Vainqueur aux Game Awards, Clair Obscur Expedition 33 a marqué les esprits par son système de combat au tour-par-tour et son univers onirique, évoquant immédiatement les grands JRPG japonais. Pourtant, son directeur créatif, Guillaume Broche, tient à rectifier le tir : son jeu n’est pas un « JRPG », mais l’ambassadeur d’un nouveau courant qu’il baptise lui-même le « FRPG » (French Role-Playing Game).
Une inspiration assumée, mais un désir de différence
Dans un entretien, Broche explique que si l’équipe de Sandfall Interactive est inspirée par des séries comme Final Fantasy, elle n’a jamais eu l’intention d’imiter le style japonais. « Beaucoup d’équipes occidentales font appel à des Japonais pour le design ou la musique… Nous, nous n’avions aucune intention de faire cela », affirme-t-il. Leur vision était claire : s’inspirer du gameplay des JRPG, mais pour créer quelque chose de résolument français, avec sa propre esthétique, sa narration et sa culture.
La naissance d’un mouvement français
Le succès retentissant du jeu semble avoir fait des émules. Selon Broche, de nombreux studios français cherchent désormais à créer leurs propres jeux de rôle, puisant dans le folklore, l’histoire et la culture nationale plutôt que de copier des canevas nippons. Clair Obscur Expedition 33 pourrait ainsi être le premier jalon d’une tendance plus large, à l’image de ce qu’ont pu être Dragon Quest ou Final Fantasy pour le Japon dans les années 80.
Avec cette position, Sandfall Interactive ne se contente pas de livrer un excellent jeu. Elle ouvre une voie et lance un défi à l’industrie française : créer des RPG qui portent une identité propre, sans complexe par rapport aux modèles établis. Un pari réussi qui pourrait bien inspirer une nouvelle génération de créateurs.



