Oubliez les jeux de hockey qui misent tout sur les graphismes. Dans Franchise Hockey Manager 12, le spectacle se trouve dans les échanges, le repêchage, le plafond salarial et le développement des espoirs. J’ai mené le Canadien jusqu’en 2037 et bâti une véritable dynastie. Pour les mordus de hockey, difficile de trouver une simulation plus complète.
Comme beaucoup de Montréalais, je n’ai pas hésité longtemps au moment de choisir ma première équipe dans Franchise Hockey Manager 12. J’ai pris le Canadien, avec Lane Hutson, Ivan Demidov, Cole Caufield, Juraj Slafkovský, Jacob Fowler et Jakub Dobeš, puis je me suis installé dans le fauteuil du directeur général.
Quelques saisons plus tard, d’accord, beaucoup de saisons plus tard, me voilà rendu en 2037 avec dix Coupes Stanley. Carey Price vient même d’être élu au Temple de la renommée après un vote des directeurs généraux. Rien de tout cela n’est arrivé dans le vrai monde, évidemment, mais après plusieurs heures dans FHM 12, cette histoire parallèle du Canadien finit presque par paraître crédible.
C’est précisément la grande force du jeu : il ne cherche pas à reproduire l’apparence d’un match de la LNH. Il cherche à reproduire tout ce qui se passe autour.
Le travail d’un DG, presque au complet
FHM 12 est un jeu de gestion sportive dans la lignée de Football Manager ou de Pro Cycling Manager. On ne contrôle pas les joueurs avec une manette. On construit plutôt une organisation : effectuer des échanges, négocier des contrats, surveiller le plafond salarial, repêcher, engager le personnel, envoyer les recruteurs observer des joueurs et décider qui mérite une place dans l’alignement.
On peut cumuler les postes de directeur général et d’entraîneur-chef, n’occuper qu’un seul de ces rôles ou commencer sans emploi en espérant qu’un club nous offre une première chance. Les attributs du gestionnaire ont une influence sur la carrière : négociation, évaluation des joueurs, coaching et gestion humaine, entre autres. Il faut également choisir une philosophie de jeu, qu’elle soit offensive, physique, prudente ou construite autour de la trappe.
Le mode Challenge impose davantage de restrictions. Il désactive notamment le mode commissaire et l’éditeur de joueurs, limite certains changements de règles et empêche plusieurs raccourcis. Le mode normal laisse beaucoup plus de liberté pour modifier son univers en cours de route. À chacun de décider s’il veut une carrière rigoureuse ou un immense carré de sable.
Les dirigeants restent par ailleurs redevables de leurs résultats. Un mauvais passage peut coûter un emploi, alors que les succès peuvent mener à un nouveau contrat, ou à une offre provenant d’une équipe nationale.

Repêcher, développer et échanger
Une grande partie du plaisir vient du cycle naturel d’une organisation. On repêche un jeune, on l’observe, on le signe, puis on choisit le meilleur endroit pour son développement. Dans le cas du Canadien, cela signifie aussi garder un œil sur le Rocket de Laval et les Lions de Trois-Rivières. Selon la structure de la partie et les ligues activées, la pyramide peut descendre encore plus bas.
Les règles contractuelles sont assez bien reproduites pour obliger le joueur à réfléchir comme un vrai DG. Il faut composer avec le ballottage, les clauses des contrats, les droits des joueurs, les compensations, les agents libres et les mouvements entre clubs affiliés. Un espoir peut circuler facilement entre deux niveaux, tandis qu’un vétéran risque d’être réclamé dès qu’on tente de le rétrograder.
Le dépistage a également son importance. On embauche des recruteurs, on leur attribue des régions ou des compétitions et on attend leurs rapports avant de miser un choix au repêchage ou un gros contrat sur un joueur encore mal connu. Les évaluations ne sont donc pas une vérité absolue : elles dépendent aussi de la qualité du personnel.
Les échanges gérés par l’intelligence artificielle respectent généralement la logique du hockey moderne. Les équipes convoitent les choix au repêchage, les jeunes joueurs et les espoirs, tandis que l’âge, le contrat et la valeur à long terme pèsent dans les négociations. Comme dans plusieurs jeux de gestion, on finit tout de même par reconnaître certains comportements et par trouver quelques recettes gagnantes. Mes dix Coupes Stanley en témoignent. Le mode Challenge, ou quelques règles personnelles, aide alors à maintenir la difficulté.
Bien plus que la LNH
La licence officielle de la LNH attire forcément l’attention, mais FHM 12 ne s’arrête pas aux 32 équipes du circuit Bettman. Il permet de diriger des clubs dans des dizaines de ligues nord-américaines, européennes et asiatiques. On peut passer de la Ligue américaine à la LHJMQ, tenter sa chance en Suisse, en Suède, en Finlande, en France ou au Japon, et même prendre les commandes d’équipes comme les Remparts de Québec, les Spartiates de Marseille, les Yokohama Grits ou le Wolf Pack de Hartford.
On peut aussi commencer tout en bas de l’échelle, bâtir sa réputation et espérer rejoindre un jour la LNH. Cette approche est probablement encore plus gratifiante que de prendre immédiatement le contrôle d’une puissance, puisqu’elle donne à la carrière une véritable progression.
Le hockey international est tout aussi développé. Les grandes nations sont présentes, mais rien n’oblige à choisir le Canada, les États-Unis, la Suède ou la Tchéquie. Il est possible de travailler avec la Hongrie, l’Islande, l’Espagne ou le Taipei chinois, parmi de nombreuses autres sélections. Les calendriers comprennent les Jeux olympiques, les championnats du monde seniors et juniors, les moins de 18 ans et plusieurs compétitions régionales.
