Au Comiccon de Montréal, le Palais des congrès devient un terrain de jeu géant

Cosplayers échangeant un fist bump dans le hall du Comiccon de Montréal 2026
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Le Comiccon de Montréal 2026 a pris possession du Palais des congrès du 3 au 5 juillet, pour une 16e édition consacrée à la culture populaire, aux comics, aux jeux, au cosplay et aux univers qui rassemblent plusieurs générations de fans. Dès le vendredi, la première impression était claire : l’événement impressionne d’abord par son échelle. Trois étages, de grandes salles bien réparties, une circulation fluide, des espaces de conférences, de spectacles et de rencontres qui donnent l’impression d’une machine bien rodée.

Dans la grande enceinte, le Comiccon conserve pourtant quelque chose de profondément joyeux. Ce n’est pas seulement un salon où l’on vient acheter des figurines, des cartes ou des affiches. C’est un lieu où les gens viennent exister un peu autrement, le temps d’une journée ou d’un week-end. En entrant, on croise autant de familles curieuses que de passionnés costumés, des visiteurs venus pour un acteur, un jeu, un manga, un souvenir, ou simplement pour respirer l’air coloré d’un monde où tout le monde accepte de jouer le jeu.

Une organisation qui laisse de la place à l’émerveillement

Ce qui frappe d’abord, c’est l’organisation. Malgré l’achalandage déjà important pour un vendredi, le parcours dans le hall d’exposition reste lisible. Les allées permettent de circuler, les zones sont bien identifiées, et l’ensemble donne rarement l’impression d’un labyrinthe. Le Comiccon occupe une vaste salle d’exposition de 200 000 pieds carrés, avec détaillants, objets de collection, mangas, livres, produits dérivés, zone photo et allée des artistes.

À chaque détour, quelque chose accroche l’œil : collections de comics, cartes, figurines, épées décoratives, œuvres d’art, accessoires, posters, vêtements, petits objets de niche et créations artisanales. Le plaisir vient autant de la découverte que de la diversité. On ne marche pas seulement entre des kiosques. On traverse des micro-univers.

Et dans ces allées, les visiteurs costumés deviennent eux-mêmes une partie du décor vivant. Un personnage d’animé ici, un super-héros là, un chasseur de fantômes qui passe entre deux stands, un guerrier médiéval au détour d’une table de cartes. Le Comiccon fonctionne parce qu’il ne sépare pas vraiment le public du spectacle. Le public est le spectacle.

Le bonheur des cosplayers, vrai moteur de l’événement

Beaucoup acceptent les photos avec plaisir, prennent la pose, jouent leur personnage, racontent parfois l’histoire derrière leur costume. On sent que certains viennent de loin, qu’ils ont préparé leur tenue depuis longtemps, et que ce rendez-vous représente bien plus qu’une simple sortie.

Pour plusieurs, le cosplay devient une manière de sortir du quotidien, de partager une passion, de rencontrer d’autres fans et de vivre un moment de liberté. Le Palais des congrès se transforme alors en grande cour de récréation culturelle. Pas une cour bruyante ou chaotique, mais une cour où Dark Vador peut croiser un pirate, où un héros de manga peut discuter avec un joueur de Magic, et où personne ne trouve cela étrange.

Des jeux de rôle, des cartes et des mondes à table

Au-delà du hall d’exposition, l’événement propose aussi un grand espace consacré aux jeux sur table et aux jeux de rôle. Tables, accessoires, feuilles de personnages, animateurs et parties organisées : tout est là pour permettre aux curieux comme aux habitués de plonger dans des univers à la Dungeons & Dragons, jeux de cartes ou autres expériences de rôle.

Le grand hall : boutiques, artistes et rencontres

Le hall d’exposition reste évidemment le cœur battant de l’événement. Il y a énormément de choix, mais l’ensemble est assez bien présenté pour que la promenade reste agréable. Le visiteur passe d’un kiosque de cartes à une collection de figurines, d’un mur de posters à une table de BD, d’un objet de collection à une œuvre originale.

Aux extrémités du Palais des congrès, l’ambiance change encore. D’un côté, l’allée des artistes rassemble de nombreux dessinateurs, auteurs et créateurs, francophones comme anglophones, locaux et internationaux. Certains vendent leurs bandes dessinées, d’autres proposent des dédicaces ou des dessins personnalisés. C’est environ 60 créateurs de comics et de plus de 100 artistes indépendants dans l’Artist Alley cette année.

C’est un espace plus calme, presque atelier ouvert, où l’on retrouve le Comiccon dans sa source première : le dessin, la narration, le trait, l’univers créé à la main. Pour les amateurs de BD et de comics, cette partie vaut à elle seule le détour.

Star Wars, pirates et chasseurs de fantômes

À l’autre extrémité, changement d’ambiance : place aux villages immersifs. Le village Star Wars, en particulier, impressionne par son réalisme et son côté professionnel. Dark Vador, imposant, les Stormtroopers, les Mandaloriens, et d’autres personnages donnent aux visiteurs l’impression d’entrer dans une scène familière de la saga. Les costumes sont travaillés, les poses maîtrisées, et les acteurs se prêtent au jeu avec une constance admirable.

À proximité, un village de pirates proposait une autre forme d’immersion, plus théâtrale. Des personnages discutaient autour d’un banquet comme si le public n’existait pas, dans une sorte d’improvisation continue. On pouvait s’arrêter quelques minutes, observer, écouter, puis repartir vers une autre planète.

Jeux vidéo, escrime et activités pour tous

Il y avait aussi plusieurs espaces plus interactifs. On y retrouvait des jeux vidéo à essayer, notamment des expériences plus immersives ou orientées RPG médiéval, ainsi que des sections pour enfants. Des bornes d’arcade permettaient aussi de découvrir des jeux dans une ambiance plus libre.

Le Canadien de Montréal était également présent, ajoutant une touche locale à cette grande fête de la culture populaire. Plus loin, une zone permettait d’observer ou d’essayer des démonstrations de combat à l’épée et d’escrime, encadrées de manière sécuritaire. D’ailleurs le dimanche il y a eu une démonstration de techniques d’escrime olympique avec le Club Mont-Royal.

Une ouverture sous le signe du spectacle

Avant l’exploration du hall, la cérémonie d’ouverture donnait le ton du week-end. Avec une prestation d’artistes liés à ECHO du Cirque du Soleil, l’événement commençait sur une note enfantine, conviviale et spectaculaire. Le spectacle ECHO est d’ailleurs présenté à Montréal sous le Grand Chapiteau du Vieux-Port jusqu’au 16 août 2026.

Un événement qui fait du bien

Au final, le Comiccon de Montréal n’est pas seulement impressionnant par sa taille. Il l’est surtout par son atmosphère. Dans un monde souvent saturé d’écrans, de nouvelles anxiogènes et de fatigue collective, voir des milliers de personnes se rassembler autour de personnages, de jeux, de récits et de costumes a quelque chose de réconfortant.

On peut sourire devant un Stormtrooper, discuter avec un dessinateur, observer une partie de jeu de rôle, croiser une famille déguisée, prendre une photo avec Dark Vador, puis repartir avec un poster, une carte ou simplement un bon souvenir.

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