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Le nouveau MacBook d’Apple : Quand Apple est dure de la pomme

L’appareil a évidemment beaucoup fait parler de lui lors de son lancement initial, au début 2015. L’édition 2016 est légèrement mise à niveau mais conserve l’essentiel de son prédécesseur. Le processeur Core m3 d’Intel (1,1 GHz) qui était optionnel l’an dernier devient la mécanique par défaut, avec 256 Go de stockage SSD de base (1 549$). Le modèle plus musclé hérite d’un Core m5 cadencé à 1,2 GHz, et de 512 Go (1 899$). On compte 8 Go de mémoire vive partout.

Essayez pas, on sait tous que vous aimez ça, le rose, dans le fond.

Une édition en or rose s’ajoute par ailleurs au catalogue. Essayez pas, on sait tous que vous aimez ça, le rose, dans le fond.

Quelques autres révisions lui procurent, en prime et en théorie, une heure de plus d’autonomie, à 10 heures. Ça varie un peu, mais en pratique on hérite de 30 à 40 minutes de plus de temps d’utilisation, selon ce qu’on en fait. En veille, l’appareil est à peu près intuable, puisqu’on peut l’oublier dans son sac plus d’une semaine sans qu’il ne perde plus de quelques dizaines de pourcentages de son autonomie totale.

Il dure, et il dure encore…

Apple est reconnue pour son design, et le MacBook en est l’incarnation la plus sincère : les matériaux sont élégants, la silhouette minimaliste est convaincante, et le système d’exploitation OS X El Capitan n’a pas grand chose à envier à Windows 10.

Le MacBook et son seul port USB de type C.
Le MacBook et son seul port USB de type C.

Mais comme la plus jolie des top modèles, nous savons tous que le MacBook sous sa forme actuelle est inaccessible pour la très grande majorité d’entre nous. Physiquement, son seul et unique port USB-C en limite encore un peu trop la compatibilité (quoique les adaptateurs tout azimut ont envahi le marché, tant chez Best Buy que sur Kickstarter), tandis que son clavier exige d’avoir le doigté d’un Luc Langevin pour être utilisé convenablement : lisses et plates, les touches sont difficiles à reconnaître au seul toucher, et si on ne veut pas taper sur deux ou trois touches en même temps, on doit baisser le regard sur nos doigts, perdant de vue l’action à l’écran.

Son port USB-C en limite encore trop la compatibilité, tandis que son clavier exige d’avoir le doigté d’un Luc Langevin pour être utilisé convenablement.

C’est tout le contraire de ce qu’un bon clavier devrait permettre de faire : les mains sur les touches, les yeux sur l’écran.

Pour le professionnel de l’information que votre humble scribe se targue d’être, et pour tous ces travailleurs de bureau pouvant s’offrir un portable autre que le fameux gros Dell lourdaud et médiocre fourni par l’employeur, la performance du nouveau MacBook est amplement suffisante pour passer à travers la journée. Même si on oublie son bloc d’alimentation à la maison.

C’est ce qui est merveilleux au sujet du MacBook. Ça, et sa connectique sans fil avantageuse, qui met évidemment à profit l’écosystème d’Apple. Photos, iTunes, iCloud Drive, Handoff, et quand rien de tout ça ne fonctione, le Wi-Fi 802.11a/b/g/n/ac et le Bluetooth 4.0 s’assurent qu’on puisse échanger fichiers, documents et autres signets ou mots de passe avec un autre Mac, iPad ou iPhone sans avoir à passer par un câble.

C’est étonnant comment, quand on joue la carte du sans fil à fond, on finit par s’habituer à tout ça. Le MacBook est probablement l’archétype de «l’ordinateur en nuage», dans la mesure où une telle chose puisse exister.

Quand Apple est dure de la pomme

À l’origine, le MacBook était le portable d’entrée de gamme d’Apple, ciblant cégépiens et universitaires voulant réaliser des présentations PowerPoint (ou Keynote) tout en écoutant iTunes, cramés dans une rangée de sièges de classe économique d’une ligne aérienne à rabais. Dans ce contexte, le nouveau MacBook est le summum, l’apex, le pinacle de la portabilité. Mais son prix aussi est au zénith de la catégorie.

Car pour le prix, on peut s’offrir un MacBook Air qui n’est pas tellement plus gros, mais qui est bien plus musclé, avec son processeur Core i5 ou i7 mieux adapté aux tâches multimédias, comme l’édition vidéo, la retouche photo, etc.

Ou on peut lorgner du côté de ces portables Windows à écrans tactiles, voire carrément détachables, qui s’adaptent si bien à des contextes variés. Et c’est étonnant, depuis le temps que Microsoft bosse sur les Surface et Surface Pro, qu’Apple n’ait encore rien fait pour combler le fossé qui sépare ses iPad, des appareils toujours plus polyvalents, de ses Mac. 

Ce MacBook doté du même écran de 12 pouces, en version tactile, ferait un malheur. Ça simplifierait l’interaction avec l’appareil, car même si son pavé tactile et rétroactif demeure unique en son genre, son petit curseur pointu ne battra jamais la possibilité de mettre le doigt directement là où l’action se passe : à l’écran. Et ça réduirait l’interaction avec son clavier…

En somme, le MacBook sacrifie à l’autel du design une interface qui, pourtant, a toujours constitué, avec ce même design, le Yin et le Yang du succès des produits conçus à Cupertino.

Ça va certainement intéresser ces inconditionnels fortunés qui n’ont pas sauté sur la première moûture du MacBook, mais qui ne peuvent attendre qu’Apple dévoile un MacBook Pro mieux équipé, ce qui se produira probablement le mois prochain.

Pour les autres, comme le veut un autre populaire adage, le bœuf est lent, mais la terre est patiente.

MacBook (édition 2016)

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