Toyota souligne la journée Back to the Future Part II avec la Mirai, sa voiture à hydrogène

Voiture à hydrogène

Toyota se positionne contre Tesla en explorant une alternative à la voiture à essence tout aussi non polluante que la voiture électrique.

Jamais vous ne verrez autant de références aux films de la série Back to the Future que dans la vidéo de 5 minutes publiée aujourd’hui sur la chaîne YouTube du fabricant automobile japonais. Au point où ça en deviendra gênant, surtout pour un fan. Non seulement on y présente des segments qui semblent avoir été tournés aux mêmes endroits que le premier film de la trilogie (la magie du green screen), mais y on retrouve aussi la contribution des acteurs Michæl J. Fox et Christopher Lloyd.

Toute cette mise en scène est ainsi un prétexte pour présenter la Toyota Mirai, une voiture à hydrogène pouvant être alimentée «par des déchets», à condition qu’ils aient passé par une usine de transformation au préalable. Donc finalement, une voiture pouvant être alimentée à une station-service d’apparence conventionnelle, où l’hydrogène sera vendu au litre, mais dont le réseau est essentiellement inexistant.

C’est le paradoxe de l’œuf et de la poule : il n’y a pas de stations-service à hydrogène parce qu’il n’y a pas de voitures nécessitant ce type de carburant, et vice-versa.

Pourquoi alors produire une voiture de série dont l’infrastructure pour l’alimenter est inexistante? Parce qu’il faut commencer quelque part. À l’instar du paradoxe de l’œuf et de la poule, il n’y a pas de stations-service à hydrogène parce qu’il n’y a pas de voitures nécessitant d’hydrogène, et il n’y a pas de telles voitures parce qu’il n’y a pas de stations-service pour les alimenter. Toyota se lance donc dans le vide… à raison de 700 véhicules pour 2015, pour atteindre environ 3 000 unités en 2017. Pendant ce temps, des stations-service offrant de l’hydrogène se pointent progressivement à l’horizon. C’est un début.

Un début qui a commencé cet été, avec la commercialisation de la Mirai en Californie. La voiture intégrera progressivement les marchés du Royaume-Uni, de l’Allemagne et du Danemark d’ici les deux prochaines années. Toyota n’a toujours pas dévoilé ses plans concernant le Canada.

L’inévitable comparaison à l’offre de Tesla

Pourquoi ne pas avoir simplement misé sur une voiture électrique? Si Toyota propose sa voiture à hydrogène comme un complément à l’offre de véhicules électriques existante (et non un remplaçant), il va de soi que la transition d’une automobile à essence vers une voiture à hydrogène risque d’être beaucoup plus douce.

Faire le plein d’une Toyota Mirai prend de 3 à 5 minutes, tandis qu’une Tesla Model S 70D nécessite environ 42 minutes à partir d’une station de recharger rapide.

D’abord, faire le plein d’une Toyota Mirai prend de 3 à 5 minutes, tandis qu’une Tesla Model S 70D nécessite en moyenne 42 minutes pour atteindre sa pleine capacité électrique à partir d’une station de recharge rapide. Si vous la rechargez de la maison ou à partir d’une station de recharge ordinaire, il faut compter au moins 8 heures (ou 4 heures avec un chargeur double). Un changement de mentalité s’impose, et le nouveau propriétaire de Tesla devra essentiellement estimer les distances qu’il prévoit parcourir pour planifier quand recharger son véhicule.

Ensuite, la Mirai propose une autonomie de 502 km, tandis que la Tesla Model S 70D (la moins dispendieuse option) se limite à 385 km.

La cerise sur le sundæ? La voiture à hydrogène de Toyota se détaille à 57 500$ US (environ 74 800$ CA), tandis que la Tesla Model S débute à 93 300$ CA. Soit, la Mirai est loin d’être aussi luxueuse qu’une Tesla, mais son prix demeure tout de même plus alléchant. Et si Toyota décide de commercialiser la Mirai au Canada, la voiture sera elle aussi éligible au rabais de 8 000$ mis en place par le gouvernement provincial.

L’hydrogène a depuis longtemps été qualifié de carburant de l’avenir, principalement attribuable à son abondance, son potentiel d’efficacité énergétique, et sa propriété non polluante (la voiture n’émet que de la vapeur d’eau).

