Test du jeu Live A Live: Redorer le blason d’un vieux JRPG limité au Japon

Par Daniel Carosella – le dans Jeux vidéo, Tests

Qu’ont en commun la plupart des jeux de rôle japonais ? Un groupe de personnages aux personnalités attachantes. Mes premiers souvenirs de ce genre remontent aux années ’80 avec la série Dragon Warrior. D’ailleurs, le quatrième opus m’avait particulièrement marqué en me permettant d’incarner chaque héros dans sa propre histoire avant que l’ensemble du groupe ne se rencontre pour sauver le monde. Le même sentiment m’a accompagné avec Live A Live, un jeu de rôle de 1994 qui n’avait jamais vu le jour à l’extérieur du Japon jusqu’à aujourd’hui.

  • Disponible sur: Nintendo Switch
  • Prix: 64,99$ + txs

Sept héros dans une histoire transcendant le temps

Live A Live, c’est avant tout sept héros que l’on suit à travers sept récits uniques. Bien que vous puissiez commencer le jeu à partir de n’importe quel chapitre, un ordre informel est mis de l’avant sous la forme de l’époque de chaque personnage. De ce fait, il y a fort à parier que vous débuterez par l’histoire de Pogo durant la préhistoire avant de poursuivre votre quête en Chine ancestrale pour la terminer en personnifiant un robot dans le futur. En finissant chaque chapitre, vous débloquerez deux histoires supplémentaires qui mèneront à une grande finale réunissant l’ensemble des héros que vous avez incarnés.

Le déroulement du jeu n’est donc pas sans rappeler d’autres jeux de rôle japonais tels que Dragon Warrior IV ou, dans une certaine mesure, Chrono Trigger. Chaque chapitre nous permet de connaître un nouvel héros d’une façon différente et nous présente des éléments narratifs accrocheurs culminant en une finale rassembleuse. Néanmoins, celle-ci n’est pas aussi spectaculaire qu’elle aurait pu l’être. Elle est tout à fait à propos et correcte, mais on sent que toute la progression de l’aventure aurait pu culminer en quelque chose d’encore plus épique pour la conclusion de ce grand voyage dans le temps.

Un style distinct par chapitre

Un élément surprenant en jouant à Live A Live est la façon dont chaque chapitre se distingue au niveau de la jouabilité. Je vous ai mentionné que chaque chapitre permet de connaître un héros de façon distincte et cela se présente bien au-delà de l’histoire elle-même.

Par exemple, le chapitre de la préhistoire de Pogo ressemble à un jeu de rôle au tour par tour classique. Or, le chapitre du présent (qui s’avère être l’un des plus intéressants) n’amènera pas le héros Masaru à gagner des niveaux, mais bien à se renforcer en utilisant ses techniques de combat. Dans le futur, vous combattrez à peine avec le robot Cube, son récit se contentant d’évoluer à travers un style beaucoup plus passif et narratif.

En bout de ligne, cela permet à chaque chapitre d’offrir une expérience distincte. À l’origine, sept équipes ont travaillé sur un chapitre en particulier et cela se ressent lorsqu’on joue. Certes, certains d’entre eux sont plus intéressants que d’autres, mais au final, l’originalité de ces sept styles se combine en un jeu unique accentuant l’impression que chaque époque est bien différente d’une autre.

Par ailleurs, chacun des chapitres ne s’étend pas en terme de temps nécessaire pour le compléter. Live A Live n’est pas comme bien des jeux de rôle japonais s’éternisant sur des dizaines, voire des centaines d’heures. Pour vous donner une idée, les chapitres les plus longs vous prendront environ cinq heures. Ainsi, Live A Live pourrait vous occuper entre 20 et 25 heures, soit une durée de vie appréciable pour ceux découragés par la monstrueuse quantité d’heures nécessaires afin de terminer la plupart des JRPGs.

Live A Live village
Nintendolife.com

Des combats plutôt faciles avec certains vestiges du passé

Bien entendu, l’histoire n’est pas tout dans un jeu de rôle. Le système de combat est l’autre partie cruciale de ce genre puisque ce sont dans les affronts que l’on passe beaucoup de temps.

Offrant des combats plutôt faciles sans avoir autant de pièces d’équipement que d’autres JRPGs, Live A Live met de l’avant des grilles de combat sur lesquelles vous pouvez bouger vos personnages. Selon leur emplacement, vous attaquerez un adversaire avec plus ou moins d’efficacité. Vous pourrez aussi modifier certaines tuiles pour alterner le statut d’un ennemi. En outre, certaines techniques de vos héros pourront les immobiliser ou bien les empoisonner.

