Un marque-page intelligent pour les lecteurs nonchalants

Lisez-moi

La filiale brésilienne des éditions britanniques Penguin s’est associée avec l’agence Mood / TBWA pour développer le premier marque-page intelligent.

Je l’ai déjà dit ici, je suis une lectrice boulimique. Malheureusement, je n’ai plus la capacité de lecture que j’avais à l’adolescence, quand je pouvais facilement lire deux romans par jour et encore trouver du temps pour jaser au téléphone avec ma meilleure amie pendant 3 heures d’affilée. Par contre, je n’ai pas perdu mes habitudes d’achat de livres.

Le marque-page, qui possède un capteur de lumière, mémorise la dernière fois que le livre a été ouvert. Si un livre contenant le marque-page est abandonné une semaine, son lecteur est sermonné publiquement sur Twitter.

Résultat, j’ai une bonne vingtaine de livres en jachère sur ma table de chevet, et bien davantage sur ma liste «à me procurer le plus rapidement possible». Le temps me manquant, il m’arrive fréquemment de commencer un livre et de l’abandonner au profit d’une autre lecture, d’un article ou – scandale! – d’un thread Facebook.

Je ne suis pas la seule, comme l’a démontrée une enquête brésilienne : les gens lisent de moins en moins et délaissent le papier pour les réseaux sociaux. D’où le projet Tweet for a Read (ou «tweeter pour la lecture»).

En achetant un livre des éditions Penguin et le marque-page Tweet for a Read, le lecteur brésilien s’enregistre grâce à un code QR. Le marque-page, qui possède un capteur de lumière, mémorise la dernière fois que le livre a été ouvert. Si le lecteur abandonne le livre dans lequel le marque-page est inséré plus d’une semaine, le minuteur intégré envoie un signal à une nano-puce connectée au Wi-Fi, et cette dernière le sermonne via Twitter. Oui, oui, publiquement!

Pour l’instant, les tweets, uniquement en portugais, sont «envoyés» d’outre-tombe par trois personnalités : José Saramago (un de mes auteurs préférés!), Nietzsche et le musicien brésilien Vinicius de Moraes. Les messages enjoignant l’utilisateur à reprendre sa lecture sont inspirés de leurs oeuvres respectives, comme on peut le constater ici :

«Dieu est mort. Ne laissez pas mon œuvre mourir sans l’avoir lue.»

À quand l’équivalent québécois avec des citations inspirées d’Anne Hébert, de Réjean Ducharme, ou encore de Nelligan : «Ah! comme la neige a neigé! température idéale pour bouquiner!»?

Et vous, seriez-vous intéressé par une initiative semblable?