Les créateurs de Resident Evil Requiem avouent leur rapport complexe à la peur

Resident Evil Requiem
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À quatre mois de la sortie très attendue de Resident Evil Requiem, les responsables du projet font un aveu surprenant : après avoir réalisé tant de jeux de la saga, ils éprouvent désormais des difficultés à évaluer ce qui effraie vraiment les joueurs. Le directeur Koshi Nakanishi et le producteur Masato Kumazama ont partagé leurs réflexions lors d’un entretien avec IGN.

Un retour aux sources horrifiques

Nakanishi situe clairement Requiem dans la lignée de Resident Evil 2, marquant un net recul par rapport à l’orientation action des épisodes récents. « Si nous avions poursuivi dans la voie de Village, nous aurions fini par reproduire l’évolution de Resident Evil 5 et  6 », explique-t-il, reconnaissant que ces opus avaient « poussé l’action si loin qu’ils avaient laissé la peur derrière eux ». Le nouvel opus ambitionne donc d’être « une version intensifiée de l’horreur de RE2 ».

Le syndrome de l’expert insensible

Le développement n’a pourtant pas été sans doutes. Nakanishi confie avec franchise : « Nous avons fait tellement de jeux d’horreur qu’ils sont devenus notre quotidien. Nous ne savons plus déterminer avec certitude ce qui fait peur ». Cette prise de conscience est venue lors de la Gamescom, où l’équipe s’inquiétait que la démo ne soit pas assez effrayante. Une crainte dissipée par les réactions positives du public.
Les concepteurs ont même dû s’autocensurer sur certains éléments. Kumazama révèle qu’ils avaient imaginé que le personnage de Grace perde une jambe lors d’une rencontre avec un monstre, avant de renoncer à cette idée jugée trop excessive. Preuve que malgré leur expérience, l’équipe conserve un sens des limites à ne pas franchir.

Si les créateurs de Resident Evil Requiem avouent leur propre insensibilisation à la peur, c’est paradoxalement cette expertise acquise au fil des opus qui leur permet de réinventer l’horreur. Leur décision de réduire l’action au profit d’une terreur plus psychologique, combinée à leur écoute des réactions des joueurs, laisse présager une expérience anxiogène maîtrisée. Requiem s’annonce ainsi comme un retour aux sources assumé, porté par des développeurs qui, même s’ils doutent, n’ont rien oublié de leur art. Rendez-vous le 27 février 2026 pour vérifier si le neuvième opus saura nous faire oublier que ses créateurs ne savent plus ce qui fait peur.

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