Test de Anno 117: Pax Romana – L’Empire romain comme vous ne l’avez jamais vu

ANNO_117_Pax_Romana (1)
Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
WhatsApp
Email

La saga Anno s’est taillé une solide réputation au fil des années. Pour les amateurs de gestion et de stratégie, c’est un peu la référence incontournable, celle qui vous fait perdre la notion du temps en vous répétant « encore une petite heure ». Ubisoft a cette capacité à nous transporter dans différentes époques, et à chaque fois, ils trouvent le moyen d’affiner la formule sans la dénaturer. Après le carton d’Anno 1800 en 2019, voilà qu’on se retrouve propulsés à l’époque de l’Empire romain avec Anno 117: Pax Romana.

Chez Branchez-vous, on a eu la chance de passer plusieurs dizaines d’heures à construire des cités, orchestrer des routes commerciales et jongler avec la diplomatie impériale. On remercie d’ailleurs Ubisoft pour le code de révision qui nous a permis de réaliser ce test. Autant le dire tout de suite : on tient probablement le meilleur Anno à ce jour.

Alors enfilez votre toge, chaussez vos sandales, et suivez-nous en l’an 117 après J.-C., au cœur de l’Empire romain à son apogée.

Deux provinces, une équation gagnante

Au départ, on pourrait croire qu’Anno 117 nous demande de choisir notre camp. D’un côté, Latium, qui représente le cœur de l’Empire romain en Italie. De l’autre, Albion, ces terres brumeuses du nord qui correspondent à l’actuelle Grande-Bretagne. Deux mondes, deux ambiances, deux façons de jouer complètement différentes.

Sauf que le jeu ne vous demande pas vraiment de choisir. Le véritable défi, et c’est là que ça devient vraiment intéressant, c’est d’apprendre à faire fonctionner ces deux provinces ensemble. Vous allez constamment naviguer entre les deux, établir des réseaux commerciaux, parce que ce qui manque à Latium se trouve en Albion, et inversement. Cette interdépendance, c’est le cœur même du gameplay.

Latium, c’est du Anno classique dans ce qu’il a de meilleur. Vous connaissez la chanson : gestion de vos cités, expansion territoriale, optimisation de la logistique. Ubisoft Mainz a quand même intégré pas mal d’améliorations ergonomiques vraiment bienvenues. La disposition des bâtiments est plus intuitive, la création des routes commerciales moins prise de tête, et l’interface a gagné en clarté. Ce sont des petits détails, mais qui font toute la différence quand vous passez des heures sur le jeu.

Mais c’est vraiment en Albion que le titre montre ses vraies innovations. Déjà, visuellement, le biome change du tout au tout. Et puis il y a ces marais, partout. Ces zones humides vous donnent accès à des ressources qu’on ne trouve nulle part ailleurs, mais elles réduisent aussi l’espace constructible. Alors là, vous avez une décision à prendre : est-ce que vous gardez ces marais pour exploiter leurs richesses uniques, ou est-ce que vous les drainez pour gagner de la place et construire plus de bâtiments ? Ce n’est pas juste un choix technique, c’est une vraie question stratégique qui peut complètement transformer votre façon de jouer.

Romaniser ou intégrer : plus qu’un simple choix de gameplay

Et puis il y a ce système de population en Albion qui est franchement brillant. Quand vous faites évoluer vos bâtiments pour la première fois, le jeu vous pose une question qui va bien au-delà de la simple mécanique de jeu : vous voulez imposer la culture romaine ou intégrer les traditions celtes locales ?

Ce n’est pas qu’une question d’image. Si vous choisissez la romanisation, vous débloquez certaines chaînes de production, certains bâtiments spécifiques à la culture impériale. Mais si vous décidez d’embrasser la culture celte, vous avez accès à d’autres ressources, d’autres mécaniques. Et ce qui est vraiment malin, c’est que ce choix affecte directement vos relations diplomatiques. Les factions autour de vous vont réagir différemment selon que vous imposez votre culture ou que vous respectez les leurs.

