L’arrivée de la Switch 2 sur le marché s’accompagne inévitablement d’une question cruciale : jusqu’où cette console peut-elle vraiment aller techniquement ? On a déjà vu des portages impressionnants comme Cyberpunk 2077 ou Hogwarts Legacy servir de références. Maintenant, c’est au tour d’Assassin’s Creed Shadows de passer le test.
L’aventure de Naoe et Yasuke représente un défi particulier. D’un point de vue technique, c’est l’un des jeux en monde ouvert les plus exigeants du moment. Sur PC avec de bonnes spécifications, le jeu est magnifique. Sur PS5 et Xbox Series X, il tient largement la route. Mais sur Switch 2, une console évidemment moins puissante, qu’est-ce que ça donne ?
Chez Branchez-vous, on a passé plusieurs heures à explorer le Japon féodal sur Switch 2. On remercie d’ailleurs Ubisoft de nous avoir fourni un code pour réaliser ce test technique. La réponse à la question est : oui, le jeu fonctionne. Avec des compromis, bien sûr. Mais le résultat final est franchement convaincant.

Avant d’aller plus loin, précisons qu’on ne va pas revenir sur les mécaniques de jeu ou le gameplay général. Pour ça, vous pouvez consulter notre test complet d’Assassin’s Creed Shadows. Ici, on va se concentrer uniquement sur les aspects techniques de la version Switch 2.
Le même jeu, vraiment ?
Première question importante : est-ce vraiment le même jeu que sur les autres plateformes ? La réponse est oui. Tout le contenu est identique. Les missions, les menus, le développement de l’histoire… absolument tout est là. Vous pouvez même utiliser Ubisoft Connect pour importer votre sauvegarde d’autres systèmes et conserver votre progression, vos objets, vos armures.
Au moment de notre test, le patch pour les voix françaises n’était pas encore disponible. Le jeu proposait uniquement l’anglais et le japonais. Mais le patch est arrivé le 2 décembre, donc ce n’est plus un problème maintenant.

L’expansion Les Griffes de Awaji ne sera disponible qu’en janvier. Vous n’avez donc pas encore accès à certains contenus mais tout le reste du jeu est bien là.
Maintenant, parlons de quelque chose qui va en embêter certains : le jeu arrive en format Game Key Card, même si vous l’achetez en version physique. Vous devez obligatoirement le télécharger. Et il pèse environ 65 Go.
La justification d’Ubisoft, c’est que le flux de données est plus efficace comme ça que si le jeu lisait directement depuis la cartouche. Ça garantit une expérience moins saccadée. Et en toute honnêteté, il faut reconnaître que les temps de chargement sont vraiment courts. Quelques secondes à peine, ce qui est impressionnant comparé aux précédents Assassin’s Creed.
Le stockage UFS 3.1 de la Switch 2 n’a franchement pas à rougir face aux SSD de la PS5 ou de la Xbox Series X sur ce point.
Performances : 30 fps mais stable
Une fois en jeu, qu’est-ce que ça donne techniquement ? Que ce soit en mode docké ou portable, Shadows tourne à 30 images par seconde. Ubisoft n’a pas précisé la résolution native atteinte. Elle est évidemment inférieure aux autres versions, mais le résultat est très convaincant même en mode docké sur une télévision de 65 pouces, où on a fait nos tests.
Le jeu utilise le DLSS pour améliorer le niveau de détail final grâce à l’intelligence artificielle. Il y a aussi la compatibilité HDR et VRR, même si cette dernière fonctionnalité perd un peu de son intérêt à 30 images par seconde.

Après avoir passé beaucoup de temps sur le jeu, on peut tirer plusieurs conclusions. D’abord, le niveau de détail atteint est vraiment remarquable sans que le framerate ne s’effondre. Quand on arrive dans les villes, on voit les mêmes bâtiments, les mêmes objets, les animaux qui se promènent, presque la même quantité de gens qui marchent dans les rues.
C’est pareil dans les zones remplies d’arbres et de végétation. Par moments, il devient vraiment difficile de distinguer cette version des autres. La démonstration la plus frappante, c’est lorsqu’on se synchronise sur un point de vue. La caméra tourne avec une fluidité surprenante, et le paysage est détaillé jusqu’à l’horizon.
Les panoramas, c’est souvent là où les problèmes de performance se font le plus sentir dans ce genre de jeux. Ici, ça tient remarquablement bien.
Les compromis nécessaires
Alors, où sont les sacrifices ? D’abord, il y a le framerate qu’on a déjà mentionné. 30 images par seconde, ce n’est pas la fin du monde pour un jeu d’aventure. Mais le problème, c’est que cette cible n’est pas toujours atteinte. Dans les zones plus peuplées, le framerate baisse. Ce n’est pas injouable, loin de là. Mais il y a des moments où la fluidité laisse à désirer.
L’éclairage est un autre élément qui a été revu à la baisse. Au lieu du ray tracing, on a ici une illumination globale. C’est efficace, mais ça fait que les ombres semblent plus lavées, moins précises. La différence est visible si on compare directement avec les versions PS5 ou Xbox Series X.

