Les ventes de disques vinyles sont plus profitables à l’industrie musicale que YouTube

Musique

En 2015, les services comme Spotify, Google Play et Apple Music ont généré 2,4 milliards de dollars US, devenant ainsi la première source de revenus de l’industrie musicale américaine.

Selon les données compilées par la Recording Industry Association of America, la proportion du chiffre d’affaires des services musicaux sur demande (tant ceux soutenus par des abonnements que par de la publicité) et des radios web (comme Pandora ou SiriusXM) est passée de 27 à 34,3% par rapport à 2014.

Les services musicaux par abonnements, tels Spotify, Google Play et Apple Music, représentent à eux seuls une progression de 52% par leurs revenus de 1,2 milliard pour 2015 aux États-Unis.

C’est légèrement supérieur à la représentation de 34% des ventes par téléchargement, totalisant 2,3 milliards de dollars pour la même période, un recul de 9,4% par rapport à l’année précédente. On retrouve les ventes de copies physiques en troisième position à 28,8%, totalisant 2 milliards de dollars en baisse de 10,1%.

Cette montée du chiffre d’affaires des services musicaux par streaming est principalement portée par le succès des plateformes soutenues par abonnements, comme Spotify, Google Play et Apple Music, qui représentent à elles seules une progression de 52% avec des revenus de 1,2 milliard pour 2015. L’écoute de musique en ligne soutenue par la publicité a également connu une croissance de 31%.

L’industrie musicale est désormais numérique

«L’industrie musicale est désormais une industrie numérique, tirant plus de 70% de ses revenus à partir d’un large éventail de plateformes et de formats», déclare le président de la RIAA, Cary Sherman sur le blogue de son association. «La part des recettes provenant de ces formats numériques surpasse celle de tout autre secteur de l’industrie artistique.»

«En 2015, les services musicaux par abonnement ont atteint de nouveaux sommets encore inégalés, générant plus d’un milliard de revenus pour la première fois de leur histoire, gagnant en moyenne près de 11 millions d’abonnements payants pour l’année. Au début de 2016, ce nombre d’abonnements s’est amplifié davantage – plus de 13 millions depuis la fin décembre – ce qui est très prometteur pour l’année en cours», a-t-il ajouté.

«Bien que les données d’aujourd’hui sont encourageantes, les défis auxquels nous sommes confrontés sont importants. La consommation musicale monte en flèche, mais les revenus distribués aux créateurs ne suivent pas ce rythme. En 2015, les mélomanes ont écouté des centaines de milliards de morceaux en ligne par le biais de plateformes soutenues par de la publicité comme YouTube, mais les revenus tirés de ces sites ont été maigres, bien moindres que ceux d’autres services. Le problème s’aggrave.»

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Pour soutenir son point, Sherman indique que les écoutes sur ces plateformes ont plus que doublé en 2015 (un bond de 101%) selon les observations de la RIAA, tandis que les revenus associés n’ont progressé que de 31%.

«Voilà pourquoi nous et nos confrères de la communauté musicale avons le sentiment que certains géants de l’industrie technologique se sont enrichis aux dépens de ceux qui dans les faits créent la musique», ajoute le président de la RIAA. «Nous appelons cela “l’accaparement de la valeur”, parce que certaines entreprises exploitent des lois et des règles obsolètes, source d’une distorsion du marché, pour payer moins que les taux du marché, ou pour ne rien payer du tout.»

Le vinyle toujours en progression

Encore une fois, les ventes de disques vinyles ont fracassés des records aux États-Unis, atteignant 416 millions de dollars (une augmentation de 31,6%), soit le plus haut sommet comptabilisé depuis 1988. Cette recrudescence du microsillon, propulsée par les nostalgiques et hipsters de tout acabit, avait d’ailleurs déjà été observée l’an dernier au Royaume-Uni.

Bien entendu, ces chiffres sont loin de surpasser pour le moment les ventes de supports physiques plus modernes – le CD représente toujours 1,5 milliard de dollars, en chute de 17,12% par rapport à 2014. Toutefois, Serman s’est amusé à comparer le ventes de disques vinyles avec les recettes générées par les services soutenus par de la publicité pour illustrer la perte de revenus.

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Ainsi, en 2015, le marché du microsillon a profité davantage à l’industrie musicale américaine que la diffusion musicale en ligne gratuite. Quand une image vaut mille mots…

  • Guy Lambert iMédias

    C’est sûr qu’à 3$ du 1000 visionnements (avec un peu de chance), YouTube n’est pas dur à battre ! :o)
    (on jase là !)

  • Kafka

    Petite précision comptable : on ne peut pas dire que l’une ou l’autre des activités est plus profitable (rentable) à partir des chiffres dans l’article, parce qu’on ne connaît que le montant des ventes, et non celui des profits. Il ne serait pas surprenant que la musique en ligne engendre des coûts plus faibles que les vinyles et donc que sa marge bénéficiaire soit plus élevée.