Une exposition hors du commun à l’Arsenal d’art contemporain de Montréal

Bannière de F(R)ICTION : Art et jeux, 8e Biennale internationale d’art numérique d’ELEKTRA, à l’entrée de l’Arsenal art contemporain à Montréal.
Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
WhatsApp
Email

La huitième biennale internationale d’art numérique ELEKTRA propose l’exposition F(R)ICTION : Art et jeux. Sous la direction artistique d’Alain Thibault, les artistes utilisent les jeux vidéo comme médium pour exprimer leur art.

En marge de la reconnaissance artistique

Bien que les jeux vidéo dominent la musique économiquement, ceux-ci sont encore boudés par la communauté artistique. En ayant pour objectif de donner une plateforme aux concepteurs, les commissaires de l’exposition, Lynn Hughes et Ida Toft, invitent les visiteurs à redéfinir leur rapport personnel au jeu en les considérant comme une réelle force culturelle.

Comme le soulignent les commissaires, les concepteurs de ces jeux vidéo sont des artistes avec une intention précise derrière chaque création. Provenant des quatre coins du monde, les artistes participants ont d’ailleurs été sélectionnés selon des critères précis. En effet, la plupart d’entre eux sortent tout droit d’écoles d’art.

Les œuvres d’art numériques exposées sont en majorité de nature abstraite avec un propos particulièrement engagé.

Entre nostalgie et obsolescence, ce jeu rétro d’Afrane Makof souligne notre rapport contradictoire à la technologie. PHOTO: Éloïse Demers, photographe.

Lorsque l’élève dépasse le maître

La créatrice française de jeux vidéo, Mélanie Courtinat présente son œuvre Indulto, un projet sur lequel elle a passé un peu plus de quatre mois. Sur un ton rieur, l’artiste confie que ses professeurs se « foutaient des jeux vidéo à l’école des arts ». Ironie du sort, elle enseigne aujourd’hui ce médium dans cette même école.

Pensé pour les gamers, mais accessible à tous, son jeu nous plonge au coeur d’une réelle corrida espagnole.

Danielle Brathwaite-Shirley fait du jeu vidéo un espace de mémoire et de résistance pour les communautés noires et trans. PHOTO: Éloïse Demers, photographe.

Un jeu à saveur de plaisir féminin

CLTRS de Laureline Chiapello est un jeu de recherche et de création complètement hors du commun. Ce type de jeu permet habituellement une exploration sans limite dans le monde virtuel. Cela dit, celui-ci se déroule sur des rails. La créatrice se permet ici une belle métaphore du consentement.

Clou du spectacle, la fin du jeu dévoile le monde dans lequel le joueur évoluait : le clitoris! Délibérément calme et créé pour forcer une adaptation du joueur à son environnement, le jeu est une allégorie du plaisir féminin. En effet, tenter de se déplacer trop vite ou d’appuyer trop fort fera figer le jeu.

L’artiste se permet ainsi un magnifique rappel sur le corps de la femme et ses besoins.

Entre deux parties, les visiteurs peuvent faire une pause à la bibliothèque temporaire des arts médiatiques québécois, qui réunit une collection d’ouvrages sur le jeu vidéo. PHOTO: Éloïse Demers, photographe.

« Cringe » !

Raphaëll Maïwen présente un jeu qui s’intéresse au traitement réservé aux femmes par la sphère médiatique ainsi qu’à l’expérience de grandir avec Katy Perry comme idole. L’artiste souligne le caractère déconnecté et malaisant de la chanteuse américaine au cours de sa carrière. Raphaëll a donc construit son jeu autour de la théorie des fans voulant que Perry se serait fait enlever par des extraterrestres et qu’un clone aurait pris sa place.

Avec California girl dans les oreilles, les joueurs sont propulsés dans le monde de Katy Perry. Au fil des chansons, ceux-ci sont invités à passer d’un monde à l’autre révélant la théorie des fans.

Iel précise que son jeu sera sous peu disponible gratuitement au grand public sur la plateforme itch.io.

Dans l’obscurité de l’Arsenal, seuls les écrans des jeux illuminent la salle, créant une ambiance immersive. PHOTO: Éloïse Demers, photographe.

Informations

Plus de 30 jeux vidéo sont présentés par ELEKTRA à l’occasion de cette biennale. Dans un décor sombre et bleuté, les visiteurs sont invités à jouer librement à chacune des stations. Des explications sur le fonctionnement de la manette, propre à chaque jeu, y figurent.

Du 15 octobre au 15 novembre 2026, des billets aux alentours de 20 $ vous permettent des entrées illimitées sur le site.

Un événement à ne pas manquer, d’une profondeur à la fois abstraite et concrète.

À chaque station, une fiche explique le fonctionnement de la manette, propre à chaque jeu. PHOTO: Éloïse Demers, photographe.

Dernier articles

Abonnez-vous à nos réseaux sociaux