Dragon Quest VII Reimagined: Un classique honorable sans révolution

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Square Enix a décidé de redonner vie à Dragon Quest VII avec cette version Reimagined. L’objectif est clair : rendre l’expérience plus accessible et plus fluide sans trahir l’œuvre originale. On parle d’une histoire plus concise, d’une narration retravaillée pour être mieux rythmée, et d’un nouveau parti pris artistique.

Ici, on ne retrouve pas un simple lissage HD. Le jeu adopte un style visuel inspiré du diorama, avec des environnements qui donnent l’impression d’avoir été façonnés à la main. Les personnages et les décors ont été repensés pour offrir plus de relief, tout en respectant l’identité de la saga et le character design hérité d’Akira Toriyama.

Chez Branchez-vous, on a passé près de 45 heures sur Dragon Quest VII: Reimagined, et on remercie Square Enix de nous avoir fourni un code pour ce test. Le jeu sortira le 5 février sur Nintendo Switch, PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC.

Alors, cette nouvelle version mérite-t-elle votre attention ? Embarquez avec nous pour un voyage entre passé et présent.

Une structure narrative fragmentée mais cohérente

Dragon Quest VII: Reimagined reprend exactement l’histoire du jeu original. Vous incarnez un jeune héros vivant sur une île qui semble être, au départ, la seule île existante au monde. Très vite, avec vos compagnons, vous découvrez l’existence de mystérieuses tablettes anciennes. En les reconstituant, elles permettent d’ouvrir l’accès à d’autres îles, mais dans le passé.

Le principe est simple : vous voyagez dans le passé de ces îles, vous découvrez leurs habitants, leurs conflits, leurs problèmes. Votre objectif est de résoudre ces situations. Une fois de retour dans le présent, vous constatez les conséquences directes de vos actions. L’île a changé, évolué, parfois de manière positive, parfois de façon plus nuancée.

Sur le papier, l’idée est intéressante et elle fonctionne plutôt bien. La narration dans cette version Reimagined se veut plus fluide, plus accessible. Mais malgré ça, on sent clairement que la manière de raconter l’histoire reste datée. Le jeu trahit son âge dans son rythme, dans ses dialogues, et parfois même dans son ton qui peut sembler un peu enfantin.

Pour ceux qui découvrent Dragon Quest VII pour la première fois, la structure très fragmentée du récit peut troubler. Le fait de devoir constamment repasser par un hub pour voyager entre le passé et le présent donne l’impression de vivre l’aventure par blocs, presque comme une succession de niveaux.

Il y a bien un fil conducteur principal, mais on a parfois le sentiment que les différentes histoires des îles viennent simplement se greffer autour sans forcément le nourrir en profondeur. Certaines îles proposent des récits marquants, avec des retournements de situation qui relancent l’intérêt. Mais d’autres îles sont beaucoup moins mémorables.

L’histoire reste très simple à suivre. Le jeu n’exige pas une concentration permanente : tout est expliqué de manière claire, directe, sans zones d’ombre. C’est une narration qui rappelle beaucoup l’esprit des premiers Dragon Quest, avec une approche très classique du récit et des thèmes.

Le cœur de l’aventure repose sur cette quête permanente des tablettes, cet aller-retour constant entre passé et présent. Un concept qui fonctionne, mais qui peut finir par lasser sur la durée, surtout quand vous enchaînez des îles dont les histoires sont moins engageantes.

Dragon Quest VII: Reimagined ne propose pas un scénario particulièrement poussé ou complexe. Mais si vous cherchez une histoire simple, lisible, sans prise de tête, le jeu répond clairement à cette attente. On sent l’âge du titre, mais la narration reste cohérente et fidèle à l’ADN de la saga.

Un gameplay classique mais efficace

Du côté du gameplay, Dragon Quest VII: Reimagined reste très fidèle à ce que proposait le jeu d’origine. Les îles que vous visitez sont globalement assez petites, et la carte du monde reste très simpliste. Il n’y a pas grand-chose à faire dessus : vous vous déplacez surtout d’un point à un autre, sans véritable activité annexe ou exploration poussée.

Les donjons reprennent une structure très classique, proche des premiers Dragon Quest. On retrouve souvent le même schéma : avancer, affronter des ennemis, trouver le bon chemin, récupérer des trésors, puis ressortir. C’est efficace, mais clairement répétitif sur la durée.

Le jeu introduit parfois des petits puzzles et mini-jeux qui cassent cette routine. Par exemple, certains passages demandent de déplacer des blocs ou des boules de glace. D’autres reposent sur des jeux de lumière où il faut orienter des statues pour concentrer un faisceau lumineux. Ce sont de bonnes idées qui demandent un minimum de réflexion, même si ça reste simple.

