Avec Smithsonian Les Mystères du Cosmos, Expériences Infinity propose une nouvelle aventure en réalité virtuelle au Vieux-Port de Montréal. Nous avons enfilé un casque pour explorer les étoiles, les nébuleuses et les trous noirs. Une expérience qui donne surtout la mesure de notre toute petite place dans l’Univers.
Il y a quelque chose d’étrange à se retrouver dans un immense espace intérieur, un casque de réalité virtuelle sur la tête, tout en ayant l’impression de flotter à des millions d’années-lumière de la Terre. C’est précisément ce que propose Smithsonian Les Mystères du Cosmos, une expérience immersive présentée en première canadienne à Montréal depuis le 8 octobre.
Développée par Fever en collaboration avec le Smithsonian Astrophysical Observatory, cette aventure d’environ 40 minutes nous transporte à travers plusieurs phénomènes astronomiques, des planètes de notre système solaire jusqu’aux structures gigantesques qui peuplent l’Univers.
Mais au-delà des images spectaculaires, c’est surtout une question de proportions qui accompagne le visiteur tout au long du parcours.
De l’Arizona aux confins de l’Univers
Après un court accueil et quelques consignes de sécurité, nous récupérons notre casque de réalité virtuelle. Quelques instants plus tard, le Vieux-Port de Montréal disparaît.
Notre voyage débute à l’observatoire Fred Lawrence Whipple, situé dans le sud de l’Arizona, aux États-Unis. Sous un ciel étoilé, nous découvrons ces gigantesques instruments qui permettent aux scientifiques d’observer et de mieux comprendre les profondeurs de l’espace.
Le scénario nous entraîne ensuite bien au-delà de la Terre, notamment à proximité des télescopes spatiaux Hubble et James Webb, ainsi que de l’observatoire à rayons X Chandra.
L’expérience prend la forme d’une visite guidée. Un parcours prédéfini nous fait traverser différentes scènes, accompagnées d’explications accessibles et de quelques interactions avec notre environnement.
Nous découvrons ainsi des planètes, des géantes gazeuses, des étoiles en fin de vie et des nébuleuses dont les dimensions deviennent rapidement difficiles à concevoir.

Le vertige de l’infiniment grand
Observer une photographie d’une nébuleuse ou d’une galaxie sur un écran est une chose. Se retrouver virtuellement au milieu de ces structures en est une autre.
À plusieurs reprises, le sentiment de grandeur devient presque vertigineux. On réalise difficilement les distances qui nous séparent des objets observés, puis une nouvelle scène vient encore repousser les limites de notre perception.
Lorsque nous nous retrouvons devant les immenses colonnes de gaz et de poussière des Piliers de la Création, ou aux abords d’un trou noir, notre cerveau peine à replacer les choses à une échelle compréhensible.
C’est cette impression qui reste après la visite : celle d’avoir aperçu, pendant quelques instants, des dimensions qui échappent normalement à notre expérience quotidienne.
La réalisation visuelle est soignée et la bande sonore, plutôt discrète, accompagne efficacement le voyage sans prendre le dessus sur les images.
Des images spectaculaires, mais aussi de la science
Nous avons également rencontré Randall Smith, astrophysicien et directeur adjoint chargé des sciences au Center for Astrophysics, associé à Harvard et au Smithsonian.
Conseiller scientifique du projet, il a participé à la supervision de l’expérience afin que les représentations de l’Univers demeurent aussi fidèles que possible aux connaissances astronomiques.
L’un des principaux défis était de transmettre aux visiteurs un véritable sentiment d’échelle, ce qu’il résumait par l’expression « a sense of scale ».
Autrement dit, il ne suffisait pas de produire de belles images de l’espace. Il fallait également donner un contexte permettant de comprendre ce que nous regardons.
Le travail de reconstitution repose ainsi sur des observations et des données scientifiques provenant notamment de la NASA, de l’Agence spatiale européenne et des grands observatoires spatiaux.
Randall Smith nous a toutefois expliqué qu’une certaine liberté artistique était nécessaire, particulièrement dans le choix des couleurs. Plusieurs phénomènes sont observés à des longueurs d’onde invisibles à l’œil humain. Les couleurs utilisées dans les représentations permettent donc de rendre ces données plus lisibles et les structures plus facilement reconnaissables.
Il ne s’agit pas de prétendre montrer exactement ce que nos yeux verraient sur place, mais de traduire visuellement une réalité scientifique que nous ne pourrions pas autrement observer.
Le projet représente environ deux années de travail et une collaboration internationale réunissant des équipes spécialisées en réalité virtuelle en Europe et des scientifiques aux États-Unis.
Une immersion convaincante, malgré quelques limites
Sur le plan technique, l’expérience fonctionne plutôt bien. Les déplacements sont naturels et il est possible d’interagir avec certains éléments en utilisant ses mains, notamment pour manipuler des objets ou immortaliser certains moments du parcours.
Il reste toutefois quelques limites inhérentes à ce type d’installation collective.
Les autres visiteurs apparaissent sous la forme de silhouettes translucides afin d’éviter les collisions. C’est évidemment nécessaire pour la sécurité, mais lorsque plusieurs personnes se retrouvent au même endroit, ces présences peuvent parfois perturber la contemplation des paysages cosmiques.
Un conseil : évitez de rester trop près des autres participants lorsque vous en avez la possibilité. En vous décalant légèrement, vous profiterez davantage des panoramas.
Le parcours demeure également assez linéaire. Nous suivons les différentes étapes au rythme du scénario, sans véritable possibilité de prolonger notre exploration d’un lieu particulier.
On aimerait parfois s’arrêter quelques minutes supplémentaires devant une nébuleuse ou poursuivre la découverte d’un objet céleste. Mais le programme avance, et il faut déjà repartir vers la prochaine destination.
Cela dit, l’enchaînement des séquences est généralement fluide et les quelque 40 minutes passent rapidement.
Une belle porte d’entrée vers l’astronomie
Les Mystères du Cosmos ne remplace évidemment pas une visite au planétarium ni un documentaire scientifique approfondi.
Pour les personnes déjà passionnées d’astronomie, les explications ne révéleront probablement pas beaucoup de nouvelles connaissances. L’intérêt se situe ailleurs : dans la possibilité de visualiser, presque physiquement, des phénomènes que nous connaissons surtout à travers des images, des chiffres et des descriptions.
Pour les néophytes et les plus jeunes, en revanche, cette expérience constitue une introduction accessible à l’astronomie et à la cosmologie.
Le parcours est suffisamment varié pour éveiller la curiosité, sans s’encombrer d’explications trop complexes.
Et c’est peut-être sa principale réussite. Pendant quelques dizaines de minutes, des phénomènes qui ont mis des millions, voire des milliards d’années à se former prennent vie autour de nous.
Nous sommes toujours dans un bâtiment du Vieux-Port, avec un casque sur la tête. Pourtant, notre perception de l’espace, elle, a véritablement voyagé.
À défaut de disposer de millions de dollars pour partir dans l’espace, quelques dizaines de dollars suffisent ici pour se sentir infiniment petit dans cet infiniment grand.
Informations pratiques
- Expérience : Smithsonian Les Mystères du Cosmos
- Lieu : Expériences Infinity, 2, rue de la Commune Ouest, Vieux-Port de Montréal
- Dates : du 8 octobre 2026 au 17 janvier 2027
- Durée : environ 40 minutes en réalité virtuelle, prévoir environ une heure au total
- Âge : à partir de 8 ans
- Billetterie : Consulter les prix et les disponibilités sur Fever