C’est le genre de système qui vous fait réfléchir au-delà du simple « qu’est-ce qui me rapporte le plus de ressources ». On se retrouve à se demander : est-ce qu’on écrase tout sous le marbre romain ou est-ce qu’on apprend à vivre avec les autres cultures ? Cette dimension philosophique donne une vraie profondeur au titre.

La Pax Romana : une paix qui se mérite

Le titre du jeu n’est pas choisi par hasard. La Pax Romana, historiquement, c’était cette longue période de stabilité dans l’Empire romain qui a permis un boom économique sans précédent. Mais cette paix, elle s’obtenait souvent par la force, par la conquête. Et Anno 117 capture ça avec beaucoup d’intelligence.

La diplomatie joue un rôle beaucoup plus important que dans les précédents épisodes. Vos relations avec les autres factions ne sont pas figées, elles évoluent constamment en fonction de vos actions. Le choix entre romanisation et intégration dont on parlait ? Il a des répercussions diplomatiques. Vos décisions dans les missions, les divinités que vous vénérez, votre politique commerciale… tout ça nourrit un système de réputation qui peut basculer d’un coup.

Personnellement, dans ce type de jeu, on a toujours préféré l’approche pacifiste et commerciale. On trouve qu’il y a d’autres titres mieux taillés pour les guerres à répétition. Et bonne nouvelle : Anno 117 vous permet vraiment de prospérer sans lever constamment des armées. Les alliances commerciales, les accords diplomatiques, les échanges culturels… vous avez tous les outils pour maintenir la paix si c’est ce que vous cherchez.

Mais attention, ça ne veut pas dire que vous pouvez complètement ignorer l’aspect militaire. Même le gouverneur le plus pacifiste doit avoir quelques légions sous le coude. Les pirates qui attaquent vos navires marchands, les barbares qui rôdent aux frontières, cette faction rivale qui vous teste… sans une force de dissuasion minimum, vous devenez une cible facile.

Le système militaire n’est pas le cœur du jeu, mais il est suffisamment développé pour être intéressant. Vous avez tout un arsenal d’unités navales et terrestres, des simples navires marchands armés aux puissantes trirèmes de guerre, des légionnaires romains aux guerriers celtes. Chaque unité a ses forces et ses faiblesses.

Et il y a ce dilemme permanent : chaque soldat que vous recrutez, c’est un travailleur en moins dans vos industries. Trop de militaires et votre économie s’effondre faute de bras. Pas assez et vous vous faites piller. Trouver le bon équilibre, c’est tout un art.

En mode multijoueur PvP, par contre, c’est une tout autre histoire. Face à des joueurs humains, les conflits deviennent beaucoup plus fréquents. Les alliances se font et se défont, les trahisons font partie du jeu, et vous ne pouvez pas compter sur la même prévisibilité qu’avec l’IA. Ça ajoute une dimension compétitive qui plaira aux joueurs cherchant plus de challenge.

Des modes de jeu pour tous les profils

Anno 117 arrive avec un package vraiment complet. Plusieurs modes sont disponibles dès le lancement.

La campagne, c’est le point d’entrée idéal. Une histoire d’environ 12 heures où vous choisissez entre Marcus ou Marcia. Et attention, ce n’est pas juste un choix cosmétique. Chaque personnage a sa propre perspective narrative, certaines missions changent. C’est suffisamment différent pour donner envie de refaire la campagne avec l’autre protagoniste. En plus, il y a plusieurs décisions à prendre qui influencent le déroulement de l’histoire, ce qui ajoute à la rejouabilité.

Le mode sandbox, c’est le terrain de jeu classique des fans de la série. Liberté totale pour construire votre empire comme vous l’entendez, sans les contraintes narratives de la campagne. C’est là que vous pouvez vraiment vous lâcher et passer des centaines d’heures à optimiser vos chaînes de production.

Le mode coopératif, c’est une excellente surprise. Vous pouvez jouer la campagne complète avec deux amis, chacun gérant une province ou des îles différentes. C’est parfait pour ceux qui aiment construire ensemble plutôt que de se faire la guerre. Par contre, notez que les options de vitesse de jeu ne sont pas disponibles en coop, ce qui peut ralentir un peu l’action.