Il y a aussi d’autres détails mineurs. Le niveau de détail dans les cheveux de certains personnages est réduit. Certains visages sont moins détaillés. Le mouvement du feuillage quand on regarde de près est moins naturel. Par contre, la simulation des vêtements reste intacte, ce qui est appréciable.
En termes objectifs, le résultat technique de cette version est très satisfaisant. Par moments, c’est même surprenant de voir ce que la Switch 2 arrive à faire.
Mode docké fortement recommandé
Maintenant, il faut être honnête : le jeu est beaucoup plus recommandable en mode docké. En mode portable, l’image devient plus floue. L’expérience n’est pas aussi agréable. C’est là qu’on voit vraiment les limites du portage. Les défauts deviennent plus visibles sur le petit écran.
Bien sûr, les autres versions sont supérieures. Certains vont se demander pourquoi jouer sur Switch 2 si les autres plateformes offrent mieux. Mais si on inverse la question – « Je viens d’acheter une Switch 2 et je veux un bon jeu en monde ouvert » – alors Shadows est un choix très sensé.
Les fonctionnalités spécifiques à la Switch 2
Au niveau des fonctionnalités propres à la Switch 2, on peut utiliser l’écran tactile pour naviguer dans les menus. Mais il n’y a rien de vraiment sophistiqué comme des contrôles gyroscopiques avancés ou une utilisation poussée du tactile.

Un détail amusant : quand on lance le jeu, on accède à l’Animus Hub qui affiche les autres jeux Assassin’s Creed comme Valhalla ou Origins. Mais cette fonctionnalité est complètement inutile parce que ces jeux ne sont pas disponibles sur Switch 2. C’est juste l’interface qui a été portée telle quelle.
Par contre, toutes les nouveautés qui sont arrivées pour le jeu original sont là. La Nouvelle Partie+ est disponible dès le début. Vous avez donc une quantité énorme d’heures de jeu devant vous.
Les paysages japonais qui impressionnent
Parlons maintenant de l’aspect visuel global. Le Japon féodal recréé par Ubisoft reste magnifique sur Switch 2. Les paysages naturels, les forêts de bambous, les rizières, les temples… tout ça conserve son identité visuelle.
Quand on se promène dans la campagne japonaise, on profite vraiment de ces vues à couper le souffle. Les couchers de soleil sur les collines, les cerisiers en fleurs, la brume matinale dans les vallées… l’ambiance est préservée malgré les limitations techniques.
Les villes sont également impressionnantes. Kyoto grouille de vie avec ses marchands, ses habitants qui vaquent à leurs occupations. L’architecture japonaise est fidèlement représentée. Les temples bouddhistes, les sanctuaires shinto, les maisons traditionnelles… le niveau de détail reste convaincant.
C’est particulièrement frappant la nuit. Les lanternes qui éclairent les rues, les intérieurs chaleureux des maisons, les feux de camp… malgré l’éclairage moins sophistiqué que sur les autres plateformes, l’atmosphère fonctionne toujours.
Le gameplay préservé
Ce qui compte vraiment, c’est que le gameplay reste intact. Naoe, l’assassine agile qui privilégie la discrétion, joue exactement comme sur les autres versions. Ses mouvements fluides, sa capacité à grimper et à se déplacer furtivement… tout est là.
Yasuke, le samouraï puissant qui fonce dans le tas, conserve également toute sa force. Les combats au katana restent satisfaisants. Quand vous enchaînez les coups et que vous éliminez plusieurs ennemis d’affilée, c’est toujours aussi plaisant.

Le passage entre les deux personnages fonctionne parfaitement. Vous pouvez changer de protagoniste selon la situation. Une mission d’infiltration ? Prenez Naoe. Un assaut frontal ? Yasuke est votre homme.
La durée de vie complète
Comme on l’a mentionné, vous avez accès à tout le contenu du jeu de base. Toutes les missions principales, toutes les quêtes secondaires, toutes les activités annexes. Si vous voulez terminer le jeu à 100%, vous avez facilement 60 à 80 heures de jeu devant vous.
Le monde ouvert d’Assassin’s Creed Shadows est vaste. Il y a énormément de choses à découvrir. Des sanctuaires cachés, des trésors à trouver, des défis à relever. Vous ne manquerez pas d’activités.
Et avec la Nouvelle Partie+ disponible, vous pouvez recommencer l’aventure avec tout votre équipement. C’est parfait pour ceux qui veulent revivre l’histoire avec des choix différents ou simplement profiter du gameplay avec tous les outils débloqués.
Le verdict : un portage réussi avec des limites attendues
Assassin’s Creed Shadows sur Switch 2 est un portage impressionnant. Ubisoft a fait un vrai travail pour amener ce jeu techniquement exigeant sur une console portable. Le résultat n’est pas parfait, mais il est bien meilleur qu’on aurait pu le craindre.
Les compromis sont là. Le framerate à 30 images par seconde qui baisse parfois, l’éclairage moins sophistiqué, quelques détails visuels réduits. Mais dans l’ensemble, le jeu reste très jouable et visuellement plaisant.
Si vous possédez une PS5 ou une Xbox Series X, ces versions resteront supérieures. Pas de surprise là-dessus. Mais si la Switch 2 est votre console principale, ou si vous voulez pouvoir jouer à Assassin’s Creed en déplacement, cette version fait parfaitement le travail.
Le mode docké est vraiment recommandé pour profiter pleinement de l’expérience. En portable, les limites se font plus sentir. Mais même là, le jeu reste fonctionnel.
Au final, c’est exactement ce qu’on attendait d’un portage Switch 2 : un jeu complet, techniquement adapté aux capacités de la console, avec des sacrifices mesurés qui n’empêchent pas de profiter de l’aventure.



