Accusé d’avoir provoqué une crise épileptique avec un tweet

Cyberagression

Un homme du Maryland aux États-Unis fait face à des accusations d’agression grave avec une arme mortelle après avoir envoyé un tweet conçu pour provoquer une crise épileptique à un journaliste de Newsweek.

La victime, Kurt Eichenwald, avait déjà écrit à propos de son combat personnel avec l’épilepsie. C’est d’ailleurs en connaissant bien la prédisposition du journaliste que John Rayne Rivello, 29 ans, aurait transmis à Eichenwald un tweet contenant un GIF animé aux effets stroboscopiques avec le message : «You deserve a seizure for your posts».

Ce tweet malveillant a été publié quelque temps après que Eichenwald ait débattu avec Tucker Carlson sur la chaîne Fox News au sujet de son manque d’objectivité sur Twitter, notamment à l’endroit du président Trump, alors qu’il se présente sur le réseau social comme journaliste.

Tel que le rapporte Ars Technica, les documents judiciaires révèlent que le message a eut l’effet escompté : Eichenwald a bel et bien subi une crise épileptique de 8 minutes lors de laquelle il a perdu le contrôle de ses fonctions corporelles et facultés mentales. Sa conjointe l’a ensuite retrouvé étendu sur le sol avant de composer le 911.

«Le contenu de la communication n’était pas destiné à persuader quelqu’un ou à le faire se sentir mal; il s’agissait d’une communication électronique conçue pour avoir un effet physique.»

«Ce que M. Rivello a fait avec son message Twitter n’était pas différent de quelqu’un envoyant une bombe par courrier ou une enveloppe contaminée au bacille du charbon (anthrax)», a déclaré l’avocat d’Eichenwald, Steven Lieberman. «Le contenu de la communication n’était pas destiné à persuader quelqu’un ou à le faire se sentir mal; il s’agissait d’une communication électronique conçue pour avoir un effet physique.»

Les enquêteurs du FBI ont rapporté que le compte Twitter du suspect, @jew_goldstein, a été créé quelques jours avant la transmission du tweet malveillant, le 11 décembre dernier, à partir d’un téléphone alimenté par une carte SIM prépayée du réseau AT&T ne contenant aucune information sur son utilisateur.

Selon les registres d’AT&T, le téléphone en question était un iPhone 6. Les autorités ont alors demandé et obtenu un mandat de perquisition, transmis à Apple, afin d’obtenir «le compte iCloud associé au numéro de téléphone» associé au compte Twitter du suspect. Parmi les données acheminées par Apple, on retrouva le courriel du suspect, son nom, son adresse postale et l’adresse IP du compte iCloud, créé en 2012.

«Bref, John Rivello, qui utilisait ce compte Apple iCloud depuis septembre 2012, a utilisé le numéro de téléphone associé au compte Twitter ayant envoyé le tweet conçu pour provoquer la crise épileptique pour exploiter son compte iCloud», explique l’enquêteur Nathan Hopp.

Parmi les autres documents retrouvés dans le compte iCloud de Rivello, on retrouva une photo de lui posant avec son permis de conduire du Maryland, et le GIF animé utilisé dans le tweet envoyé à Eichenwald.

«Les preuves reçues en vertu d’un mandat de perquisition montrent que le compte Twitter de Rivello contenait des messages directs envoyés par Rivello à d’autres utilisateurs au sujet de la victime», a déclaré le département de la Justice des États-Unis. «Ces messages directs contenaient des déclarations de Rivello, telles que “J’espère que ça va lui provoquer une crise”, “J’ai spammé ça à [la victime], voyons s’il meurt”, et “Je sais qu’il souffre d’épilepsie”. D’autres éléments de preuves recueillies par le mandat de perquisition montrent que le compte iCloud de Rivello contenait une capture d’écran de la page Wikipédia de la victime ayant été altérée pour afficher un faux message nécrologique dont la date de décès indiquait le 16 décembre 2016.»

En accusant Rivello de cyberharcèlement, dont un chef d’accusation d’agression grave avec une arme mortelle, le FBI a conclu que le tweet avait été envoyé «avec l’intention de tuer, blesser, harceler et intimider» Eichenwald.