Point important : les ennemis sont visibles sur le terrain. C’est clairement appréciable. Vous pouvez les éviter, les contourner, les esquiver quand il y en a trop. Ça change beaucoup par rapport aux anciens Dragon Quest à combats aléatoires.

Les combats eux-mêmes sont du tour par tour très classique et surtout très simple. Il n’y a pas de mécanique compliquée : vous attaquez, vous lancez des sorts, vous soignez, et vous recommencez. Le système fonctionne, mais il ne surprend jamais.

Le système de vocations au cœur du gameplay

Le cœur du gameplay repose sur le système de vocations. Chaque personnage peut changer de vocation : guerrier, mage, berger, et bien d’autres. Certaines classes sont cachées au départ et se débloquent en maîtrisant plusieurs vocations spécifiques. Cette possibilité arrive après environ dix heures de jeu.

Changer de vocation fait repartir les compétences de cette vocation à zéro. Il faut donc la faire monter à nouveau pour débloquer ses capacités. C’est ce qui pousse à expérimenter. On recommande vraiment de changer régulièrement, parce que sinon la boucle de gameplay devient très répétitive.

L’équipe est généralement composée de quatre personnages, même si par moments vous n’en contrôlerez que trois, ou parfois quatre avec un personnage invité non-contrôlable qui apporte un soutien en combat.

Il existe aussi un système de transformation propre à chaque vocation. Il permet d’activer des compétences spéciales temporaires : protéger un allié pendant un tour, optimiser les dégâts magiques, renforcer certaines statistiques. Chaque vocation possède ses propres effets, ce qui ajoute un petit plus sans révolutionner les combats.

Une difficulté modulable à souhait

Concernant la difficulté, le jeu propose une large palette d’options. Vous pouvez choisir un mode très facile, activer des bonus d’expérience, réduire les dégâts des ennemis, voire désactiver complètement leurs attaques.

Le mode facile est beaucoup trop permissif. Vous roulez sur les ennemis sans réfléchir. Le mode normal offre un bon équilibre : ni trop simple, ni trop punitif. Vous n’aurez quasiment jamais besoin de farmer. Les seuls vrais pics de difficulté se situent lors des combats de boss, qui demandent un minimum de préparation.

À noter qu’il est possible d’attaquer un ennemi avant de lancer un combat. Si votre niveau est bien supérieur, l’ennemi est éliminé instantanément et vous récupérez les récompenses. Dans la pratique, ce système se déclenche assez rarement.

Les boss sont clairement les moments les plus intéressants. Ils demandent une vraie réflexion sur l’équipement, les accessoires et les compétences passives. Certains accessoires offrent plus de PV, d’agilité, des soins automatiques. À ce niveau, le jeu propose des options intéressantes.

Il y a une grande variété d’ennemis, même si vous retrouverez parfois les mêmes types sur plusieurs îles différentes. Certaines zones auraient mérité des ennemis vraiment uniques liés uniquement à leur île.

En résumé, le gameplay est agréable mais très classique. Il fonctionne, il est accessible, mais il ne cherche jamais à se renouveler. On est face à un jeu en tour par tour simple et efficace, qui montre clairement qu’il appartient à une autre époque.

Une direction artistique style diorama

Sur le plan visuel, Dragon Quest VII: Reimagined adopte une direction artistique singulière. Plutôt que d’aller vers un style HD-2D comme Dragon Quest III HD-2D, Square Enix a choisi une approche qu’on pourrait appeler « style diorama », avec une esthétique artisanale et chaleureuse.

Pour les personnages principaux, l’équipe a fabriqué de vraies poupées physiques, puis les a scannées pour en faire des modèles 3D. Cela donne à ces personnages un rendu presque tactile, avec des textures qui rappellent des figurines ou des maquettes réalistes.

Les environnements, les villages et les donjons ont été pensés dans ce même esprit de diorama miniature. Tout le monde a ce sentiment d’évoluer dans un univers assemblé comme un décor de jouet. Les décors ne sont pas photoréalistes, ni impressionnants techniquement, mais ils ont ce côté chaleureux.

Ce style visuel fonctionne, même s’il n’est pas impressionnant au sens graphique moderne. Dans le présent, les îles se ressemblent un peu toutes. Les villages sont petits et manquent parfois de vie. On ne sent pas toujours une réelle densité.

