Samsung ne veut pas présenter ses lunettes intelligentes comme une simple caméra posée sur le nez. Dévoilées au Galaxy Unpacked de Londres, elles sont surtout pensées comme une extension mains libres du téléphone, de la montre et de Gemini. L’intérêt augmente donc à mesure que l’utilisateur possède déjà plusieurs appareils Galaxy.
Développées avec Google sur la plateforme Android XR, ces lunettes seront offertes dans des styles conçus avec Gentle Monster et Warby Parker. Samsung n’a toutefois annoncé ni prix, ni date précise de commercialisation, ni disponibilité confirmée au Canada.
Une caméra toujours prête
La caméra intégrée permet de prendre une photo ou d’enregistrer une vidéo depuis son propre point de vue, sans devoir sortir son téléphone. C’est probablement l’usage le plus facile à comprendre : lorsqu’un enfant fait quelque chose de drôle ou qu’une scène imprévue se produit, le moment peut être terminé avant même que le téléphone soit déverrouillé.
Avec les lunettes, la capture peut commencer presque immédiatement, puis le contenu peut rejoindre le téléphone Galaxy pour être consulté ou partagé. Samsung prévoit aussi une intégration avec Notes : les lunettes pourront photographier un tableau blanc ou une discussion de travail, puis organiser les informations importantes afin de les retrouver plus tard.
L’objectif n’est donc pas seulement de filmer davantage, mais de réduire le délai entre ce que l’on voit et ce que l’on veut conserver.

Montrer ce que l’on voit pendant un appel
Les lunettes peuvent également partager en direct le point de vue de leur utilisateur pendant un appel compatible. Les autres participants ne voient alors plus seulement son visage : ils peuvent observer ce qui se trouve devant lui.
Cette fonction pourrait servir à expliquer une recette, obtenir de l’aide pour réparer un objet, montrer une installation à un collègue ou guider quelqu’un à distance. Elle permet de garder les deux mains libres tout en donnant à l’interlocuteur une vue beaucoup plus utile qu’une caméra frontale traditionnelle.
Samsung précise cependant que le partage visuel dépendra de l’application, du service, du marché et des règles de consentement applicables. Les usages liés au travail et à l’enregistrement dans les lieux publics devront donc être encadrés clairement.
Gemini devient un assistant que l’on porte
La caméra, les microphones et les haut-parleurs donnent à Gemini accès au contexte entourant l’utilisateur. Il devient alors possible de poser une question sur ce que l’on regarde, demander son chemin, lancer une traduction en direct, résumer un long message ou faire lire une information à voix haute.
L’assistant peut aussi transmettre une action vers un autre appareil Galaxy. Une demande comme « lance un minuteur d’une heure » pourrait par exemple être envoyée à la montre ou au téléphone. La réponse et la tâche ne restent donc pas enfermées dans les lunettes : elles circulent dans l’écosystème selon l’appareil le mieux adapté.
C’est ici que la stratégie de Samsung se distingue. Le téléphone demeure le centre de l’expérience, la montre apporte des données et des commandes rapides, tandis que les lunettes voient et entendent ce qui se passe devant l’utilisateur.

La Galaxy Watch9 comme télécommande discrète
Samsung a présenté plusieurs commandes vocales, tactiles et gestuelles. Certaines actions peuvent être déclenchées depuis la monture, alors que les interactions gestuelles passent par la Galaxy Watch9.
Un double pincement des doigts peut servir à accepter un appel ou lancer une commande, tandis qu’une pression permet d’accéder rapidement à une fonction ou de déclencher une capture. L’idée est de ne pas avoir à chercher un bouton minuscule sur les lunettes ni à sortir constamment le téléphone.
Ces commandes devront néanmoins être confirmées dans les versions commerciales. Samsung indique déjà que leur disponibilité pourra varier selon les appareils Galaxy, les applications et la connexion réseau.
Neuf heures d’autonomie et deux approches du design
Les lunettes utilisent la plateforme Snapdragon AR1 Gen 1 de Qualcomm, conçue pour la capture, la diffusion en direct, les notifications et le traitement de fonctions d’IA dans un format compact. Samsung annonce jusqu’à neuf heures d’autonomie sur une charge, ainsi que sept recharges complètes supplémentaires avec l’étui.
Deux designs ont été montrés. Gentle Monster propose une monture noire fine et plus audacieuse, alors que Warby Parker mise sur une forme brune légèrement relevée, plus classique. Samsung promet aussi plusieurs couleurs et options de verres, mais les détails sur les verres correcteurs restent à préciser.

Un produit prometteur, mais encore incomplet
L’idée la plus intéressante n’est finalement pas la lunette prise seule, mais l’ensemble formé par les lunettes, la Galaxy Watch et le téléphone. La caméra capte l’instant, Gemini comprend le contexte, la montre sert de commande et le téléphone conserve ou partage le résultat.
Il reste cependant plusieurs inconnues importantes : le prix, la date de sortie, les pays servis, la qualité réelle de la caméra, le poids exact, les applications compatibles et les indicateurs de confidentialité pendant une capture. Samsung promet des contrôles et des mesures de sécurité clairs, mais il faudra attendre la version finale pour juger leur efficacité.
Pour l’instant, les lunettes intelligentes de Samsung représentent surtout une démonstration très concrète de la prochaine étape de Galaxy : un écosystème qui ne reste plus dans la poche, mais accompagne directement le regard.


