Apple, Facebook, Google, Microsoft, et Twitter s’opposent au décret sur l’immigration de Trump

Silicon Valley vs. Trump

Une coalition d’une centaine d’entreprises américaines du secteur technologique a déposé la nuit dernière une requête en justice contre le controversé décret sur l’immigration.

Parmi les 97 signataires, on retrouve notamment les entreprises Apple, Airbnb, Dropbox, eBay, Facebook, Google, Intel, Kickstarter, LinkedIn, Microsoft, Mozilla, Netflix, PayPal, Twitter, Uber, et Yelp. Celles-ci ont joint leurs voix en apposant leur nom à un mémoire amicus curiæ déposé devant la Cour d’appel fédérale américaine pour le 9e circuit, dans lequel elles stipulent que le décret présidentiel est illégal, discriminatoire et nuisible aux opérations commerciales américaines.

Aux yeux de la Silicon Valley, le décret présidentiel est illégal, discriminatoire et nuisible aux opérations commerciales américaines.

Cette initiative est d’ailleurs conforme à la fameuse lettre ouverte destinée au président Donald Trump qui circulait sur la Toile depuis quelques jours.

La nouvelle survient quelques jours après qu’un juge fédéral ait rejeté la demande du gouvernement Trump de rétablir l’interdiction d’entrée sur le territoire américain aux ressortissants étrangers de sept pays à confession musulmane. La Cour d’appel fédérale américaine devrait statuer sur l’affaire dans quelques jours, moment où l’on saura si les efforts de la Silicon Valley auront été suffisants pour contrer le décret présidentiel.

Rappelons que de nombreuses entreprises américaines, particulièrement des acteurs de l’industrie technologique, se retrouvent désormais confrontées à d’importantes contraintes liées au recrutement. Qui plus est, le décret présidentiel menace également leur main d’œuvre bénéficiant du programme de visa H-1B, qui permet aux entreprises de parrainer des immigrants avec une spécialisation particulière.

Le mémoire décrit la mesure comme illégale, puisqu’elle viole la loi antidiscrimination adoptée en 1965. La coalition évoque également le non-respect de l’Administrative Procedure Act, une loi obligeant les organismes gouvernementaux à publier un avis et à tenir des audiences publiques avant d’adopter des règlements ayant d’importantes répercussions sur le milieu des affaires aux États-Unis.

Cette dénonciation de la Silicon Valley n’est pas la seule avec laquelle doit composer la Cour d’appel fédérale depuis ce weekend. Des personnalités du parti démocrate, incluant les ex-secrétaires d’État John Kerry et Madeleine Albright, ont également déposé une requête implorant au tribunal de poursuivre le blocage du décret sur l’immigration du président Trump.

Si la demande des entreprises américaines issues du secteur technologique n’est pas un geste altruiste de leur part, il apparaît comme l’un des derniers recours pouvant contrecarrer les mesures protectionnistes de l’actuel gouvernement des États-Unis.

  • Simon Forgues

    Un intervenant dans mon fil Google+ a émis le commentaire suivant des plus pertinents :

    « Si toutes ces compagnies payaient d’abord ce qu’elles doivent au fisc, elles seraient à mes yeux plus crédibles dans leur requête. »

    C’est sûr que les entreprises susmentionnées ne sont pas toutes exactement ce qu’on appellerait des « modèles » de bons citoyens corporatifs. Ou disons en tout cas qu’il leur reste encore quelques croûtes à manger à ce chapitre.

  • Henri_MTL

    Tweeter dans le lot…. Trump devrait donc cesser de l’utiliser.