Il faut commencer par une évidence : Dragon Quest XI S n’avait pas vraiment besoin d’être sauvé. Le jeu de Square Enix reste aujourd’hui encore un excellent JRPG, généreux, attachant et suffisamment solide pour ne pas paraître dépassé presque dix ans après sa sortie japonaise. Cette version Nintendo Switch 2 ne bouleverse donc rien. Elle prend simplement un très bon jeu et lui donne enfin les performances qu’on aurait aimé avoir sur la première Switch.
Et pour peu qu’on aime Dragon Quest, la différence se ressent immédiatement.
Le retour de l’Éclairé
Dragon Quest XI raconte toujours le parcours de l’Éclairé, un jeune homme qui découvre au début de l’aventure qu’il est destiné à jouer un rôle majeur dans l’avenir d’Elréa. Son arrivée à Héliodor ne se déroule évidemment pas comme prévu et le héros devient rapidement un fugitif.

Commence alors un long voyage durant lequel il rencontre Erik, Veronica, Serena, Sylvando, Jade, Rab et plusieurs autres personnages qui vont peu à peu former l’un des groupes les plus attachants de la série.
L’histoire reste très classique. Dragon Quest ne s’en cache jamais. Il y a un élu, des royaumes, des monstres, des objets magiques et une menace qui plane sur le monde. Dit comme ça, on pourrait presque croire que le scénario appartient à une autre époque. Pourtant, le jeu fonctionne toujours.
Il fonctionne grâce à ses personnages, mais aussi grâce à toutes les petites histoires rencontrées sur la route. Chaque nouvelle ville possède son ambiance, son problème, parfois son humour, parfois un ton beaucoup plus sombre. Le jeu prend souvent son temps, et c’est aussi ce qui fait son charme. On ne traverse pas Dragon Quest XI en courant après le prochain gros moment spectaculaire. On voyage.
Toujours aussi beau grâce à son style
Visuellement, Dragon Quest XI s’en sort remarquablement bien. Le travail artistique inspiré par Akira Toriyama permet au jeu d’éviter une bonne partie des effets du temps. Les visages restent expressifs, les monstres ont toujours autant de personnalité et les environnements utilisent suffisamment de couleurs pour que le monde reste agréable à parcourir. Évidemment, certains décors trahissent leur âge lorsqu’on s’attarde sur les textures ou la géométrie. On parle quand même d’un jeu dont la base remonte à 2017.

Mais l’ensemble reste franchement beau. La Switch 2 apporte surtout une image plus propre que celle de la première Switch. Cette dernière avait réussi un portage impressionnant, mais la résolution pouvait être assez basse, surtout en portable. Ce problème est beaucoup moins présent ici.
Le 60 fps change vraiment le confort de jeu
C’est la principale raison d’être de cette version. Dragon Quest XI S propose désormais un mode Performance à 60 images par seconde et un mode Qualité qui privilégie la résolution à 30 fps. Après plusieurs heures, le choix du mode Performance paraît presque évident. On parle bien d’un RPG au tour par tour, pas d’un jeu d’action dans lequel chaque frame peut changer un combat. Mais le gain de fluidité se ressent partout ailleurs. La caméra répond mieux, les déplacements sont plus agréables et les animations gagnent énormément en confort.

Lorsqu’on passe ensuite temporairement au mode 30 fps, la différence saute aux yeux. Le mode Qualité garde son intérêt sur un grand écran, notamment pour ceux qui privilégient une image plus nette. Mais dans un jeu qui peut facilement dépasser plusieurs dizaines d’heures, le 60 fps devient vite difficile à abandonner.
Et contrairement à certaines versions proposant deux modes graphiques très différents, le mode Performance ne donne jamais l’impression de massacrer l’image pour atteindre son objectif.
Sur Switch 2, Dragon Quest XI est particulièrement à l’aise
La vraie force de cette version se trouve peut-être simplement dans le concept de la console. Dragon Quest XI est un jeu parfait pour le portable. On peut avancer pendant vingt minutes, terminer une quête ou quelques combats, mettre la console en veille puis reprendre plus tard sans avoir l’impression d’avoir perdu le fil. Sur la première Switch, cette manière de jouer était déjà excellente, mais les compromis techniques étaient évidents. La Switch 2 corrige une bonne partie de ces défauts. L’image est plus propre, le framerate bien plus agréable et l’ensemble donne beaucoup moins l’impression de jouer à une version réduite du jeu.

