Découverte d’une porte dérobée dans des téléphones Android bon marché

Cybersurveillance

Un micrologiciel installé dans des centaines de milliers d’appareils Android vendus aux États-Unis transmet, à l’insu des utilisateurs, des quantités massives de données personnelles vers des serveurs en Chine.

C’est en effet ce qu’a découvert cette semaine la firme de sécurité Kryptowire en examinant le comportement de téléphones bon marché de la marque BLU vendus par les chaînes Amazon et Best Buy. Parmi les données surveillées, on retrouve notamment les numéros de téléphone, la position géographique, les contenus de messages textes, le registre des appels, et les applications installées sur l’appareil.

BLU a précisé que les données n’étaient pas colligées par le gouvernement chinois, et qu’il s’agissait plutôt «d’une entreprise privée qui a commis une erreur».

À noter qu’il est possible de se procurer des téléphones de la marque BLU au Canada auprès de divers détaillants, dont Amazon, Bureau en gros et Walmart.

La porte dérobée située dans le micrologiciel de ces téléphones vulnérables a été conçue par Shanghai AdUps Technologies. Son objectif est d’aider les fabricants et opérateurs mobiles à pister le comportement de leurs utilisateurs pour des fins publicitaires. Selon l’entreprise chinoise, son logiciel exploiterait ainsi une flotte de 700 millions d’appareils à l’échelle internationale, dont notamment des téléphones fabriqués par Huawei et ZTE vendus en Chine.

Alors que cette surveillance était destinée que pour le marché chinois selon Shanghai Adups, elle s’est retrouvée à explorer les préférences personnelles de propriétaires d’appareils Android du concepteur américain BLU, dont les téléphones sont fabriqués en Chine.

Interrogée sur le sujet par le New York Times, BLU a précisé que les données n’étaient pas colligées par le gouvernement chinois et qu’il s’agissait plutôt «d’une entreprise privée qui a commis une erreur».

La porte dérobée était intégrée à une mise à jour OTA du micrologiciel commercial installé sur les appareils Android de marque BLU. Selon l’entreprise américaine, la porte dérobée n’aurait affecté qu’un nombre limité de ses téléphones – approximativement 120 000 appareils – et l’application concernée a depuis été mise à jour afin de retirer la controversée fonction de surveillance, de sorte que plus aucune donnée n’est recueillie ni transmise à l’insu de l’utilisateur.