Québec est prêt à aider Ubisoft

Pour chasser Vivendi

Québec

La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, nie que le gouvernement Couillard aurait été approché par Ubisoft afin d’obtenir de l’aide dans sa prise de contrôle potentielle par Vivendi, contrairement à ce qu’annonçait lundi le Globe and Mail.

«Contrairement à ce qui a été indiqué dans les médias, Investissement Québec n’a pas été contacté», a affirmé la ministre Anglade, avant de préciser que son gouvernement était en contact avec Ubisoft depuis les derniers mois, mais qu’aucune demande d’aide n’a été formulée par l’entreprise.

La ministre Anglade a déclaré que son gouvernement était «toujours ouvert à des projets porteurs».

«Ce qu’on leur a dit, c’est qu’on est toujours ouvert à des projets porteurs», en soulignant au passage que les crédits d’impôt dont l’entreprise bénéficie font partie du «contexte favorable» qui explique la présence d’Ubisoft au Québec.

Sur le fond, l’article du Globe and Mail n’a pas concrètement été démenti. Le quotidien torontois a rapporté que le premier ministre Philippe Couillard se voulait prudent, mentionnant qu’il surveillait de près le dossier, mais qu’il ne pouvait intervenir dans une transaction impliquant deux entreprises du secteur privé.

C’est d’ailleurs la même réponse que Dominique Anglade a livrée aux journalistes, en précisant qu’Ubisoft et Vivendi étaient «deux compagnies françaises cotées en bourse» et que Québec n’avait pas de prise réelle sur l’issue de ces pourparlers.

«Ce qu’on veut, c’est que ça demeure [ici], et je pense qu’Ubisoft en est très conscient, et c’est ce qu’ils veulent», a ajouté la ministre.

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Selon Radio-Canada, il apparaît peu probable que Vivendi ferme le studio montréalais dans le cas où la société pilotée par Vincent Bolloré parvienne à faire l’acquisition d’Ubisoft. N’empêche, il est facile d’imaginer que la situation impose un important climat d’incertitude au sein des troupes montréalaises.

Québec avait d’ailleurs investi dans Ubisoft en 2010, se portant acquéreur de 4,5% de ses actifs par le biais de la Société Générale de financement. Mais le gouvernement s’est départi de ses actions depuis.

Rappelons que par sa stratégie d’achats d’actions, Vivendi menace de prendre le contrôle d’Ubisoft depuis plus d’un an. La famille Guillemot, qui souhaite conserver l’indépendance du studio, a récemment augmenté sa participation dans l’entreprise à 12,84%, et détient désormais 18,91% des droits de vote.

De son côté, Vivendi possède environ 23% du capital d’Ubisoft et 21% des droits de vote.

Selon le Globe and Mail, Ubisoft tente depuis des mois de recruter des investisseurs, notamment à Montréal et à Toronto, où elle aurait approché une douzaine de partenaires d’affaires potentiels.