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Test de Marvel Tokon: Fighting Souls – Arc System Works signe le jeu de combat Marvel qu’on attendait depuis des années

Il y a un vide dans le monde des jeux de combat depuis la disparition de Marvel vs. Capcom. Pas un vide qu’on a toujours clairement ressenti au quotidien, mais un vide qu’on identifie immédiatement dès qu’on lance Marvel Tokon: Fighting Souls et qu’on réalise que quelqu’un a enfin compris comment le combler. Arc System Works, le studio japonais derrière Guilty Gear, BlazBlue et Dragon Ball FighterZ, avait déjà prouvé qu’il savait adapter des licences extérieures avec un soin qui force le respect. Avec Marvel, ils avaient le matériau idéal et la maîtrise technique pour en faire quelque chose de grand. Le résultat est un jeu de combat qui réussit quelque chose que peu de titres du genre parviennent vraiment à accomplir : être suffisamment profond pour les habitués et immédiatement accessible pour les néophytes.

On a passé plusieurs jours sur la version PS5, à explorer les cinq équipes des modes Épisodes, à tester les différents modes solo et à plonger dans le multijoueur en ligne. Voici ce qu’on en retient.

L’histoire : cinq équipes, cinq aventures fidèles à l’univers

Marvel Tokon organise sa narration autour de cinq Épisodes, chacun centré sur une équipe de quatre personnages. Le prétexte est classique et assumé : le Champion, un être d’une puissance colossale qui parcourt les galaxies pour défier les guerriers les plus redoutables, a mis la Terre dans son viseur. Seuls les combattants les plus puissants de la planète peuvent l’arrêter.

C’est le genre de point de départ qu’on lit dans les comics Marvel depuis des décennies, et Tokon n’essaie pas d’en faire plus que ce que c’est : un cadre efficace pour réunir des personnages aux personnalités très contrastées. Les cinq équipes couvrent un spectre large de l’univers Marvel. Les Fighting Avengers regroupent Captain America, Iron Man, Panthère Noire et Hulk. Les Unbreakable X-Men rassemblent Tornade, Wolverine, Magik et Danger. Les Amazing Guardians proposent Spider-Man, Peni Parker, Star-Lord et Miss Marvel. Les Samurai Outriders mettent ensemble Ghost Rider, Blade, Deadpool et Loki. Et les Knights of Doom réunissent Docteur Fatalis, Magneto, Goblin Vert et Carnage. Des équipes qui n’ont rien d’évident sur le papier et qui créent des dynamiques de groupe franchement amusantes à découvrir.

Chaque Épisode est présenté dans un format bande dessinée animée qui fonctionne très bien. Les vignettes prennent vie pendant les combats et les dialogues, le ton est fidèle au canon de chaque personnage, et l’humour est présent sans jamais prendre le dessus sur l’action. Deadpool et ses ruptures du quatrième mur sont particulièrement bien utilisés, avec des moments qui font sourire même pour ceux qui connaissent le personnage par coeur. Cette structure narrative sert également de tutoriel déguisé très efficace : en jouant chaque Épisode, on s’approprie naturellement les mécaniques des quatre personnages de l’équipe avant de les affronter en conditions réelles dans les modes compétitifs.

Le doublage français est soigné, avec des voix reconnaissables qui incluent les acteurs habituels de Spider-Man et Wolverine dans les productions cinématographiques. Quelques lignes paraissent légèrement accélérées dans certaines transitions, mais c’est anecdotique dans un ensemble vocal de très bonne tenue.

Le gameplay : la maîtrise d’Arc System Works à son meilleur

C’est évidemment le coeur de l’expérience, et c’est là qu’Arc System Works démontre pourquoi personne ne fait ce qu’ils font aussi bien qu’eux en ce moment dans le genre. Marvel Tokon est un tag fighter à quatre personnages, mais sa façon d’implémenter cette mécanique est plus originale et plus réfléchie que ce qu’on voit habituellement dans des titres comparables.

Avant chaque combat, on assigne ses quatre personnages à des slots spécifiques qui définissent leur rôle. Le slot 1 est le leader, le personnage avec lequel on commence le combat. Le slot 2 permet d’appeler un coéquipier pour une attaque de projectiles. Le slot 3 déclenche une attaque verticale. Le slot 4 active l’assistance la plus puissante disponible. Cette organisation préalable crée une dimension stratégique dès la préparation, bien avant que le premier coup soit échangé. Composer son équipe en pensant aux synergies entre les quatre rôles est déjà un exercice tactique en soi.

Ce qui distingue vraiment le système de Tokon, c’est que les quatre personnages partagent une seule et même barre de vie totale. Ce n’est pas un détail anodin. Ça signifie que chaque changement de personnage pendant le combat est une décision qui a des conséquences directes sur les ressources de toute l’équipe. Si Hulk se retrouve en difficulté face à un personnage agile comme Deadpool, passer à Spider-Man pour exploiter sa mobilité supérieure est une solution tactique, mais le passage ne remet pas les compteurs à zéro. Toute l’équipe continue à partager le même capital de vie, ce qui donne du poids à chaque échange et empêche le jeu de devenir un simple défilé de personnages qu’on utilise jusqu’à épuisement.

Pour pouvoir alterner librement entre ses coéquipiers, il faut d’abord remplir une condition : envoyer l’adversaire dans un autre plan du décor via une rupture, le faire rebondir, ou perdre une manche. Ce mécanisme crée une tension permanente parce que la pleine puissance de son équipe n’est pas immédiatement disponible. Il faut la mériter par ses actions en combat, ce qui décourage le button mashing et donne aux échanges une profondeur de lecture et d’anticipation qu’on n’attendait pas forcément d’un jeu sous licence Marvel.

