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Des bateaux de transports robotisés plus sécuritaires

Par Tristan Geoffroy – le dans Actualités
Alors que la plupart des éléments sont désormais maîtrisés par l'homme pour ses transports et que nous pouvons nous promener d'un bout à l'autre de la planète en moins d'une journée, l'évolution logique va tranquillement retirer l'humain de l'équation afin de les sécuriser davantage. 

Il y a quelques semaines je vous parlais de camions automatisés et d’avions que l’on peut désormais piloter par la pensée. C’était sans compter les bateaux qui, eux aussi, ont maintenant droit à leur version 2.0.

On sait depuis longtemps que la plupart des accidents dans les transports, terrestres, aériens ou maritimes, sont dus à des erreurs humaines. La logique veut donc que l’on supprime l’humain de l’équation afin de limiter le plus de dégâts possible.

Moins d’équipages, plus de sécurité?

L’erreur humaine est la cause d’accidents dans près de 75% des cas, tandis que les frais de main-d’œuvre représentent à eux seuls plus de 44% du coût total du transport.

En effet, dans les transports maritimes, l’erreur humaine est la cause d’accidents dans près de 75% des cas, tandis que les frais de main-d’œuvre représentent à eux seuls plus de 44% du coût total du transport. En plus des salaires, embarquer un équipage coûte aussi très cher, car il faut lui aménager des quartiers à bord des navires, des systèmes d’évacuation et de survie (canots de sauvetage, bouées, balises et autres garde-fous). S’ajoutent à cela les déplacements qu’ils font en avion d’un port à l’autre pour leurs rotations, sans oublier le fait que de moins en moins de candidats sont volontaires pour partir pendant plusieurs semaines avec pour seul horizon la mer et quelques mouettes.

Bref, entre l’intégration de ces dispositifs destinés aux équipages et leur coûteux entretien pour des raisons légales et d’assurances, les grandes compagnies de transport seraient bien heureuses de s’enlever cette épine du pied.

Évidemment, dès que l’on considère la suppression de l’humain dans le contrôle d’un véhicule tel qu’il soit, la question de la sécurité devient aussitôt un sujet prioritaire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, bon nombre de systèmes redondants de sécurité sont déjà embarqués à bord de ces géants d’acier qui traversent nos océans. On retrouve des GPS, des systèmes de navigation automatiques, des sonars et radars, des caméras capables de voir dans le noir et le brouillard ainsi que des solutions de localisation internavires.

Une transformation progressive

L’intégration de ces systèmes peut se faire progressivement, impliquant que tout l’équipage puisse dormir en même temps sans qu’il n’y ait personne sur la passerelle. Au même titre que dans les avions de transport actuels, ces bateaux titanesques ne nécessitent pas une attention constante, le capitaine ne touchant que très peu la barre entre deux ports, comme le pilote d’un long-courrier ne touche que très peu au manche à balai entre deux aéroports. En revanche, une personne au sol sera requise afin de contrôler plusieurs navires de concert. Bref, de gigantesques drones sur l’eau, c’est pour bientôt.

Un projet ambitieux

Le projet MUNIN (c’est son nom) est un consortium de 8 entreprises sous la houlette du Fraunhofer Institute allemand et coordonné depuis la Suède. Le regroupement planche actuellement sur une nouvelle génération de bateaux qui nécessitera une révision complète de la quille au pont.

bateaufuturiste

La Scandinavian Research Organization (ou SINTEF) espère d’ici 20 ans pouvoir mettre en fonction des flottes de navires autonomes aux formes bien différentes des bateaux contemporains. Ces navires légèrement plus petits que les monstres actuels atteindrons tout de même entre 200 et 400 mètres de long, mais naviguerons un peu moins vite. Leur vitesse de croisière passerait des 16 nœuds actuels à 11 nœuds, permettant ainsi une plus grande marge de manœuvre en cas d’évitement de collision tout en diminuant grandement la consommation de carburant.

Moins gros, plus lents et plus verts

Malgré le fait que les bateaux soient plus lents, ils n’en seraient pas moins rentables, car le temps ajouté à la traversée ne se solderait pas en heures supplémentaires, l’équipage n’étant plus une variable qui se traduirait en coûts additionnels pour les opérateurs maritimes.

Car c’est l’autre problème majeur des 100 000 navires qui se croisent au large de nos côtes, leur consommation gargantuesque de carburant. À l’ère où l’utilisation du pétrole est de plus en plus décriée et coûteuse, penser vert est désormais un argument financier. En abaissant leur vitesse, des économies allant jusqu’à 50% pourront être réalisées.

Malgré le fait que les bateaux soient plus lents, ils n’en seraient pas moins rentables, car le temps ajouté à la traversée ne se solderait pas en heures supplémentaires, l’équipage n’étant plus une variable qui se traduirait en coûts additionnels pour les opérateurs maritimes.

Le Projet MUNIN, qui a déjà reçu plus de 1,8 million de dollars de financement et l’appui de grosses firmes telles que Rolls-Royce a le vent dans les voiles. Voiles qui pourraient d’ailleurs faire de nouveau leur apparition sur ces navires du futur pour en diminuer l’impact environnemental.

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Tristan Geoffroy

Né à Marseille dans le sud de la France, Tristan est venu s'installer à Montréal en 1992 afin d'y continuer ses études en Tourisme, avant de se consacrer à sa plus vieille passion : les ordinateurs et les jeux vidéo. Il est notamment connu au Québec pour avoir été coanimateur, chroniqueur et recherchiste à l’émission M. Net.