Bien entendu, tout comme c’est le cas avec les voitures électriques, la source de pollution se retrouve ainsi déplacée au point où le carburant est conçu. Autrement dit, si l’électricité alimentant une Tesla provient d’une usine de charbon (comme c’est le cas aux États-Unis), ou si l’usine produisant l’hydrogène nécessaire à une Mirai génère des tonnes de dioxyde de carbone, le problème demeure – bien qu’il puisse être amoindri en comparaison à la pollution que génèrent les pétrolières.

  • eslachance

    C’est ben cute, là, mais l’idée d’une voiture à hydrogène m’intéresse beaucoup moins qu’une voiture purement à batteries. Le fait d’être dépendant d’une source « unique » de carburant, que ce soit de l’essence ou de l’hydrogène, reviens au même – si le prix grimpe, tu sacre.

    Tandis que, la Nissan Leaf, les Tesla et autres véhicules électriques peuvent être alimentés à partir de la source la plus économique, quelle qu’elle soit. Solaire, hydroélectrique, nuclaire ou éolien, on produira toujours de l’électricité partout…

    • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

      Sauf que l’idée de devoir attendre aussi longtemps pour la recharge m’exaspère.

      • LOGIK

        J’ai une Leaf et 98% de mes recharges se font la nuit, à la maison! J’arrive de travailler, je branche la voiture et elle est pleine charge le matin! Je ne suis plus esclave des pétrolières!

        Les stations à hydrogène ont eu beaucoup de problème en Californie! Faire le plein n’est pas 3 à 5 minutes comme le laisse entendre Toyota!

        Et je ne serais pas rassurer de me promener avec un réservoir d’hydrogène sous mon siège!

        • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

          À une époque où la majorité des gens veulent tout, tout de suite, tout le temps, c’est certain que ce changement d’habitude représente un défi pour que la voiture électrique soit adoptée par une masse critique d’automobiliste. Pour ceux qui habite en région urbaine, dans un appartement qui ne vient pas avec un stationnement, ce n’est tout simplement pas une option.

          Je ne défend pas nécessairement la proposition d’une voiture à hydrogène : on ignore combien le carburant sera vendu, et à quel point il sera produit de façon écologique (en fait, beaucoup d’articles sur le sujet démontrent que ce n’est pas le cas).

          • andrebastien

            Autre problème: où sont les stations à hydrogène? L’état de la Californie va dépenser des centaines de millions$ pour installer moins de 100 stations hydrogène: et oui, chaque station coûte entre 1 et 2 millons$!!!

            Combien y en aura-t-il au Québec d’ici 10 ans? Alors, il faudra faire des km pour trouver une station pour faire le plein. Tandis que la recharge électrique peut se faire chez soi, au travail ou en route. Il y a déjà plus de 800 bornes de recharge 240 volts publiques au Québec et plus de 25 bornes de recharge rapide.

            En Allemagne, on est en train de considérer de transformer les lampadaires en bornes de recharge…

          • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

            S’arrêter simplement à la question des coûts des infrastructures ou de leur inexistence est un peu un manque de vision. On pourrait pousser le même raisonnement à l’extrême en se disant que marcher fait tout aussi bien le travail que de se déplacer en voiture.

            Explorer d’autres avenues n’est pas une bêtise en soi. Sans compter qu’en matière de carburant automobile à l’heure actuelle, il existe deux alternatives : l’essence et le diesel. La coexistence des véhicules électriques et à hydrogène doit-elle être balayée du revers de la main?

          • andrebastien

            Comme vous le mentionnez dans votre article, les voitures à hydrogène ne sont pas écologiques.

            Présentement, 95% de l’hydrogène est produit à partir du gaz naturel, le méthane ou CH4, et de la vapeur d’eau, H2O, ce qui produit du CO2 et de l’hydrogène. Il faut ensuite comprimer, transporter et recomprimer l’hydrogène à une pression de 700 atmosphères et la pile à hydrogène dans la voiture le transforme en électricité avec un rendement de l’ordre de 40%. En fin de comte, il vaudrait mieux brûler le gaz naturel directement dans la voiture. Ce serait plus efficace, plus simple et moins coûteux.

            On produit aussi l’hydrogène par l’électrolyse de l’eau. Dans ce cas, à cause de la complexité de la filière hydrogène et les pertes en chaleur à chacune des étapes, il faut 3 fois plus d’électricité que de l’utiliser directement dans une auto électrique.

            Donc, sur le plan technique, énergétique, économique et écologique, l’automobile à hydrogène n’est pas viable.

