Vos vieux appareils contiennent de l’or, et des chercheurs savent maintenant comment l’extraire

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Ce vieux téléphone qui traîne dans votre tiroir vaut peut-être plus que vous ne le pensez. Des chercheurs de l’ETH Zurich ont mis au point une méthode surprenante pour extraire de l’or des déchets électroniques, et l’ingrédient secret vient directement d’une fromagerie.

Une éponge venue du fromage

Le professeur Raffaele Mezzenga et son équipe du département des sciences de la santé et de la technologie ont fabriqué une éponge ultra-légère à partir de nanofibrilles de protéines de lactosérum, un sous-produit courant de l’industrie laitière. Les protéines sont dénaturées à faible pH et haute température, puis précipitées et lyophilisées pour former un solide léger et poreux avec une surface extrêmement grande.

C’est cette porosité exceptionnelle qui rend le matériau si efficace : placée dans une solution de déchets électroniques, l’éponge absorbe 93 % de l’or tout en ne captant que moins de 10 % des autres métaux comme le cuivre, le plomb ou le nickel.

Le procédé, étape par étape

Les composants métalliques des vieux appareils sont d’abord dissous dans un bain acide pour ioniser les métaux. L’éponge est ensuite plongée dans cette solution, où les ions d’or s’y fixent avec une sélectivité bien supérieure aux autres métaux. L’éponge chargée est ensuite brûlée à plus de 1 000 degrés Celsius, et ce qui reste sont des pépites d’or d’une pureté de 91 %, soit 22 carats.

Lors de leurs tests, les chercheurs ont récupéré un lingot de 450 milligrammes d’or 22 carats à partir de 20 cartes mères d’ordinateur.

Rentable et écologique

La valeur de l’or récupéré est estimée à environ 50 fois supérieure au coût des matières premières et de l’énergie nécessaires au procédé. En comparaison avec les méthodes conventionnelles au charbon actif, l’aérogel de protéines nécessite environ trois fois moins de matière pour extraire la même quantité d’or, réduisant l’empreinte carbone du processus d’environ 25 %.

Le lactosérum utilisé pour fabriquer l’éponge est lui-même considéré comme un déchet peu valorisé. Comme le résume le professeur Mezzenga : transformer deux déchets en or, c’est difficile de faire plus durable que ça.

La suite : des téléphones, des micropuces et bien plus

L’équipe travaille maintenant à préparer cette technologie pour une commercialisation à grande échelle. Les sources potentielles ne se limitent pas aux cartes mères : les déchets industriels de la fabrication de micropuces et des procédés de dorure sont également dans leur mire. Des tests avec des téléphones mobiles ont déjà été concluants.

Pour les consommateurs canadiens qui accumulent de vieux appareils dans leurs tiroirs, cette technologie annonce peut-être une nouvelle ère pour le recyclage électronique : non plus une obligation environnementale, mais une véritable mine urbaine à portée de main.

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