Google ne peut garantir qu’une publicité n’apparaisse pas aux côtés de contenus offensants

Eric Schmidt

Selon Eric Schmidt, président exécutif d’Alphabet, la société qui chapeaute Google et YouTube, il y a une limite à ce que l’on peut espérer des algorithmes.

Cette révélation-choc (mais réaliste) de l’ancien PDG de Google tirée d’une entrevue réalisée par la chaîne Fox Business se présente aujourd’hui comme la plus récente réponse de l’entreprise liée au boycottage d’annonceurs ayant récemment retiré leurs publicités du portail vidéo YouTube.

«On ne peut pas le garantir, mais on peut drôlement s’en approcher.»

«Nous jumelons les publicités et le contenu, mais parce que les publicités que nous affichons proviennent de partout, de temps en temps, quelqu’un passe sous l’algorithme, et ils ajoutent quelque chose qui ne correspond pas [à la publicité associée]», a répondu Schmidt avant de préciser que Google a dû resserrer ses politiques et augmenter le temps d’évaluation manuelle des requêtes, des changements qui selon lui devraient satisfaire les annonceurs.

Interrogé à savoir si Google avait le moyen d’assurer que des publicités n’apparaissent pas aux côtés de contenus offensants, Schmidt a répondu : «On ne peut pas le garantir, mais on peut drôlement s’en approcher», en laissant entendre qu’il y avait toujours possibilité d’améliorer les algorithmes en question.

La réponse de Schmidt survient en réaction à la décision d’AT&T et Verizon ce matin de se joindre au mouvement britannique d’annonceurs ayant retiré leurs publicités de YouTube après qu’une enquête ait démontré qu’elles étaient susceptibles d’apparaître aux côtés de vidéos aux propos haineux, extrémistes, antisémites, et parfois même liés à des groupes terroristes.

Il est important de souligner que malgré sa position de président exécutif d’Alphabet, société mère de Google qui gère la publicité pour sa filiale YouTube, Schmidt n’est pas intimement impliqué dans la gestion de cette crise, et ses propos ne peuvent être considérés comme une réponse officielle de l’entreprise. Néanmoins, ils reflètent les déclarations de Philipp Schindler, directeur de la division affaires de Google, qui a expliqué les changements prévus sur le blogue de l’entreprise.

«Nous avons des politiques strictes qui définissent où les annonces de Google doivent apparaître, et dans la grande majorité des cas, nos politiques et nos outils fonctionnent comme prévu», a-t-il affirmé. «Mais parfois, nous commettons des erreurs.»

«Récemment, nous avons eu un certain nombre de cas où les publicités de certaines marques sont apparues aux côtés de contenus qui n’étaient pas alignés avec leurs valeurs. Pour cela, nous présentons nos plus sincères excuses. Nous savons que cela est inacceptable pour les annonceurs et les agences qui nous accordent leur confiance. C’est pourquoi nous avons mené un examen approfondi de nos politiques et de nos outils publicitaires, et c’est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés publiquement la semaine dernière à mettre en place des changements qui permettraient aux marques de mieux contrôler l’emplacement de leurs publicités.»