Faut-il démanteler le « cartel » du mobile au Canada ? (Spoiler : C’est plus compliqué)

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C’est l’éternel débat du souper de famille : pourquoi payons-nous si cher pour notre cellulaire ? Sur les forums spécialisés, la question du démantèlement des « Trois Grands » (Bell, Rogers, Telus) a refait surface cette semaine.

Mais surprise : pour la première fois, le ton a changé. De nombreux utilisateurs affirment que le marché a commencé à s’autoréguler et que les prix sont, contre toute attente, en chute libre.

Le mythe des prix qui montent

Si la perception générale est que les factures explosent, la réalité partagée par les passionnés de tech sur r/planhub est toute autre. Plusieurs utilisateurs notent le contraste frappant : il y a cinq ans, payer 60 $pour 1 Go de données était la norme. Aujourd’hui, les forfaits de 50 Go (avec itinérance US incluse !) se trouvent facilement autour de 34$.

Le consensus de la communauté est clair : l’arrivée de Vidéotron sur la scène nationale (via l’acquisition de Freedom Mobile) a forcé les géants à réagir. Ce n’est pas une loi gouvernementale qui a fissuré l’oligopole, c’est la simple peur de perdre des parts de marché au profit d’un quatrième joueur agressif.

L’illusion de la facture à 100 $

Un point crucial soulevé dans la discussion est la confusion entre le prix du service et le coût du matériel. « Vous vous faites avoir quand vous financez un téléphone », résume brutalement un utilisateur.

Beaucoup de consommateurs pestent contre une facture mensuelle à trois chiffres, oubliant qu’elle inclut souvent le remboursement mensuel d’un iPhone ou d’un Samsung à 1500 $. La solution prônée par les experts du forum ? Achetez votre appareil (même un modèle de l’an passé) et profitez des offres « Apportez votre appareil » (BYOD) qui sont à des niveaux historiquement bas.

Pourquoi « tout casser » ne marcherait pas

L’argument géographique revient aussi en force pour défendre (partiellement) le statu quo. Le Canada n’est pas l’Europe : couvrir un territoire aussi vaste avec une densité de population si faible coûte des milliards en infrastructures.

Forcer l’entrée de dizaines de petits concurrents est séduisant sur papier, mais comme le soulignent certains analystes amateurs, personne ne va construire de nouvelles antennes en région éloignée si ce n’est pas rentable. L’équilibre actuel, bien qu’imparfait, garantit une couverture nationale et une vitesse 5G que peu de pays d’une telle superficie parviennent à offrir.


💡 Le saviez-vous ?

  • Oligopole vs Monopole : On parle souvent de « monopole » pour les télécoms canadiens, mais le terme exact est oligopole. Cela désigne un marché dominé par un petit nombre de vendeurs (Bell, Rogers, Telus), ce qui réduit la concurrence sans toutefois l’éliminer totalement.
  • Le spectre coûte cher : Pour opérer un réseau, il faut acheter des ondes (le spectre). Au Canada, les enchères pour ces ondes sont parmi les plus coûteuses au monde, une dépense que les opérateurs refilent ensuite… sur votre facture.
  • L’effet SaskTel : Historiquement, les forfaits ont toujours été moins chers en Saskatchewan. Pourquoi ? La présence de SaskTel, une société de la Couronne provinciale, forçait les concurrents privés à baisser leurs prix pour rester compétitifs. Vidéotron joue désormais ce rôle à l’échelle nationale.

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