Le piratage de biens culturels a diminué en Norvège

Piratage

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Selon une étude réalisée par la firme Ipsos, le piratage de biens culturels en Norvège aurait subi une chute de 75% depuis 2008. Qu’en est-il de la situation québécoise?

Les statistiques recueillies pour le compte de Norwaco, une société de gestion des droits de propriété intellectuelle, font état d’un lien de causalité entre une offre légale plus étoffée et une diminution considérable du piratage de biens culturels. C’est du moins ce que suggère le quotidien Aftenposten.

Combinant tant la copie illégale vers tout autre support physique (disque dur, CD, DVD ou clé USB) que le téléchargement illégal, les chiffres compilés par Ipsos sont révélateurs. Le piratage musical serait passé de 1 160 millions d’échanges en 2008 à 210 millions en 2012. Du côté du cinéma, cette chute s’est amorcée à la fin de 2010, alors qu’une baisse significative du piratage de séries télévisées n’est observée que depuis le début de 2012.

Le piratage musical est représenté en rouge, celui des séries télévisées en vert, et celui du cinéma en bleu.

Le piratage musical est représenté en rouge, celui des séries télévisées en vert, et celui du cinéma en bleu.

Selon Olav Torvund, avocat spécialisé en droit d’auteur, le phénomène s’explique par l’arrivée de solutions légales de distribution des contenus abordables au pays. Par exemple, Netflix a fait son apparition sur le marché norvégien en 2012, soit au même moment où le piratage de séries télévisées s’est vu diminué. La même logique est applicable au sujet de la musique, avec l’arrivée de services comme Spotify en 2008 et WiMP en 2010.

Qu’en est-il du Québec? Bien qu’il n’existe aucune étude comparable à celle produite pour la Norvège, tout porte à croire que les mêmes conclusions pourraient être observées. C’est du moins ce que croit Martin Delisle, directeur du développement web au département Internet et Services numériques de Radio-Canada.

«Ce qu’on constate ailleurs dans le monde, c’est que lorsqu’il y a des solutions légales, même si elles sont transactionnelles, le piratage tend à diminuer», explique Delisle. «Une plateforme comme TOU.TV a vraisemblablement le même effet puisque l’accès au contenu est facile et presque immédiat après la diffusion. En plus, contrairement au piratage, elle ne force pas les utilisateurs à installer des logiciels ou à s’exposer à des logiciels espions ou des virus.»

L’hypothèse voulant que l’utilisateur moyen privilégie l’accès le plus simple au contenu qu’il désire consommer, pourvu que la solution soit abordable, semble ainsi se confirmer.