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Bertie the Brain: L’histoire oubliée du premier jeu vidéo

Par Daniel Carosella – le dans Guides, Jeux vidéo

Si les jeux vidéo d’aujourd’hui défient la réalité, il n’en a pas toujours été ainsi. En fait, bien avant l’époque du 8 bits, le jeu vidéo n’existait que sous la forme d’immenses machines calculant des probabilités risibles aujourd’hui. Or, alors qu’on pense à Table for Two, Spacewar! ou même à Pong comme premiers jeux vidéo, plusieurs ont oublié le cerveau artificiel ayant fait office de premier jeu de l’histoire généré par un ordinateur. Voici le récit de Bertie the Brain.

Fuir la guerre pour développer des tubes

Josef Kates
The Wall Street Journal

En 1950, le monde panse encore ses plaies suite à la dévastatrice Seconde Guerre mondiale. Alors que l’industrie militaire a occupé une place prédominante pendant près d’un siècle, la période ayant suivi la Deuxième Guerre mondiale fait place à d’autres industries aux vertus plus pacifistes. Parmi elles, le secteur des technologies effectue des pas de géant grâce au brio de nombreux chercheurs.

Au Canada, l’ingénieur Josef Kates, qui a fui la guerre depuis son Autriche natale, se donne le mandat de révolutionner l’industrie informatique. Après quelques années à travailler pour la marine royale canadienne, Kates se spécialise dans la conception de tubes à haute densité pour Rogers Vaccuum Tube Company puis l’Université de Toronto. À cet effet, l’ingénieur se joint à d’autres scientifiques afin de bâtir UTEC, le premier modèle d’ordinateur fabriqué au Canada.

Du tic-tac-toe révolutionnaire

Bertie the Brain
Spacing Magazine

En 1950, Kates annonce aux organisateurs du Canadian National Exhibition qu’il a un nouveau projet d’envergure à démontrer dans le cadre de l’exposition. Au cours des préparatifs de l’événement, le scientifique se présente avec une énorme machine de 13 pieds de haut. Alors que plusieurs croient qu’il s’agit d’un nouveau modèle d’ordinateur, le concepteur déclare qu’il s’agit ni plus ni moins d’une machine de jeu capable d’interagir avec des humains lors de parties de tic-tac-toe.

Bien que cette technologie soit plus qu’obsolète aujourd’hui, elle est révolutionnaire pour l’époque. En effet, jusque là, à peine quelques programmes informatiques capables d’analyser des algorithmes sur un échiquier avaient été développés, et ce, pour un usage restreint. La machine de Kates propose ni plus ni moins que d’offrir aux gens la possibilité de jouer et confronter une intelligence artificielle d’un ordinateur à l’extérieur d’un laboratoire !

Ceci dit, l’objectif de Kates n’est pas de divertir le public. En effet, il compte sur l’exposition pour démontrer un tube de sa création intégré dans sa machine. Ce dernier serait capable d’effectuer les mêmes actions que plusieurs tubes à électrons, remplaçant du même coup la fabrication et le montage de ceux-ci.

Un public intrigué et au rendez-vous !

Bertie the Brain
ArtsandCulture.Google.com

Si les explications du tube créé par l’ingénieur attirent de potentiels acheteurs, ce n’est rien comparativement à l’engouement généré par sa machine. Sur le plancher de l’exposition, des files se créent afin de défier au tic-tac-toe celle qu’on a baptisée Bertie the Brain.

Lorsqu’un nouveau compétiteur s’approche de la machine, Kates et son équipe lui expliquent le fonctionnement rudimentaire de Bertie. Sur une grille divisée en neuf carrés, le joueur devait sélectionner la position de son prochain O, le X étant réservé pour l’intelligence artificielle. Puis, le X ou le O choisi s’illuminait tant sur la grille que sur un diagramme de la même forme présent sur la machine. Bertie effectuait son mouvement quelques secondes après celui de son compétiteur humain et différents modes de difficulté pouvaient être appliqués. À droite, un pavé s’illuminait lorsque la machine ou l’humain remportait la partie.

Même si la Bertie pouvait être battue, le défi était de taille. En effet, cette dernière anticipait les coups de ses adversaires et rendait certaines parties impossibles, notamment aux niveaux de difficulté plus élevés. Lorsqu’il le pouvait, Kates demeurait à côté de son invention et diminuait son niveau lors de ses pauses afin que les enfants puissent s’y amuser sans déclencher des crises de colère !

La machine oubliée et les regrets d’un inventeur

Malgré l’attrait envers la machine, Bertie n’a pas survécu à l’exposition. Le 9 septembre 1950, lors de la dernière journée de l’événement, la machine fut démontée. Travaillant sur une multitude de projets en même temps, Kates n’avait ni le temps ni l’énergie de garder Bertie ou, du moins, certaines de ses pièces. Ainsi, même si des centaines de curieux ont défié Bertie et que le magazine Life lui a consacré un article, la grosse boîte de métal fut rapidement oubliée. Encore aujourd’hui, ce ne sont pas tous les livres d’histoire qui mentionnent Bertie the Brain au sein de leurs pages.

Des décennies plus tard, Kates a mentionné qu’il avait des regrets concernant sa grosse Bertie. En outre, il aurait aimé en conserver des parties pour que sa machine ait la place qu’elle mérite dans l’histoire. De plus, ses tubes n’ont pas eu l’effet escompté lors de l’exposition. Certes, le public a eu du plaisir avec la machine, mais l’attrait pour les tubes n’a pas été au rendez-vous. Des problèmes liés aux brevets ont également retardé l’approbation et la commercialisation des tubes, si bien que lorsque le marché américain s’est ouvert pour Kates, il était trop tard. Le plus puissant transistor venait d’être créé, rendant la technologie de l’ingénieur obsolète et totalement inintéressante. Ressusciter Bertie ou même un ordinateur exploitant les tubes de l’ingénieur devenait alors illogique, voire impossible.

Après la démonstration de Bertie et l’échec de la commercialisation de ses tubes, Kates n’a plus retravaillé sur des tubes ou des jeux. Il s’est plutôt contenté de mener une brillante carrière d’ingénieur, automatisant notamment le système de contrôle du trafic à Toronto et développant des diagrammes afin de réduire la congestion routière.

Malgré tout, jusqu’à son décès en 2018, Yates aura conservé de bons souvenirs de Bertie the Brain, contrairement à bien des historiens ne lui ayant pas fait les mentions nécessaires dans les livres sur l’histoire du jeu vidéo !

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Daniel Carosella

Passionné de jeux vidéo depuis une trentaine d'années, Daniel est chroniqueur en jeux vidéo depuis plus de 21 ans. Il a commencé sur Quebec64 puis sur JeuXpress.ca avant de devenir rédacteur en chef de HardGamers.com jusqu'à la fermeture du portail. Depuis 2010, il collabore au magazine AffairesDeGars en tant que chroniqueur, en plus de participer au podcast Réalité Augmentée.Diplômé en criminologie, Daniel est aussi intervenant psychosocial dans la vie de tous les jours. S'il est conscient qu'il ne peut sauver le monde, il essaie tout de même d'aider le maximum de personnes entre deux parties de jeux vidéo !