Et puis il y a le mode PvP pour ceux qui veulent mesurer leur talent contre d’autres joueurs, soit en free-for-all, soit en équipes.

Une direction artistique qui fait mouche

Visuellement, Anno 117 est vraiment une réussite. Ubisoft Mainz a réalisé un travail remarquable sur la direction artistique. Les textures de la végétation, que ce soit la flore méditerranéenne de Latium ou les paysages brumeux d’Albion, sont magnifiquement rendues. L’architecture des bâtiments, qu’ils soient romains ou celtes, respire l’authenticité tout en gardant ce côté légèrement stylisé qui fait le charme de la série.

Les effets sur l’eau méritent une mention spéciale. Les reflets, les ondulations quand vos navires passent, la façon dont la lumière joue sur les vagues… c’est vraiment plaisant à regarder. Et si vous activez le ray tracing, là ça monte encore d’un cran. Le cycle jour-nuit devient particulièrement impressionnant avec des jeux d’ombres et de lumières qui changent complètement l’ambiance de vos cités.

L’aube qui dore les forums romains, le crépuscule qui embrase les toits de tuiles, la nuit étoilée où seules les torches éclairent les rues… chaque moment de la journée a sa propre personnalité visuelle. C’est le genre de détail qui vous fait parfois arrêter de jouer juste pour contempler vos cités.

La recréation des monuments romains est bluffante. Le Colisée, les thermes, les aqueducs, les temples… on sent le travail de recherche historique derrière. Tout respire l’authenticité sans tomber dans la reconstitution sèche et académique. Et les rues grouillent de vie : des citoyens qui vont et viennent, des chars tirés par des bœufs, des marchands à leurs étals. Ces petites animations donnent vraiment l’impression de gouverner des villes vivantes plutôt que des décors figés.

Les performances sur PS5 : un bon compromis

Pour ce test, on a joué sur PlayStation 5, et il faut dire que le portage console est plutôt réussi. Le jeu tourne en 4K dynamique avec un framerate ciblant les 30 images par seconde en mode Qualité. Oui, 30 fps, ça peut surprendre en 2025, mais pour un jeu de gestion comme celui-ci, c’est largement suffisant. Vous n’avez pas besoin de réflexes ultra rapides, et ce choix permet d’afficher une quantité impressionnante de détails à l’écran, surtout quand vos cités deviennent vraiment massives.

Les temps de chargement restent raisonnables grâce au SSD de la PS5. Le lancement initial prend environ une minute, ce qui est acceptable. Les transitions entre Latium et Albion se font en une quinzaine de secondes. Ce n’est pas instantané, mais ça ne casse pas le rythme non plus. Vous avez le temps de réfléchir à votre prochaine action sans vous impatienter.

Côté stabilité, on n’a rencontré aucun bug majeur durant nos longues sessions de jeu. Quelques petits ralentissements occasionnels dans les très grandes cités avec énormément d’activité, mais rien de vraiment gênant. Le travail d’optimisation d’Ubisoft Mainz est clairement au rendez-vous.

Une ambiance sonore immersive

La bande-son orchestrale d’Anno 117 mérite vraiment qu’on s’y attarde. Les compositions musicales accompagnent parfaitement l’action avec des thèmes qui évoquent tantôt la grandeur de Rome, tantôt le mystère des terres celtes. Ce qui est appréciable, c’est que la musique sait se faire discrète pendant les longues phases de construction. Elle ne devient jamais envahissante, même après des heures de jeu. Par contre, elle monte en intensité lors des moments clés : les batailles navales, les négociations diplomatiques tendues, les décisions importantes.

Mais ce qui rend vraiment l’expérience immersive, ce sont les effets sonores ambiants. Le brouhaha des marchés, le cliquetis des outils dans les ateliers, les cris des mouettes dans les ports, le crépitement des forges, le martèlement des légionnaires en marche… Ces détails audio créent une vraie atmosphère. Vous avez vraiment l’impression de diriger des communautés vivantes plutôt que de gérer des menus.