Ce qui est peut-être la réussite la plus impressionnante du jeu, c’est comment Arc System Works a rendu tout ce système accessible sans le simplifier à l’excès. Des raccourcis permettent d’exécuter des attaques spéciales visuellement impressionnantes avec des combinaisons de boutons très simples. Un enchaînement basique peut déboucher sur une technique dévastatrice si la jauge d’énergie est suffisamment chargée. Les attaques impliquant les quatre personnages simultanément sont activables de manière intuitive. Un joueur qui n’a jamais touché à un jeu de combat peut produire des choses qui ont l’air spectaculaires à l’écran après quelques minutes de prise en main.

Mais pour ceux qui veulent aller plus loin, les couches de profondeur sont là. Des combos de longueur et de timing variables, des blocages directionnels, des assistances en défense, des contre-attaques précises, des synergies entre personnages qui demandent des heures à maîtriser. Arc System Works a construit un jeu qui peut occuper des débutants pendant des semaines et des joueurs avancés pendant des années, et la coexistence de ces deux niveaux d’engagement dans le même titre est un tour de force de design.

La direction artistique : Marvel rencontre l’anime, et ça marche

Le style visuel de Marvel Tokon est une de ses grandes réussites. Arc System Works a développé une approche qui marie l’esthétique des comics Marvel avec l’animation japonaise, et cette fusion fonctionne avec une naturel surprenant. Les personnages sont reconnaissables et fidèles à leurs versions dessinées, les effets visuels pendant les attaques spéciales sont spectaculaires sans jamais compromettre la lisibilité du combat, et les neuf arènes disponibles sont chargées de références à l’univers Marvel.

Wakanda, la Terre Sauvage, le Manoir X, chaque arène a sa propre personnalité visuelle et son propre lot de clins d’oeil pour les fans. On aurait aimé en avoir davantage que neuf, c’est la limite principale de ce côté, mais celles présentes sont toutes mémorables et se prêtent bien aux multiples niveaux que les combats peuvent traverser quand on envoie un adversaire percuter les décors.

La bande sonore combine des thèmes énergiques avec des touches épiques qui rappellent les grandes productions Marvel, et la chanson du générique d’ouverture est une vraie surprise qui mérite d’être écoutée. Ce n’est pas la bande sonore la plus originale qu’Arc System Works ait composée, mais elle est parfaitement adaptée à ce qu’elle accompagne.

Les modes de jeu : généreux et variés

Les cinq Épisodes constituent un excellent point d’entrée, mais le contenu solo ne s’arrête pas là. L’Arcadia Rumble est le mode le plus original : on y contrôle un personnage en style super-déformé qui parcourt un plateau de jeu en récupérant des améliorations pour son équipe avant d’affronter des combats classés. C’est un format qu’on n’avait plus vu souvent dans le genre, et sa présence ici est une bonne surprise.

L’All Star Arena est un mode Arcade plus classique où on active des bonus en fonction du niveau de difficulté. Le mode Survie propose quant à lui de traverser une série de combats avec une barre de vie qui ne se régénère jamais complètement, créant une tension croissante qui teste autant l’efficacité que l’endurance tactique.

Le multijoueur en ligne sur PS5 est à la hauteur des ambitions compétitives du jeu. Les salles peuvent accueillir jusqu’à 64 joueurs, les modes classés et décontractés fonctionnent bien, et la connexion est stable. Pour un jeu qui vise à s’installer dans la scène compétitive des jeux de combat, c’est le minimum requis et Arc System Works le livre correctement.

Avec 20 personnages au lancement, plus le Champion à débloquer, le roster est généreux et couvre un spectre large de l’univers Marvel. Chaque personnage est suffisamment distinct dans son style pour justifier le temps passé à en apprendre les spécificités. Et le jeu s’enrichira de quatre nouveaux combattants et d’une arène supplémentaire dans les mois qui viennent, ce qui laisse présager une longévité confortable.

Ce qu’on retient

Le vide laissé par Marvel vs. Capcom est comblé, et il est comblé par les bonnes mains. Marvel Tokon: Fighting Souls est un jeu de combat qui respecte son matériau source, qui respecte ses joueurs, et qui démontre une fois de plus qu’Arc System Works n’a pas de rival sérieux dans le genre quand il s’agit de construire des systèmes à la fois profonds et accessibles.

La direction artistique est une réussite, le roster est varié, les modes de jeu offrent plusieurs jours de contenu solo avant même de toucher au multijoueur, et le système de combat tag à quatre personnages est l’un des plus intéressants qu’on ait vus dans le genre depuis longtemps. Neuf arènes c’est un peu juste, et les Épisodes se bouclent relativement vite, mais ce sont des réserves mineures face à l’ensemble.

Ce jeu va grandir avec le temps. Et on a très envie de grandir avec lui.

Note : 18 / 20

Ce qu’on a aimé : un système tag à quatre personnages avec barre de vie partagée brillamment conçu, une accessibilité remarquable qui coexiste avec une vraie profondeur pour les joueurs avancés, une direction artistique qui marie comics Marvel et animation japonaise avec beaucoup de naturel, les Épisodes qui servent de tutoriel déguisé efficace, le multijoueur en ligne solide sur PS5, une connaissance manifeste et respectueuse de l’univers Marvel.

Ce qu’on a moins aimé : seulement neuf arènes disponibles au lancement, les Épisodes se bouclent en quelques heures, le Champion pourrait manquer à certains dans le roster de base.

Marvel Tokon: Fighting Souls est disponible depuis le 10 août 2026 sur PS5. Ce test a été réalisé à partir d’une copie fournie par l’éditeur. Cette réception n’a eu aucune incidence sur le contenu de cette critique.

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