            L’absence de station à hydrogène n’est que la cerise sur le gâteau.

          • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

            Attendre 4h pour recharger entièrement une voiture n’est pas viable non plus. Tenir pour acquis que la majorité des résidants des métropoles canadiennes (qui représente une bonne portion des automobilistes) ont accès à un espace de stationnement électrifié est à mes yeux une erreur.

            Bref, les deux solutions alternatives à l’automobile à essence dont on parle ici sont loin d’être parfaites. Je rêve d’une voiture électrique bon marché qui se recharge en moins de deux. Pour l’instant, ce n’est qu’un rêve… :/

          • andrebastien

            Les bornes de recharge rapide le font en 1/2 heures. Et vous avez sans doute vu l’annonce de la Ville de Montréal qui installera 106 points de recharge sur rue d’ici quelques mois, incluant 6 bornes rapides. C’est en plus de 80 bornes en cours d’installation dans divers stationnement de la Ville. La Ville a l’objectif d’en installer 1000 sur rue d’ici 2020. Voici le lien officiel de l’annonce.

            http://www.newswire.ca/fr/news-releases/strategie-delectrification-des-transports—montreal-et-le-gouvernement-du-quebec-annoncent-limplantation-dune-centaine-de-points-de-recharge-pour-vehicules-electriques-au-centre-ville-536902151.html

            Il y a aussi la recharge au travail et les autres organismes que la ville qui installent des bornes, incluant Communauto pour leurs véhicules.

            D’ailleurs sur le million d’automobiles qui circulent dans la région de Montréal chaque matin, combien ont la possibilité de recharger à la maison? La moitié? Il n’y a pas que le Plateau. Ça fait des centaines de milliers de personnes qui peuvent recharger chez eux. Il y a 7500 véhicules électriques au Québec présentement, nombre qui double à chaque année. Alors, il y a de la marge avant que tous ceux qui peuvent recharger près de chez en aient chacun une pour remplacer leur auto au pétrole.

            N’oublions pas que Hydro-Québec a des surplus de capacité de production qui nous coûtent présentement 1,2 milliards$ par an en frais de remboursement de la dette sur des installations sous utilisées. Les véhicules électriques sont d’excellents clients potentiels qui permettraient de réduire d’autant nos importations de pétrole.

          • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

            Sincèrement, je suis optimiste par rapport à la voiture électrique. Cependant, dans mon cas, votre acharnement nuit à votre cause. On verra bien comment les choses évolueront. Merci.

          • andrebastien

            Je constate que vous n’aimez pas qu’on conteste votre expertise! :-)
            Et que, 1 mois plus tard, vous n’avez pas publié mon dernier commentaire qui était tout à fait dans la ligne de la discussion et tout à fait factuel et respectueux. C’est votre choix, « cependant, dans mon cas, » cela me permet de connaître vote personnage. « Merci. »

          • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

            D’abord, Disqus bloque automatiquement tout commentaire comportement un URL. Il n’y a donc pas de théories de complot. Il s’est simplement perdu dans la série de spam que nous recevons au quotidien. Je viens de l’approuver, et je suis désolé pour ce délai.

            Ensuite, je ne prétends pas avoir «une expertise» en ce qui a trait à la voiture électrique, bien que le sujet touche mon champ d’expertise (la technologie au sens large). À mes yeux, il n’existe pas de solution parfaite dans l’offre actuelle, mais le potentiel de l’industrie est très prometteur, et je ne suis pas opposé à ce que les fabricants explorent davantage des solutions face à ce problème.

          • andrebastien

            Je vous prie de m’excuser pour le malentendu.

  • Sébastien Beausoleil

    Je me questionne sur l’efficacité du concept. Pourquoi ne pas directement utiliser le méthane (gaz naturel) produit par la décomposition des déchets comme carburant, on sauve une étape de transformation en hydrogène et la motorisation à l’aide du méthane est déjà existante et éprouvée…

    • LOGIK

      Et produire de l’hydrogène prends une quantité énorme d’électricité! Et l’hydrogène sera retransformer en électricité pour faire avancer la voiture. Bien plus écologique les voiture 100% électriques!

  • http://Rhialto.com/ Rhialto

    Incroyable coup de pub, on ne peut que féliciter Toyota mais j’applaudis également Michæl J. Fox et Christopher Lloyd pour leur participation, c’est vraiment cool.