C’est particulièrement visible dans les grandes zones ouvertes. Les déplacements sont plus fluides et le monde gagne simplement en lisibilité. Pour quelqu’un qui joue principalement en portable, c’est probablement l’un des meilleurs arguments de cette édition.
Un tour par tour qui n’a pas pris une ride
Dragon Quest XI reste un RPG volontairement traditionnel. Les combats utilisent toujours un système au tour par tour très lisible. Chaque personnage possède ses propres armes, sorts et compétences et il faut progressivement construire une équipe capable de répondre aux différents types d’ennemis. Les premières heures sont assez simples, mais le système s’étoffe progressivement.

Les arbres de compétences permettent d’orienter les personnages différemment et certaines compositions deviennent particulièrement efficaces lorsque les capacités commencent à se compléter. Dragon Quest XI réussit surtout à ne jamais devenir inutilement compliqué. On comprend rapidement ce que fait chaque personnage. Les menus restent simples, les compétences sont bien expliquées et il n’est pas nécessaire de passer trois heures dans un tutoriel avant de commencer à jouer.
Les joueurs cherchant davantage de difficulté peuvent également activer les options draconiennes, qui changent fortement la manière d’aborder certains combats.
Des personnages qui font encore toute la différence
Difficile de parler de Dragon Quest XI sans revenir sur son équipe. Erik est immédiatement sympathique, Veronica possède un caractère impossible à ignorer et Sylvando reste probablement l’un des personnages les plus marquants du jeu. Même plusieurs années après une première partie, certaines scènes reviennent facilement en mémoire.

C’est aussi ce qui explique pourquoi l’aventure supporte aussi bien une deuxième partie. On ne revient pas seulement pour refaire des combats ou compléter des quêtes. On revient pour retrouver ce groupe. L’Édition définitive ajoute en plus plusieurs séquences consacrées aux compagnons et permet de mieux développer certains personnages.
Le jeu peut aussi être joué entièrement en 2D, avec une présentation proche des anciens Dragon Quest. Ce n’est pas un simple filtre graphique. Le rythme, les déplacements et la mise en scène changent suffisamment pour donner une autre façon de découvrir l’aventure.
Il y a quand même un problème avec cette version
Le jeu est excellent. La manière dont Square Enix vend cette nouvelle édition est beaucoup plus difficile à défendre. Il n’existe pas de mise à niveau depuis la version Switch originale. Si vous possédez déjà Dragon Quest XI S sur la première console, il faut donc racheter cette version Switch 2.

Plus gênant encore, les sauvegardes ne sont pas transférables. Un joueur ayant déjà passé 70 heures sur son ancienne partie ne peut donc pas simplement récupérer sa progression et continuer avec le meilleur framerate.
C’est franchement dommage. Surtout que le contenu du jeu reste pratiquement identique. On aurait aimé voir Square Enix proposer au minimum une formule de mise à niveau ou permettre la récupération des anciennes sauvegardes.
Alors, est-ce qu’il faut y revenir ?
Tout dépend surtout de votre situation. Si vous n’avez jamais joué à Dragon Quest XI, cette version Switch 2 est extrêmement facile à conseiller. Vous récupérez un JRPG immense, avec des dizaines d’heures de contenu, une excellente équipe de personnages et désormais de très bonnes performances sur une console portable. Pour quelqu’un qui possède déjà l’Édition définitive sur Switch, la réponse est plus compliquée.

Le 60 fps et l’image plus propre sont très appréciables, mais le rachat complet du jeu est difficile à justifier si vous avez déjà terminé l’aventure. En revanche, pour quelqu’un qui avait repoussé Dragon Quest XI ou qui voulait justement refaire une partie, cette version est probablement celle qu’il fallait attendre.
Dragon Quest XI n’est pas devenu meilleur parce que la Switch 2 existe. Il était déjà excellent. La nouvelle console permet simplement de mieux en profiter. Et parfois, ça suffit largement.
Note: 18/20
On aime : le 60 fps, l’image beaucoup plus propre, une aventure toujours immense, des personnages excellents, une vraie réussite en portable, le contenu très généreux de l’Édition définitive.
On aime moins : pas de transfert de sauvegarde, pas d’upgrade pour les possesseurs de la version Switch, très peu de nouveautés en dehors de la technique.


