Plaintes record, cartes floues: le Canada veut enfin aligner les promesses télécom avec la réalité

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On a parfois l’impression que le monde des télécoms au Canada fonctionne sur un principe simple: tu paies, tu espères, puis tu passes 45 minutes au clavardage. Sauf que là, on a deux signaux qui clignotent en même temps. D’un côté, les plaintes explosent. De l’autre, le CRTC admet implicitement un truc que tout le monde sait déjà: les cartes de couverture mobile “marketing” ne racontent pas toujours la vraie vie.

Record de plaintes: la frustration est mesurable
Selon le plus récent rapport annuel de la CCTS (l’organisme qui gère les plaintes quand tu n’arrives plus à régler ça avec ton fournisseur), 23 647 plaintes ont été acceptées sur la période 2024-2025, une hausse de 17%. La facturation reste le gros nerf de la guerre: les enjeux liés à la facturation montent encore, et le sans-fil représente plus de la moitié des problèmes soulevés. Dans les “grands” groupes, Rogers (incluant Shaw) arrive avec la plus grande proportion de plaintes acceptées, suivi de TELUS puis Bell, et TELUS affiche aussi la plus forte augmentation parmi les trois.

L’autre moitié du problème: “la couverture” qu’on croit acheter
Quand tu signes un forfait, tu n’achètes pas juste un prix. Tu achètes une promesse: “ça va pogner chez vous, sur la route, au chalet”. Or, le CRTC vient justement de lancer une consultation publique pour améliorer la façon dont la couverture cellulaire est mesurée et rapportée, parce qu’actuellement, les données et cartes peuvent être très théoriques et ne pas refléter l’expérience réelle, surtout en régions ou terrain difficile. La date limite pour commenter est le 16 mars 2026, et tu peux participer via formulaire en ligne (ou à l’ancienne, courrier/fax, parce que oui, on est au Canada).

Dans la proposition discutée (Telecom Notice 2026-9), l’idée est d’aller vers un standard plus “preuve et terrain”, avec des niveaux de service plus stricts (ex: urgence, “basique”, “avancé”) plutôt que des cartes flatteuses difficiles à comparer d’un fournisseur à l’autre.

Pourquoi ces deux nouvelles sont liées
Une plainte, ce n’est pas juste “j’aime pas mon fournisseur”. Souvent, c’est un décalage entre ce qui a été promis et ce qui est livré: frais inattendus, rabais qui disparaissent, conditions qui changent, service instable, couverture “ok sur la carte” mais inutilisable dans la vraie vie. Si les cartes de couverture deviennent plus fiables et comparables, tu réduis une partie du flou au moment de choisir. Et moins de flou, ça veut dire moins de mauvaises surprises, donc potentiellement moins de plaintes qui finissent à la CCTS.

Ce que tu peux faire maintenant (sans devenir juriste)

  1. Avant de changer de forfait, teste la couverture là où tu vis vraiment: maison, travail, trajets. Fais des tests à différentes heures, et garde les captures d’écran.
  2. Quand ça dérape, documente: dates, montants, conversations, numéros de billet, screenshots. Ça pèse lourd quand tu escalades.
  3. Escalade proprement: fournisseur d’abord, puis CCTS si ça bloque. La CCTS existe justement pour ça.
  4. Participe à la consultation si tu vis en zone mal desservie: plus il y a d’exemples concrets au dossier public, plus c’est dur d’ignorer le problème.

Au final, ce qu’on veut, c’est simple: que “ça capte” ne soit pas une croyance religieuse. Entre les plaintes record et la consultation sur les cartes, 2026 commence avec un rare moment de réalisme réglementaire. On va prendre ça, tant que ça dure.

💡 Saviez-vous que…

La CCTS n’est pas un tribunal, mais ses stats sont une des seules “radiographies” publiques de la frustration télécom au Canada, parce qu’elle ne compte que les dossiers acceptés (donc pas juste des rants). Et côté couverture mobile, la plupart des cartes montrées par les fournisseurs reposent surtout sur des modèles de propagation radio (théorie + données réseau), pas sur des tests partout, tout le temps. Résultat: deux maisons voisines peuvent vivre deux réalités différentes à cause des matériaux, du relief, des arbres, ou même de la congestion à certaines heures. C’est exactement ce genre d’écart entre “promesse” et “usage réel” que le CRTC veut mieux encadrer avec sa consultation sur la couverture.

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