Du 7 au 9 août, le Palais des congrès de Montréal a une nouvelle fois changé de visage pour accueillir Otakuthon. J’y suis allé le vendredi, avant d’y refaire un passage plus rapide le dimanche. Dès les premières minutes, une impression dominait toutes les autres : il y avait énormément de monde, mais surtout une énergie franchement contagieuse.
Pour sa 21e édition, placée sous le thème rétro, la convention montréalaise a réuni pendant trois jours les passionnés d’anime, de manga, de jeux vidéo et de culture japonaise. Pourtant, Otakuthon ne se résume pas à l’addition de ces univers. Ce qui fait réellement vivre l’événement, ce sont ses participants.
La grande parade du cosplay
Dans les corridors, les escaliers et les grands espaces du Palais des congrès, les costumes étaient partout. Personnages de manga, héros d’anime, figures de jeux vidéo et créations parfois beaucoup plus difficiles à identifier se croisaient sans arrêt. Certains cosplays étaient volontairement simples, tandis que d’autres témoignaient de dizaines d’heures de travail.
Le plus sympathique restait l’enthousiasme général. Les participants se prêtaient volontiers au jeu des photos et des rencontres, peu importe leur âge. À certains endroits, particulièrement près des grandes fenêtres et des sorties vers l’extérieur, le Palais des congrès devenait presque un immense studio photo improvisé.
Des rencontres thématiques ajoutaient aussi une dimension communautaire à l’expérience. Un rassemblement consacré à One Piece, par exemple, permettait aux personnes costumées comme les personnages de la série de se retrouver pour des photos de groupe. C’est dans ces moments-là qu’Otakuthon prend tout son sens : on n’assiste plus seulement à une convention, on entre pendant quelques heures dans un univers collectif.

Plusieurs étages, plusieurs ambiances
Comme lors des grandes conventions organisées au Palais des congrès, Otakuthon occupait plusieurs niveaux. Il fallait donc prévoir un peu de temps pour circuler entre les salles, mais cette organisation permettait aussi de passer rapidement d’une ambiance à une autre.
Les espaces consacrés au jeu étaient parmi les plus vivants. La grande salle de jeux vidéo proposait des titres rétro et modernes, des jeux de rythme ainsi que des expériences à plusieurs. Une autre zone accueillait les jeux sur PC, tandis que les amateurs de jeux de table, de cartes et de jeux de rôle disposaient de leur propre espace. Il y avait même une salle de réparation de cosplay pour les accessoires endommagés ou les costumes victimes d’un incident de dernière minute.
La salle de danse avait aussi quelque chose d’assez irrésistible. Les chansons et les chorégraphies s’enchaînaient rapidement, dans une ambiance légère où les participants venaient danser quelques minutes avant de repartir vers une autre activité. Même sans participer, il était difficile de ne pas s’arrêter pour regarder.
Une salle d’exposition qui mêle artistes et magasinage
La grande salle d’exposition demeurait évidemment l’un des principaux points d’attraction. D’un côté, l’Allée des artistes réunissait illustrateurs, créateurs et artisans. Au centre se trouvaient davantage de kiosques importants et d’exposants, tandis que les autres allées regroupaient vendeurs de figurines, vêtements, accessoires, œuvres imprimées et souvenirs de toutes sortes.
On pouvait y passer beaucoup de temps, et probablement beaucoup d’argent. Mais la présence des artistes indépendants donnait à l’ensemble une personnalité différente d’un simple salon commercial. Les visiteurs pouvaient échanger directement avec les créateurs, découvrir des œuvres originales et repartir avec des objets que l’on ne trouve pas nécessairement dans les grandes boutiques.
À proximité se trouvaient également les espaces d’autographes et les grandes zones où les groupes se rassemblaient pour prendre des photos avant de sortir. Même lorsqu’on ne cherchait rien de précis, le simple fait d’observer les costumes et l’animation suffisait à rendre la promenade intéressante.
Bien plus que des kiosques
La richesse d’Otakuthon se trouvait surtout dans son programme. Pendant les trois jours, il était possible d’assister à des panels, des projections, des ateliers de fabrication d’accessoires, des démonstrations de kendo, des cérémonies, des spectacles de danse et des prestations musicales. Des activités portaient également sur l’apprentissage du japonais ou sur les programmes d’échange entre le Canada et le Japon.
Les salles de projection permettaient de découvrir de nouvelles séries ou de revoir des classiques. Je me suis d’ailleurs surpris à rester devant Ninja Scroll, qui réveillait chez moi de très bons souvenirs. C’est aussi cela, Otakuthon : venir pour l’ambiance, puis se retrouver happé par une œuvre que l’on n’avait pas revue depuis longtemps.
Au niveau d’OASIS immersion, l’espace VOID prolongeait l’expérience autour du VTubing, avec des panels, ateliers, rencontres et performances. Ailleurs dans le bâtiment, les concerts et événements principaux attiraient leur propre public. Le Cosplay Café et sa terrasse offraient enfin un endroit où ralentir un peu, manger et continuer à profiter de la convention dans une atmosphère plus détendue.
Une convention qui continue après la tombée du jour
Le vendredi et le samedi, Otakuthon demeurait ouvert jusqu’à 1 h du matin. À mesure que la soirée avançait, la programmation changeait progressivement de ton. Le karaoké libre était particulièrement populaire : les participants pouvaient tenter leur chance devant le public avec des chansons de J-pop, de K-pop ou des thèmes d’anime.
Une partie des activités restait accessible à tous, alors que d’autres s’adressaient à un public plus âgé. Des projections et spectacles réservés aux adultes, dont des activités liées au hentai et un spectacle burlesque inspiré de la culture geek, étaient proposés avec un contrôle d’âge à l’entrée. L’encadrement était clair et les cartes permettant d’identifier les participants majeurs facilitaient le travail des responsables.
Cette programmation nocturne permettait à Otakuthon de rejoindre plusieurs publics sans mélanger les espaces. Les familles et les plus jeunes pouvaient profiter pleinement de la journée, tandis que les adultes qui le souhaitaient disposaient d’autres rendez-vous en soirée.
Rendez-vous en 2027, peut-être en costume
Au terme de mes passages du vendredi et du dimanche, je retiens surtout la joie des participants et la diversité de la programmation. Malgré la foule, l’événement était bien organisé et chacun semblait pouvoir y trouver son compte, qu’il vienne pour le cosplay, les jeux, les spectacles, les artistes, les projections ou simplement pour retrouver une communauté qui partage les mêmes passions.
Bravo aux organisateurs, aux bénévoles et surtout à toutes les personnes qui ont contribué à transformer le Palais des congrès en immense célébration de la culture japonaise. Je ne m’étais déguisé ni au Comiccon ni à Otakuthon cette année. L’objectif pour 2027 est donc déjà trouvé : choisir enfin un personnage et participer moi aussi pleinement au jeu.
Arigatō gozaimasu, et à l’année prochaine.
Notre visite se poursuit en images sur notre page Facebook. Vous pouvez y découvrir la galerie photo complète d’Otakuthon 2026 et retrouver les cosplays, les spectacles ainsi que l’ambiance de l’événement. Cliquez ici (part1) et ici (part2) pour voir toutes les photos.