Les retours sonores sur vos actions sont également bien pensés. Quand vous placez un bâtiment, quand une construction se termine, quand un navire arrive à bon port… chaque action importante génère un feedback audio clair qui vous informe sans avoir besoin de regarder constamment l’interface.

Une localisation française irréprochable

Et puis il y a la traduction française, et c’est vraiment un point crucial pour un jeu comme celui-ci. Anno 117 est truffé d’informations, de tutoriels, de descriptions de mécaniques complexes. Si la localisation était bancale, ça rendrait l’expérience frustrante, voire incompréhensible par moments.

Heureusement, le travail réalisé ici est exemplaire. Les textes ne sont pas juste traduits mot à mot, ils sont adaptés pour sonner naturellement en français. Les tutoriels sont clairs, les descriptions de bâtiments précises, les dialogues de la campagne bien écrits. On sent qu’il y a eu un vrai travail de localisation, pas juste un passage rapide dans un logiciel de traduction automatique.

Pour un jeu de stratégie-gestion où comprendre finement les mécaniques fait toute la différence entre la réussite et l’échec, cette qualité de traduction est un atout majeur. Ça rend le titre accessible à un public francophone qui n’aurait peut-être pas le niveau d’anglais suffisant pour tout saisir dans la version originale.

Le verdict : un sommet de la série

Après toutes ces heures passées à bâtir notre empire romain, le constat est sans appel : Anno 117: Pax Romana représente le sommet de la série. Ce n’est pas juste Anno 1800 avec une nouvelle couche de peinture historique. Non, c’est une vraie évolution qui raffine la formule tout en introduisant des mécaniques nouvelles qui changent réellement la façon de jouer.

La gestion entre Latium et Albion, c’est vraiment le coup de génie du titre. Cette interdépendance entre deux provinces aux ressources complémentaires, aux cultures différentes, aux défis distincts… ça crée une profondeur stratégique qu’on n’avait pas vue dans les précédents épisodes. On se rapproche d’un vrai simulateur d’empire avec tout ce que ça implique : commerce interprovincial crucial, diplomatie complexe, équilibre délicat entre expansion et stabilité.

Le choix entre romanisation et intégration ajoute une dimension philosophique bienvenue. Ça nous pousse à réfléchir au-delà de l’optimisation pure et dure. Est-ce qu’on impose notre vision du monde ou est-ce qu’on apprend à cohabiter avec les autres cultures ? C’est rare qu’un jeu de gestion nous fasse nous poser ce genre de questions.

L’interface est la plus claire et la plus ergonomique de toute la saga. Les petites améliorations de qualité de vie s’accumulent pour créer une expérience beaucoup plus fluide et agréable. Le mode coopératif qui fonctionne même en campagne, c’est une excellente idée qui ouvre le jeu à une nouvelle façon d’y jouer.

Visuellement, c’est une claque, surtout avec le ray tracing activé. Techniquement, le portage PS5 est solide. La bande-son et l’ambiance sonore sont réussies. La localisation française est irréprochable. Et niveau contenu, vous en avez pour des centaines d’heures rien qu’avec le contenu de base, sans même parler des DLC qui vont forcément arriver.

Si vous aimez les jeux de gestion et de stratégie, Anno 117 est un incontournable. C’est le titre le plus complet, le plus accessible pour les débutants et en même temps le plus profond pour les vétérans. Un véritable chef-d’œuvre du genre qui mérite amplement sa place au panthéon des grands jeux de stratégie.

19/20
Points forts
  • La synergie Latium/Albion brillamment exploitée
  • Le système romanisation vs intégration riche en conséquences
  • Interface et ergonomie au sommet de la série
  • Direction artistique sublime, surtout avec le ray tracing
  • Mode coopératif disponible même en campagne
  • Équilibre parfait entre accessibilité et profondeur stratégique
  • Localisation française exemplaire
  • Des centaines d’heures de contenu
Points faibles
  • 30 fps en mode Qualité sur PS5 (mais acceptable pour le genre)
  • L’aspect militaire reste secondaire
  • La courbe d’apprentissage peut intimider les novices du genre
  • Risque élevé d’addiction et de nuits blanches

Dernier articles

Abonnez-vous à nos réseaux sociaux