La réplique musclée de Google au tir groupé qui vise à l’annihiler

Google I/O

Exclusif

Costaude, l’édition 2016 du Google I/O. Mais il le fallait. Car plus que jamais, Amazon, Apple, Facebook et Microsoft semblent partager une seule et même vision : celle d’un jour pas si lointain où on pourra se passer de Google et de son moteur de recherche. La réplique de Mountain View se devait d’être musclée. Et elle l’est. En théorie, à tout le moins.

On vit ces jours-ci une transition aussi excitante qu’inattendue vers un monde où l’intelligence artificielle n’est plus que le surnom très pompeux des algorithmes ficelés à la va-vite dirigeant le comportement des joueurs non humains de votre jeu vidéo préféré. Non, en 2016, cette IA devient grand public… Aux États-Unis, en tout cas, où Amazon connaît déjà un succès d’estime avec Alexa, et où Siri et Cortana, d’Apple et Microsoft, respectivement, font beaucoup mieux que chez nous.

Amazon a toutefois le haut du pavé avez sa famille d’appareils Echo, qui donnent une vie domestique à Alexa, ses deux homologues de la côte Ouest étant essentiellement confinés aux entrailles d’un téléphone ou d’une tablette (Siri sur Apple TV, c’est pas encore tout à fait ça).

Tous unis contre Google

Bref, jusqu’ici, Google avait… Google Now. Inutile de dire que Google Home, le haut-parleur connecté présenté hier et qui sera mis en vente «un de ces jours», et le Google Assistant qu’il incorpore constituent une mise à niveau plus que bienvenue de ce côté. Google Assistant, malgré son nom beaucoup moins évocateur que Cortana, Siri ou même l’énigmatique M (vous souvenez-vous de M?), promet une interaction plus naturelle avec les nombreux outils en ligne de Google.

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Sundar Pichai, le PDG de Google, l’a résumé en deux mots : «Il s’agit d’un assistant conversationnel». Un quoi? «Une façon d’avoir une conversation bidirectionnelle avec l’utilisateur», s’exprima l’ingénieur en chef, dans un langage d’ingénieur en chef. Pas de poésie chez Google, cette partie-là du cerveau ne fait pas partie de son modèle d’affaires.

Google Home, Assistant et Allo sont la réplique de Mountain View à toutes ces menaces qui pèsent contre le noyau dur et central de son existence même.

Car c’est là que ça se joue, avec l’Assistant (comme avec Alexa et Siri) : il s’agit d’une couche d’interface de plus au moteur de recherche qui, après tout, est au cœur de l’existence de Google. Alexa, Siri et Cortana recourent massivement à Wolfram Alpha et à Bing (pour le meilleur et pour le pire).

Facebook aussi a ses propres outils, mais Facebook la joue plutôt du côté de la messagerie, où les bots conversationnels sont le prochain eldorado. Preuve à l’appui : déjà hier, on apprenait l’existence du bot québécois de SmartReno, intégré à Messenger. Quand on est rendu là…

Et tout ça, évidemment, éloigne chaque jour un peu plus d’internautes de Google. Google Home, Google Assistant et Google Allo sont, dans ce contexte, la réplique de Mountain View à toutes ces menaces qui pèsent contre le noyau dur et central de son existence même.

Instant Apps : le lapin dans le chapeau de Google

Tout, dans la logique d’affaires de Google, se résume en trois mots : Trouver. Pis vite. Pas de surprise, alors, de voir Google dévoiler des Instant Apps, une façon pour un site mobile de lancer une application sur l’appareil d’un internaute sans même que cette application soit au préalable installée sur ledit appareil.

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Imaginez Google AMP, l’accélérateur du Web mobile, mais pour des applications Android natives. Et ensuite, imaginez la haute direction d’Apple qui grince des dents, tellement Google vient de sortir tout un lapin de son chapeau.

Une application instantanée est, pour ainsi dire, une version décomposée d’une application entière permettant d’accéder directement à la fonction recherchée (par exemple, afficher la page d’achat d’un item précis) sans avoir à installer l’application via le Play Store. Seul le module pertinent est chargé sur l’appareil, et ce, directement depuis le site web mobile visité.

Ça brouille un peu plus la frontière entre le Web traditionnel et le Web applicatif, et si ça décolle, ça risque de soulever de sérieuses questions par rapport à la neutralité de toute l’affaire. En tout cas, les développeurs et utilisateurs d’iOS vont rapidement exiger qu’un tel système, en gros, des hyperliens web se transformant en application native ciblée sans intervention de l’utilisateur, soit aussi créé pour leur plateforme.

Google Home, dans son habitat naturel…

Google Home, dans son habitat naturel…

Avec un peu de chance, Google va filtrer un peu tout ça, évitant que les Instant Apps donnent aussi naissance aux Instant Scams, où l’internaute serait dirigé vers des services pas tout à fait légitimes.

Chose sûre, si Google Home et Google Allo positionnent Google sur la défensive, les Instant Apps, elles, sont clairement en mode attaque. Et tout ça, en fin de compte, tourne autour d’un seul et même concept : trouver ce qu’on cherche vite, vite, vite.

Google n’allait pas rester inactive devant la menace à son écrasante hégémonie dans ce créneau…

  • Gaston

    La singularité approche…