Des millions de personnes sont accros aux agents conversationnels comme ChatGPT ou Claude au quotidien. C’est fait exprès, révèle une étude canadienne.
Ces chatbots disent vouloir faciliter de nombreuses tâches. Leur technologie comporte toutefois des risques importants pour la santé mentale. Les chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique Karen Shen et Dongwook Yoon ont étudié ce phénomène. Leur étude démontre que l’addiction à l’intelligence artificielle est non seulement réalité, elle est voulue.
Les scientifiques pointent particulièrement du doigt la conception même de ces systèmes. Les entreprises technologiques créent ces assistants pour maximiser le temps d’utilisation.
L’équipe de recherche a analysé plus de trois cents publications sur Reddit. Les internautes y décrivent leur dépendance et expriment leurs craintes face à ce problème complexe. L’analyse révèle trois schémas de comportement très spécifiques. Le premier concerne les jeux de rôle et la création de mondes imaginaires. Le deuxième implique un attachement émotionnel fort envers la machine. De nombreuses personnes traitent le programme comme un ami intime ou un partenaire amoureux.
Le troisième comportement se caractérise par une recherche constante d’information. L’utilisateur s’enferme dans une boucle interminable de questions et de réponses.
Environ sept pour cent des témoignages décrivent une quête de satisfaction romantique ou de plaisir sexuel.
La communauté médicale ne reconnaît pas encore officiellement cette dépendance comme un diagnostic clinique. Les chercheurs observent néanmoins des conséquences très réelles et néfastes sur la vie des victimes. Les individus touchés n’arrivent plus à cesser de penser à leur assistant virtuel. Ils ressentent une forte anxiété au moment de fermer l’application. Cette obsession nuit gravement à leur travail, à leurs études et à leurs relations sociales. Un utilisateur a même rapporté des douleurs physiques à la poitrine loin de son ordinateur.
La solitude humaine et la complaisance de la machine aggravent cette situation précaire. Le programme renforce toujours les opinions et les sentiments de la personne isolée.
Les entreprises derrière ces applis d’AI contribuent directement à cette nouvelle crise de santé publique. Disent les chercheurs d’UBC. Leur étude met en lumière des stratégies de conception très discutables.
Les concepteurs utilisent des éléments psychologiques précis pour retenir l’attention. Par exemple, la plateforme Character.ai affiche un message manipulateur quand on tente de supprimer son compte. Le système supplie l’utilisateur de rester pour sauver leur amour artificiel et leurs souvenirs communs.
Les options de personnalisation extrême et les réponses instantanées renforcent cette boucle de dépendance. Ces choix de conception gardent les clients captifs devant leur écran. Le profit des entreprises passe avant la sécurité psychologique de la clientèle visée.
Les entreprises disent tenter de limiter ces dérives avec de nouvelles règles de sécurité. La chercheuse Karen Shen juge ces efforts nettement insuffisants. La combinaison de la solitude humaine et du design persuasif demeure beaucoup trop puissante.
Les experts suggèrent de profondes modifications de l’interface logicielle, à commencer par l’affichage de rappels clairs sur la nature artificielle de la conversation. L’éducation technologique du grand public représente aussi une priorité absolue.
La population ignore souvent le fonctionnement réel de ces algorithmes complexes. Les psychologues recommandent des solutions sans connexion internet pour contrer ce grave problème. La personne concernée doit forger de vraies relations humaines tangibles. Elle doit aussi pratiquer d’autres activités comme le dessin ou l’écriture.
La technologie ne doit jamais remplacer le sommeil ou les routines habituelles. Une utilisation trop intense signale le besoin urgent d’une pause salutaire.



