Un coup de gomme discret mais lourd de sens. Highguard, le nouveau shooter multijugateur gratuit, vient de réécrire son histoire officielle sur les stores. Toutes les références aux jeux Apex Legends et Titanfall ont été subitement effacées de ses descriptions. Une décision qui sent bon la pression corporative et jette une ombre supplémentaire sur le lancement déjà tumultueux du titre.
Un héritage encombrant qui disparaît des radars
À sa sortie, le jeu ne faisait pas mystère de ses racines. La description originale sur Steam clamait fièrement : « Des créateurs d’Apex Legends et Titanfall arrive Highguard… ». Une accroche marketing parfaitement légitime, puisque le studio Wildlight Entertainment a été fondé par 61 anciens développeurs de Respawn, le studio derrière les deux blockbusters. Pourtant, cette phrase a été purement et simplement supprimée, remplacée par une formulation vague centrée sur son gameplay. Une modification signalée par SteamDB et effective sur toutes les plateformes.
Dans le milieu, l’hypothèse d’un coup de fil d’Electronic Arts fait déjà consensus. L’éditeur, propriétaire des franchises citées, aurait-il demandé à ce petit nouveau de cesser de s’appuyer sur la renommée de ses aînés ? Ni EA ni Wildlight n’ont commenté ce retrait, pourtant extrêmement révélateur des tensions sourdes qui peuvent exister entre un géant et ses anciens employés partis créer la concurrence.
Un lancement contrasté, entre critiques et polémiques
Ce rebondissement s’ajoute à un démarrage en demi-teinte pour Highguard. Le titre reçoit un accueil critique correct mais se heurte à une levée de boucliers des joueurs sur Steam, qui dénoncent des problèmes d’optimisation et des temps d’attente interminables. Une rumeur d’association avec le streamer controversé Dr Disrespect, depuis démentie, avait déjà envenimé l’atmosphère.
En effaçant son pedigree, Highguard tente peut-être de voler de ses propres ailes et de forger une identité distincte. Mais ce geste ressemble davantage à un aveu de faiblesse face à la puissance d’un éditeur qui contrôle son récit. La question reste entière : un studio a-t-il le droit de se prévaloir du travail passé de ses équipes ? La réponse, aujourd’hui, semble dictée par les avocats et les départements marketing. Le combat pour l’attention des joueurs est décidément sans pitié.



