèrent comme valable. Certes, «le temps c’est de l’argent» vous diront certains, mais je leur répondrai, «savoir le prendre c’est conserver sa santé». Alors que certains joueurs battent des records pour finir un jeu le plus vite possible dans une multitude de speed run sans le moindre intérêt, d’autres s’adonnent au yoga virtuel en se promenant dans des univers virtuels et ce ne sont pas les opportunités qui manquent.

Mais voilà, aller lentement n’a jamais été à la mode, soulevé les passions, ni flatté l’ego de qui que ce soit à part celui de la tortue. Cependant, des jeux offrant d’autres défis que d’être le plus fort, le plus grand ou le plus rapide fleurissent de plus en plus dans les vertes vallées virtuelles de cette industrie. 

Que vous aimiez l’exploration, les casse-tête, les belles histoires et même la tactique, il est loin d’être impossible de concilier ces passions avec des jeux moins violents que la moyenne des blockbusters, et donc par défaut, plus calmes et reposants. En voici quelques-uns au cas où, durant quelques heures, vous auriez envie de vivre autre chose…

Jouer ou visiter des mondes, immobile

Les jeux poétiques où l’exploration est une des boucles de jouabilité ne sont pas légion, mais ils commencent à connaître un réel engouement. Après un énorme vide laissé par les point and click, la 3D a plutôt poussé les concepteurs à développer des titres où les joueurs doivent plus affiner leurs réflexes que leur sens de la réflexion. Heureusement, certains titres sont là pour nous faire perdre notre temps dans des univers immersifs et dépaysants. Lors de la dernière édition de l’Electronic Entertainment Expo, qui s’est conclue la semaine dernière, on a pu en apercevoir certains, qui malheureusement, sont souvent passés sous les radars des sites spécialisés de jeux vidéo. 

Abzû et Bound en sont deux exemples flagrants. Tous deux directement inspirés par des jeux tels que Flower ou Journey (dont un des artistes a d’ailleurs travaillé sur Abzû), ils offrent aux joueurs des interactions avec des environnements défiants toute logique grâce à des personnages aux déplacements fluides et gracieux. On oublie ici, le sprint, le dive, le crouch et autres mouvements épileptiques réservés aux jeux d’action et FPS.

Toujours accompagnés d’une musique favorisant clairement le sentiment d’évasion et de détente, ces deux titres visuellement empreints d’une direction artistique très propre invitent à l’émerveillement et au plaisir de la découverte. Les bandes-annonces (ci-dessus) pourront vous en révéler bien plus et sauront vous transmettre l’émotion voulue par leurs concepteurs.

Des jeux de plateformes sans stress, ça existe

Certes, quand il s’agit d’exploration, les jeux de plateformes sont rois, regorgeant de mondes imaginaires hallucinants et de passages secrets plus étranges les uns que les autres. Cependant, malgré toute la beauté que certains recèlent, il faut que le joueur passe son temps à essayer de ne pas mourir. En termes de relaxation on repassera. 

Heureusement, des titres comme Fez (sans combat du tout) ou même Child of Light (avec des combats en mode tour par tour), offrent un rythme plus lent, laissant le libre arbitre au joueur de choisir l’expérience qu’il privilégie. Exit les chronos pour réussir le niveau et les gros monstres qui vous poursuivent pour vous bouffer tout cru. Il en va de même pour Fossile Echo, un jeu de plateforme conçu en Nouvelle-Calédonie, directement inspiré de titres comme Oddworld, Shadow of the Colossus ou encore des dessins animés du Studio Ghibli.

Des point and click 2.0, en veux-tu en v’la

Découvrir et se faire surprendre par autre chose qu’un monstre, une explosion ou une mort atroce est de loin le sentiment le plus excitant dans le merveilleux monde des jeux vidéo «poétiques».

Après avoir connu une véritable traversée du désert, le genre amorce un retour marqué sur le devant de la scène grâce à l’aide notable de grosses franchises et d’ambiances proches des jeux d’action tels que celles de Walking Dead. Ayant reconquis une partie des joueurs, le style a fait des émules avec des scénarios moins «gaming» comme Life is Strange, Gone Home ou The Witness, qui misent sur des environnements et des personnages hauts en couleur. On oublie ici les méchants zombies, merci beaucoup!

J’aurai pu continuer ma liste avec d’autres titres incluant un gameplay plus conventionnel tels que Okami, Machinarium, Ori and the Blind Forest, The Unfinished Swan, Limbo, Braid ou encore Ico.

Certes, évoluer dans un genre connu est toujours réconfortant, mais découvrir et se faire surprendre par autre chose qu’un monstre, une explosion ou une mort atroce est de loin le sentiment le plus excitant dans le merveilleux monde des jeux vidéo «poétiques» si l’on peut les qualifier ainsi.

Et vous, êtes-vous sensible à la poésie dans les créations numériques?