Netflix et Amazon hués à Cannes

Ramenez la pellicule!

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Le choc des cultures est palpable cette semaine à Cannes, alors que l’arrivée de porte-étendard d’un nouveau mode de distribution cinématographique est loin de faire l’unanimité.

Et pour preuve : la foule a hué l’apparition du logo de Netflix au début de la projection de Okja, l’un de ses deux premiers longs métrages en compétition pour la Palme d’or, dans le cadre du 70e Festival de Cannes dont l’ouverture a eu lieu ce mercredi.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, le hasard a voulu que des problèmes techniques provoquent l’affichage des 10 premières minutes du film selon le mauvais format d’image. Le Festival de Cannes a d’ailleurs présenté ses excuses au réalisateur, Bong Joon-ho, et à ses collègues concernant l’incident.

La foule a hué deux fois plutôt qu’une l’apparition du logo de Netflix.

Si vous croyez qu’il y a un lien entre ces deux histoires, détrompez-vous. En effet, une fois l’erreur réparée, on redémarra le film en respectant ses proportions, et la foule hua une fois de plus le logo de Netflix – encore plus vivement selon les propos de Tatiana Siegel, journaliste pour The Hollywood Reporter. La participation d’Amazon a eu droit à un accueil tout aussi irrespectueux, alors que l’apparition de son logo au début de la projection de Wonderstruck fût huée par la salle également.

Il faut dire que le public à Cannes est réputé pour être excessif quand vient le moment de manifester sa joie et son mépris.

La nouvelle fait suite à des semaines de tractations entre Netflix, le Festival de Cannes et la Fédération Nationale des Cinémas Français, alors que l’on remettait en question la nature cinématographique d’une œuvre distribuée principalement sur des plateformes de vidéo sur demande.

Tilda Swinton, dans le rôle de Lucy Mirando, la puissante PDG de Mirando Corporation qui cherche à tirer profit de Okja.

Tilda Swinton, dans le rôle de Lucy Mirando, la puissante PDG de Mirando Corporation qui cherche à tirer profit de Okja.

Car si Okja prendra l’affiche aux États-Unis et au Royaume-Uni, on ne le retrouvera pas dans les salles de cinéma en France pour la simple et bonne raison que la législation française interdit qu’un film projeté au cinéma puisse apparaître sur un service comme Netflix à l’intérieur de 36 mois suivants sa première projection.

«Si des films du Festival de Cannes contrevenaient à la réglementation en vigueur sur la chronologie des médias [interdisant la distribution d'un film avant les 36 mois suivant sa sortie en salles], par exemple en étant diffusés sur Internet simultanément à une sortie en salles, ils seraient passibles de sanctions par le CNC», a contesté la FNCF dimanche dernier. Vous aurez deviné que le CNC, ou Centre national du cinéma et de l’image animée, est l’autorité gouvernementale qui réglemente le cinéma en France. «Et qu’en sera-t-il demain, si des films du Festival de Cannes ne sortaient pas en salles, remettant ainsi en cause leur nature d’œuvre cinématographique?»

La FNCF n’a également pas manqué de rappeler que Netflix contournait depuis plusieurs années la réglementation française en matière de fiscalité, donnant ainsi un bien mauvais exemple pour les autres entreprises, dont celles qui participent au financement «d’un écosystème exemplaire pour le cinéma» en France.

Heureusement pour la FNCF, le Festival de Cannes a changé ses règles. À compter de l’an prochain, seuls les films programmés pour une projection cinématographique en bonne et due forme pourront être retenus pour la sélection officielle du festival.

  • BBNN

    Pas facile le changement hein! C’est ben plate, mais les services comme Netflix, c’est l’avenir!

  • Gumby

    Je me demande s’ils ont hués les premiers films qui ont été produits sans bobines (pellicules)..! ¯_(ツ)_/¯