Vivendi prend le contrôle de Gameloft

Ça brasse en Europe

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Les jeux sont faits. Rien ne va plus. L’offre publique d’achat hostile perpétrée par Vincent Bolloré a ainsi porté fruit, et selon toute vraisemblance, la prochaine cible à abattre est : Ubisoft.

Après Bloomberg et Les Échos, c’est maintenant au tour du Figaro de rapporter que le groupe Vivendi détient désormais la majorité du capital de Gameloft, 61,71%, en plus d’au moins 55,61% des droits de vote. Cette information est tirée d’un communiqué publié par l’Autorité des marchés financiers de France, et la nouvelle devrait être officiellement confirmée d’ici jeudi.

Vivendi souhaite emprunter la même stratégie afin de forcer l’acquisition d’Ubisoft.

Vivendi avait récemment augmenté une seconde fois son offre, de 7,20 à 8€ par action, tout juste ce qu’il fallait pour convaincre Amber Capital et CIC de céder leurs parts. Par conséquent, Vivendi s’est ainsi retrouvée propriétaire à plus de 47% de Gameloft. Après quoi, franchir le seuil de 50% n’était plus qu’une formalité.

De son côté, Gameloft avait tenté de freiner l’intrusion de Vivendi en contestant l’OPA devant les tribunaux, sans succès. Bien que la décision finale doit être rendue à une date ultérieure, les analystes doutent que l’entreprise obtienne gain de cause.

Ubisoft en ligne de mire

Il va de soi que la pilule sera difficile à avaler pour la famille Guillemot. Rappelons que Gameloft a été fondé par Michel, cofondateur également d’Ubisoft (avec ses frères Christian, Claude, Gérard, et Yves – l’actuel PDG). Qui plus est, Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, a clairement manifesté son intérêt pour l’important studio français.

C’est d’ailleurs par la même stratégie que Vivendi compte également réussir à forcer l’acquisition d’Ubisoft. Aux dernières nouvelles, 17,33% des parts d’Ubisoft seraient déjà entre les mains de Vivendi. La famille Guillemot pourrait songer à revendre ses parts de Gameloft afin de réinjecter du capital dans Ubisoft, ce qui lui permettrait d’atteindre 14% des actions. Mais devant un adversaire aussi déterminé, l’issue de cette confrontation paraît plutôt défavorable aux frères Guillemot.

Vivendi s’est engagée auprès de l’AMF à ne pas déclencher d’offre publique d’achat d’ici novembre prochain, dans l’espoir de détendre les relations avec les fondateurs d’Ubisoft.

De son côté, Yves Guillemot est à la recherche d’un partenaire pouvant lui prêter main-forte. Rappelons qu’en février dernier, le Globe and Mail mentionnait que l’homme d’affaires aurait rencontré des investisseurs potentiels à Montréal et à Toronto. Au même moment, le hasard a d’ailleurs voulu que le PDG soit présent lors de la visite du premier ministre Justin Trudeau chez Ubisoft Montréal.