La Banque du Canada surveille de près Bitcoin et ses semblables

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Mieux vaut tard que jamais? Difficile de ne pas penser à cette maxime en apprenant ce matin le changement de garde qui semble s’opérer à la banque centrale canadienne concernant le phénomène du Bitcoin.

«Il faut être conscient du risque que l’on prend en plaçant sa confiance dans un système de monnaie électronique peu réglementé et qui offre une protection limitée ou nulle aux utilisateurs.»

«La Banque du Canada suit de près les risques que présentent les nouvelles formes de monnaie électronique, sont mandat étant d’émettre la monnaie, de favoriser la stabilité financière et de surveiller les systèmes de paiement du pays», affirme la première sous-gouverneure Carolyn Wilkins par voie de communiqué.

Il s’agit en effet d’une position qui diverge de celle manifestée par le gouverneur Stephen Poloz en mai dernier, lors d’un témoignage devant le Comité sénatorial sur les banques. Ce dernier a laissé entendre que le cryptonuméraire en était encore à ses balbutiements, en soulignant du même souffle que les monnaies virtuelles n’avaient pas encore atteint le statut de «ce que l’on appelle de l’argent».

Selon Wilkins, il est important de faire la distinction entre les deux principales formes de monnaies électroniques : celle utilisée par les services de paiement en ligne comme PayPal (qui est représentée en devise canadienne), et la cryptomonnaie comme le Bitcoin, qui n’est pas libellée en monnaie nationale.

La sous-gouverneure a déclaré devant les étudiants de l’Université Wilfred Laurier à Waterloo : «Il faut être conscient du risque que l’on prend en plaçant sa confiance dans un système de monnaie électronique peu réglementé et qui offre une protection limitée ou nulle aux utilisateurs.»

Pas de panique

Bien que le niveau d’inquiétude face au Bitcoin semble avoir augmenté légèrement auprès de l’institution fédérale, Wilkins tente néanmoins d’être rassurante.

«Le phénomène de la monnaie électronique n’a pas atteint jusqu’ici une ampleur suffisante pour faire peser un risque appréciable sur la stabilité financière du Canada. Cela dit, la technologie en matière de monnaie et de paiements progresse à pas de géant, et c’est pourquoi la Banque du Canada suit la situation de près», a-t-elle ajouté.

La banque centrale canadienne a collaboré avec le gouvernement fédéral pour moderniser la supervision des paiements. Selon La Presse Canadienne, Wilkins craint que l’argent virtuel ne soit utilisé pour des activités criminelles, comme le terrorisme financier ou le blanchiment d’argent.

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