Efficace, le système de combat de Live A Live paraîtra tout de même léger et simpliste pour les amateurs de JRPGs. En revanche, il est facile à apprendre et offre une grande accessibilité pour ceux et celles n’étant pas des mordus de ce genre de jeu. Ceci dit, il vous faudra un peu de temps pour bien visualiser les jauges d’attaque et déterminer qui peut attaquer et quand. Se remplissant avec les mouvements des personnages, le fonctionnement de ces jauges n’est pas évident au début et je dois avouer que je suis mort à quelques reprises jusqu’à ce que je saisisse comment elles peuvent être exploitées au profit des attaques des héros.

Par ailleurs, certains combats sont plutôt longs et ennuyeux. C’est notamment le cas pour certains boss ou encore des ennemis cachés et ultra puissants. Contrairement à certains jeux de rôle modernes, on ne peut accélérer la cadence de sorte que certains affronts sont quelque peu ennuyeux.

Qui plus est, le jeu datant de 1994, attendez-vous à certains irritants issus de vieilles mécaniques. Outre certains ennemis cachés et difficiles à trouver sans un guide, le jeu contient des montées de difficulté soudaines qui vous déstabiliseront si vous n’avez pas amélioré un tantinet le niveau de vos personnages. De plus, devoir combattre au hasard des créatures pour mettre la main sur des objets particuliers afin de faire avancer certains chapitres n’est pas ce qu’il y a de plus amusant. Comme quoi Live A Live demeure ancré dans ses racines des années ’90, pour le meilleur et pour le pire !

Live A Live préhistoire
NME.com

Superbe travail de réédition

Difficile de parler de Live A Live sans évoquer le magnifique travail technique effectué par les développeurs afin de redonner vie au jeu. En effet, le visuel en HD-2D est tout simplement splendide. Les magnifiques effets de lumières ainsi que les couleurs vives présentes dans les environnements se couplent à une pixellisation des personnages de toute beauté. Si vous avez apprécié des jeux tels que Octopath Traveler ou Triangle Strategy, vous serez subjugué par le visuel de cette réédition de Live A Live.

Même constat lorsqu’on écoute la bande sonore du jeu. Totalement réenregistrée, la trame musicale enjolivera vos oreilles d’airs orchestraux faisant honneur à la musique originale composée par Yoko Shimomura. Mieux encore, certaines chansons comprennent désormais des paroles tandis que certains dialogues clés sont narrés. Cela a de quoi redonner vie à ce vieux jeu en permettant aux fans de la première heure de le redécouvrir avec plus d’éclat !

Live A Live combat démon
Gematsu.com

Devriez-vous y jouer ?

Je ne connaissais Live A Live que de nom. Non seulement étais-je trop jeune à l’époque, mais le fait que SquareSoft l’ait limité aux frontières japonaises ne m’a jamais permis de m’y intéresser. Or, je suis bien content que Square Enix ait redonné vie à ce jeu en l’offrant du même coup au monde entier. Certes, quelques vestiges du passé demeurent, mais Live A Live n’en demeure pas moins un bon JRPG qui ne s’éternise pas durant des dizaines et des dizaines d’heures. Comme quoi il peut être bon de revisiter et de nous offrir de nouveau certains classiques du jeu vidéo de temps en temps.

Évaluation

Verdict

Remake du jeu de 1994, le jeu de rôle japonais Live A Live est désormais proposé au monde entier dans une réédition convaincante malgré la présence de certains vestiges du passé.

Note finale : 4.0 sur un total de 5
Critères
Live A Live
4

Points forts

  • Magnifique ambiance visuelle
  • Trame sonore orchestrale réenregistrée étant de toute beauté
  • Chaque chapitre propose un style distinctif permettant d'avoir plusieurs styles de jeu

Points faibles

  • Certaines mécaniques archaïques
  • Le manque de repères pour trouver certains ennemis et objets est irritant
  • Certains chapitres sont peu interactifs et inférieurs à d'autres

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Daniel Carosella

Passionné de jeux vidéo depuis plus d'une trentaine d'années, Daniel est chroniqueur en jeux vidéo depuis plus de 23 ans. Il a commencé sur Quebec64 puis sur JeuXpress.ca avant de devenir rédacteur en chef de HardGamers.com jusqu'à la fermeture du portail. Il a également collaboré au magazine Web AffairesDeGars.com pendant une dizaine d'années avant de transporter sa passion du jeu vidéo sur Branchez-Vous. Par ailleurs, Daniel partage cette dernière par la parole grâce à d'autres projets, dont une chronique hebdomadaire sur les ondes de CHOI Radio X et la chaîne YouTube M2Gaming.Diplômé en criminologie, Daniel est aussi intervenant psychosocial dans la vie de tous les jours. S'il est conscient qu'il ne peut sauver le monde, il essaie tout de même d'aider le maximum de personnes entre deux parties de jeux vidéo !