Denuvo défend sa technologie DRM, détournée sur Resident Evil 7 en quelques jours

Mieux que rien

Craqué à peine quelques jours après sa sortie, Resident Evil 7 sur PC a au moins pu profiter de sa période de lancement selon Denuvo.

Pour l’entreprise autrichienne Denuvo, qui domine le marché de la protection des jeux PC contre le piratage, la pilule est dure à avaler. Alors que sa technologie Anti-Tamper (anti-sabotage) a réussi à protéger les ventes de DOOM pour près de quatre mois avant d’être ultimement détournée, les pirates ont désormais rattrapé le terrain. Dans le cas de Resident Evil 7, qui bénéficie également de cette technologie, il n’a fallu que quelques jours à ceux-ci pour détourner les mesures mises en place pour bloquer l’accès à son système de gestion numérique des droits (DRM).

Denuvo rappelle qu’elle n’a jamais prétendu que sa technologie était impossible à détourner.

À noter que la technologie Anti-Tamper n’est pas un DRM en soi; il s’agit plutôt d’une couche visant à protéger ce type de système d’autrui, dans le but d’éviter qu’un pirate puisse le détourner, le trafiquer, ou le saboter.

Si d’importants groupes de pirates sont même allés jusqu’à prédire l’an dernier la mort du piratage des jeux PC en réaction à la technologie employée par Denuvo, l’entreprise rappelle qu’elle n’a jamais prétendu que sa technologie était impossible à détourner.

«Veuillez noter que nous avons toujours maintenu que notre solution Anti-Tamper était difficile à craquer, et non pas incraquable», a déclaré le directeur de marketing de Denuvo, Thomas Goebl, au blogue Eurogamer. «Jusqu’à présent, seul un groupe de pirate est parvenu à la contourner.»

Denuvo insiste toutefois sur le fait qu’elle apportera des modifications à sa technologie afin que les éditeurs puissent continuer de bénéficier de ses avantages.

«Comme toujours, nous continuons de travailler à l’amélioration de notre solution par le biais de mises à jour de sécurité pour les prochaines versions d’Anti-Tamper. Nous ferons de même en apprenant de ce détournement.»

«Il est exact que le titre en question [Resident Evil 7] a été craqué quelques jours après son lancement. Étant donné que chaque titre non protégé est craqué le jour de sa sortie – ainsi qu’après chaque mise à jour – notre solution a fait une différence pour ce titre», croit Goebl.

Essentiellement, aux yeux de Denuvo, sa technologie demeure la meilleure sur le marché, et ce sera toujours mieux que rien.

Des éditeurs retirent Anti-Tamper, jugée inefficace

À noter que certains éditeurs ont simplement choisi de retirer Anti-Tamper de leurs jeux après avoir été personnellement victime de son inefficacité. Un porte-parole de Denuvo a toutefois tenu à apporter des précisions à Ars Technica concernant son retrait sur un titre en particulier, DOOM :

«La simple raison pour laquelle Anti-Tamper a été retiré de DOOM est qu’elle avait accompli son but en gardant le jeu à l’abri du piratage à l’intérieur de sa période de lancement. La protection de DOOM a tenu près de quatre mois, ce qui est une réalisation impressionnante pour un jeu tant convoité.»

«Nous ne pouvons pas commenter concernant les partenariats que nous entretenons avec nos clients, mais nous pouvons affirmer que nous n’offrons aucun remboursement si un jeu est craqué selon un échéancier préétabli. Néanmoins, chaque éditeur est bien entendu libre de retirer notre technologie Anti-Tamper de leur titre une fois qu’ils ont l’impression que celle-ci a atteint son objectif de protéger des ventes de la période de lancement, ou pour tout autre motif, comme le déploiement de leur jeu sur des boutiques dépourvues de DRM.»

  • HibouValdor

    Ils était une fois dunuvo

  • Gumby

    Depuis mon Commodore 64, les jeux sont piratés. Empêcher définitivement le piratage, pour moi, c’est comme vouloir éliminer la prostitution ou la drogue. Il n’en reste pas moins que quatre mois pour Doom sans être craqué, je leur lève mon chapeau !

    • http://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

      Lorsque vous dites «les jeux sont piratés», vous parlez de manière générale (le piratage existe) ou pour vous personnellement? Doit-on comprendre que vous n’avez jamais acheté un jeu depuis le Commodore 64? :O

      • Gumby

        Je n’ai pas souvenir d’avoir acheté un jeu pour mon C64 car j’étais trop pauvre, mais sur PC / Xbox (2001) / Wii, j’ai acheté ceux que j’ai aimé. Je ne suis pas très «gamer» comme on peut le constater via la liste de consoles que j’ai possédé… ;-)

        Ça n’a pas empêché que j’ai eu certains jeux piratés pour tout ce que j’ai utilisé, mais j’avais pour principe qu’après une semaine ou deux, j’achetais l’originale ou je l’effaçais. L’industrie du jeu a donc tout de même récolté quelques milliers de dollars de mes poches. :-)

        • http://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

          Ahhh… Voilà qui a plus de sens. ;)

          • Kaggan

            Pour ma part, je réagit d’une manière semblable. Depuis Star wars le pouvoir de la force 2 et assassin’s creed unity, je n’achète plus aucun jeu directement (petite entorse pour les tales of et quelques autres que je considère comme des valeurs sure) mais je les télécharges directement avant pour les tester. Si le jeu m’a plus, alors je l’achète pour soutenir l’éditeur.

            J’ai actuellement 109 jeux sur steam, 80 ont été acheté après avoir été fini et certains n’ont même jamais été lancé sur steam (saint row 3 full dlc par exemple) car ils ne servent qu’à soutenir les développeurs.

            Les jeux protégé par Denuvo, ben, tant pis pour les éditeurs et les développeurs mais je n’achèterais pas directement pour autant. J’ai encore une soixantaine de jeu disponible à finir avant de m’attaquer à la liste des jeux récents donc je peux patienter un an ou deux, le temps que les jeux soient cracké pour pouvoir les tester. Tout ce que je sais c’est que si je ne le fait pas, je me retrouverais encore avec des déceptions comme dragon age inquisition (que j’ai trouvé horriblement nul) alors que j’avais adoré les deux premiers (que j’ai fini 13 fois pour le premier et 5fois pour le deuxième)

            Et je ne pense pas être le seul à réagir comme ça. De nombreuses team affichent le fameux message « if you like this game, buy it », chose qu’on promouvait déjà à l’époque de downparadise. De plus, sans les cracks, je pense que je n’aurais pas une cinquantaine de jeu sur steam et on doit être nombreux à être dans le même cas (pour moi, 60€ c’est 1/4 de ce qu’il me reste à la fin du mois une fois les factures payés, et j’ai pas encore bu un verre dans un bar).

          • http://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

            J’ai de la difficulté à croire que les personnes qui paient pour un jeu déjà terminé simplement pour soutenir un développeur représentent une masse critique. Mais il est vrai que combattre le piratage est essentiellement une chasse aux sorcières, et que de promouvoir le message «if you like this game, buy it» est probablement plus efficace à terme.

            Il ne faut pas non plus perdre de vue que ce n’est pas parce qu’un jeu est téléchargé illégalement qu’il constitue automatiquement une perte de revenu : celui qui n’aurait pas pu y jouer autrement aurait très bien plus choisir de s’en passer.

  • DJ

    C’est comme n’importe quoi, quand c’est « interdit », il y en aura toujours qui vont essayer de contourner la chose..