En revanche, quand vous voyagez dans le passé, ces endroits reflètent vraiment la situation des habitants, leurs difficultés. Ça donne une texture émotionnelle à ces mondes qu’on ne retrouve pas toujours dans le présent. On sent l’impact des histoires, même si ça reste simple.

Sur le character design, ce style peut ne pas plaire à tout le monde. Certains personnages sortent du lot d’une manière presque caricaturale. Mais globalement, ça colle à l’esprit de l’aventure, presque enfantin par moments.

Les cinématiques sont très belles et bien animées. Elles apportent une vraie plus-value à l’histoire, surtout dans les moments marquants. Elles ont leur propre charme et enrichissent vraiment l’expérience.

Dragon Quest VII: Reimagined est visuellement plaisant, avec une identité artistique forte et unique. Mais ce n’est pas une claque technique. C’est un style qui sert l’aventure et l’ambiance, mais il reste simple, parfois répétitif, et montre que malgré sa modernisation, le jeu garde quelque chose d’un peu daté.

Une durée de vie conséquente

Dragon Quest VII: Reimagined demande environ 45 heures pour voir le bout de l’aventure. Cette durée peut encore être allongée si vous décidez d’explorer le jeu plus en profondeur. Entre la découverte de toutes les vocations, la recherche complète des tablettes et quelques quêtes annexes, il y a de quoi dépasser largement ce temps.

Sur ces 45 heures, le ressenti est mitigé. Certains arcs narratifs liés à certaines îles accrochent vraiment. À l’inverse, d’autres passages laissent plus indifférent, avec des histoires moins marquantes.

C’est un peu comme un manège : par moments, vous êtes embarqué, puis à d’autres, l’intérêt retombe. Cette sensation est renforcée par la structure très fragmentée du jeu. On a souvent l’impression de jouer par chapitres indépendants plutôt que de suivre un fil conducteur continu, même si celui-ci existe en toile de fond.

Il existe également une fin alternative. La progression reste globalement fluide, même si elle peut sembler saccadée par moments, notamment à cause des nombreux allers-retours entre les îles et le hub.

Sur ces 45 heures, une bonne trentaine sont vraiment appréciables. Les quinze autres demandent un peu plus d’effort, surtout lors de passages moins inspirés. Mais ce n’est pas une critique sévère.

Il faut garder en tête que Dragon Quest VII: Reimagined est avant tout un jeu ancien remis au goût du jour. C’est une aventure simple, très classique dans sa narration, mais cohérente et lisible.

Le verdict

Dragon Quest VII: Reimagined ne cherche jamais à se réinventer totalement. C’est avant tout une œuvre ancienne remise au goût du jour, avec des ajustements bienvenus sur le confort, la narration et la présentation, mais qui conserve pleinement son ADN d’origine.

On est face à une aventure longue, parfois inégale, avec de vrais moments forts mais aussi des passages plus creux. La narration est claire et facile à suivre, mais elle reste marquée par son époque, avec une structure très fragmentée et un rythme qui donne parfois l’impression de jouer par chapitres indépendants.

Le gameplay est classique, accessible, efficace, mais jamais surprenant. Le système de vocations apporte une certaine variété, à condition de l’exploiter régulièrement. Les combats restent simples et lisibles, sans réelle prise de risque.

Visuellement, le jeu propose une direction artistique unique et chaleureuse qui peut diviser, mais qui sert globalement bien l’univers et l’ambiance. Ce n’est pas impressionnant sur le plan technique, mais c’est cohérent et fidèle à l’esprit de la saga.

Si vous cherchez un RPG simple à suivre, sans prise de tête, avec une aventure longue et un charme très classique, Dragon Quest VII: Reimagined peut clairement répondre à vos attentes. Mais si vous espérez une refonte moderne qui révolutionne l’expérience, vous risquez d’être déçu.

17/20
Points forts
  • Une direction artistique en style diorama originale, chaleureuse et immédiatement reconnaissable.
  • Une narration plus fluide et plus accessible que dans la version originale.
  • Le concept passé / présent reste fort et donne un réel impact aux actions du joueur.
  • Le système de vocations apporte de la variété et encourage l’expérimentation.
  • Les ennemis visibles sur le terrain améliorent nettement le confort de jeu.
  • Une aventure longue et généreuse, fidèle à l’ADN de Dragon Quest.
Points faibles
  • Un rythme parfois inégal, avec des arcs narratifs moins mémorables.
  • Une structure très fragmentée qui donne parfois l’impression de jouer par blocs.
  • Un gameplay efficace mais très classique, qui ne se renouvelle jamais vraiment.

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