Après des années à bâtir une réputation en club, recevoir une offre pour diriger le Canada pendant une saison olympique devient ainsi un petit événement. FHM 12 réussit à rendre prestigieux un simple message reçu dans une boîte virtuelle.
Refaire toute l’histoire du hockey
Le mode historique est l’une des fonctions les plus fascinantes du jeu. Il permet de démarrer une partie à différentes époques de l’histoire de la LNH, de retrouver les premières formations du début du XXe siècle ou de prendre le Canadien de 1955 ou de 1977. On peut aussi replonger dans l’époque de Wayne Gretzky et Mark Messier à Edmonton, modifier le déroulement des expansions et observer la création d’une nouvelle chronologie.
FHM 12 ajoute également les défis historiques qui proposent, eux, des scénarios précis : gagner avec les Wanderers de Montréal, les Millionaires de Vancouver ou certaines des plus grandes équipes de l’histoire. C’est à la fois un mode de jeu et une gigantesque encyclopédie interactive du hockey.
La base de données donne d’ailleurs envie de fouiller sans objectif particulier. Les fiches regroupent les statistiques, les transactions, les récompenses et le parcours des joueurs. Au fil des saisons, les retraités peuvent être intronisés au Temple de la renommée, mais aussi revenir dans l’univers comme recruteurs, entraîneurs ou autres membres du personnel. Cette continuité donne beaucoup de personnalité aux longues carrières.
Jusqu’au prix des billets
La gestion ne s’arrête pas à la glace. Pendant la saison morte, il faut répartir les budgets entre le développement, le personnel, les opérations et le marketing. Il est possible d’ajuster le prix des billets, de revoir la distribution des sièges ordinaires, premium ou de luxe, d’ajouter des places debout et même de construire un nouvel aréna pouvant accueillir jusqu’à 22 000 personnes.
Ces options ne sont pas toutes indispensables pour gagner, mais leur accumulation donne l’impression de gérer une véritable franchise plutôt qu’un simple alignement. FHM 12 adore les détails, y compris ceux que certains joueurs ne consulteront jamais.
La version 12, basée sur la saison 2025-2026, ajoute notamment des programmes d’entraînement présaison, du développement ciblé pendant la campagne, une journée de repêchage plus animée, une meilleure gestion des formations par l’IA et des nouvelles plus détaillées autour des échanges. Les changements prévus à la convention collective de la LNH pour 2026-2027 ont également été intégrés par les développeurs.
Des matchs fonctionnels, sans grand spectacle
Les rencontres sont présentées en 2D, avec une vue du dessus. On peut les regarder, les accélérer ou les simuler complètement. Ceux qui occupent aussi le poste d’entraîneur peuvent modifier les trios, adapter la stratégie et intervenir auprès des joueurs sur le banc. Une remarque peut motiver un joueur ou produire l’effet contraire, selon sa personnalité et ses qualités mentales.
Visuellement, le résultat demeure très modeste. L’ambiance sonore se limite aussi à quelques effets de foule et bruits de match. Il y a clairement de la place pour une présentation plus moderne dans une prochaine version.
Mais juger FHM 12 sur ses graphismes reviendrait à juger un excellent livre sur la quantité d’illustrations. Le véritable match se joue dans les menus, les statistiques, les rapports de recrutement et les décisions prises plusieurs saisons auparavant.
Un jeu exigeant, mais exceptionnellement généreux
FHM 12 n’est pas immédiatement accueillant. Son interface est dense, le nombre de menus peut intimider et l’absence de traduction française risque de compliquer les premières heures pour certains joueurs. Il faut apprendre le vocabulaire des contrats et accepter de passer beaucoup de temps à lire des tableaux.
En retour, le jeu offre une liberté rarement vue dans une simulation sportive. On peut transformer le Canadien en dynastie, remonter les échelons depuis une petite ligue, diriger un pays aux Jeux olympiques ou réécrire plus d’un siècle d’histoire du hockey. Les ligues en ligne ajoutent même une option multijoueur, que je n’ai pas encore testée.
Développé par game54 Software et Out of the Park Developments, puis publié par Out of the Park Developments, Franchise Hockey Manager 12 est sorti le 23 octobre 2025. Il est offert sur Windows et macOS, notamment sur Steam et depuis le site officiel. Steam l’affiche à 44,99 $ CA au moment d’écrire ces lignes. L’interface est uniquement disponible en anglais.
Ce n’est pas le jeu de hockey le plus spectaculaire. C’est peut-être, en revanche, celui qui comprend le mieux tout ce qui rend ce sport passionnant en dehors de la patinoire. Pour un amateur de gestion et de hockey, c’est un incontournable à essayer, quitte à commencer avec l’équipe de son cœur et à lui offrir les Coupes Stanley qu’elle attend encore dans la vraie vie.
- Jeu : Franchise Hockey Manager 12
- Genre : gestion, simulation sportive, stratégie
- Développeurs : game54 Software et Out of the Park Developments
- Éditeur : Out of the Park Developments
- Sortie : 23 octobre 2025
- Plateformes : Windows et macOS
- Langue : anglais seulement
- Prix observé : 44,99 $ CA sur Steam au 21 juillet 2026
- Modes : solo, ligues en ligne, parties modernes, historiques ou personnalisées