Un post Reddit fait le tour du web : le Wi-Fi permettrait désormais d’identifier des personnes à travers les murs avec une précision élevée. La réalité : la recherche progresse vite, mais la plupart des résultats sont préliminaires et encadrés. Le Wi-Fi Sensing smartphone promet de “scanner” une pièce sans caméra. Voici comment cela fonctionne, ses limites et le cadre légal au Canada…
D’où vient l’info ?
WhoFi (2025) : une équipe de l’Université La Sapienza (Rome) propose d’identifier une personne en analysant comment son corps perturbe les ondes Wi-Fi (données CSI), pas besoin de caméra ni d’appareil porté. Les auteurs parlent d’une précision jusqu’à 95,5 % sur des ensembles de test, y compris avec obstacles. C’est une prépublication (arXiv), pas encore révisée par les pairs, et testée dans des conditions contrôlées.
RF-Pose (MIT, 2018) : des réseaux de neurones reconstituent la pose d’un humain derrière un mur en exploitant les réflexions radio, preuve que « voir » sans caméra est possible depuis plusieurs années.
Jusqu’où ça va, exactement ?
Identifier (reconnaître une personne) ≠ détecter (savoir qu’il y a quelqu’un). Plusieurs travaux (gait/respiration/pose) montrent qu’on peut déjà détecter et parfois différencier des individus via leur démarche ou signature radio – mais la généralisation à des environnements variés et à grande échelle reste difficile.
La normalisation 802.11bf (Wi-Fi Sensing), approuvée en 2025, va faciliter l’accès aux mesures (CSI) et donc accélérer les cas d’usage… pour le meilleur et pour le pire.
Pourquoi ça inquiète (et fascine) ?
Pas besoin de caméra, fonctionne dans le noir et peut traverser certains matériaux : c’est discret et potentiellement très intrusif. Des démonstrations comme Wi-Peep ont illustré l’utilisation offensive (cartographier des appareils derrière des murs).
Les médias tech ont relayé WhoFi avec des titres accrocheurs, mais rappellent le caractère expérimental et les petits échantillons. Moralité : intéressant, mais pas prêt à remplacer les biométries classiques.
Au Canada : que dit la loi ?
L’OPC (fédéral) vient de publier une guidance biométrie pour les organisations privées (PIPEDA) : finalité déterminée, consentement valable, minimisation, transparence, sécurisation, et évaluation d’impact avant déploiement. En clair : pas d’expérimentation discrète sur le public.
À retenir
- Oui, le Wi-Fi permet détection et, dans certains cas, identification en labo.
- Les chiffres spectaculaires (ex. 95,5 %) proviennent de prépublications en conditions contrôlées.
- L’arrivée d’802.11bf va accélérer la R&D, mais le cadre légal au Canada impose déjà des garde-fous.

FAQ (express)
Est-ce que ça marche vraiment « à travers les murs » ?
Oui, des travaux (ex. RF-Pose) montrent la pose/détection au-delà d’un mur. L’identification nominative reste plus fragile hors labo.
Peut-on m’identifier à la maison via mon routeur ?
Pas aujourd’hui « par défaut ». Il faut un accès aux CSI, une configuration adaptée et des modèles entraînés. Et au Canada, cela impliquerait des obligations de consentement et de finalité.
Qu’apporte 802.11bf ?
Une base standardisée pour le Wi-Fi Sensing (accès/format de mesures), ce qui rend les projets plus reproductibles et interopérables
Sources clés: WhoFi (prépublication, 2025) ; MIT RF-Pose (2018) ; 802.11bf (approbation 2025) ; Wi-Peep (Waterloo, 2022) ; articles tech récents et guidance OPC (2025). arXiv openaccess.thecvf.com ieee802.org Université de Waterloo techxplore.com TechRadar PC Gamer priv.gc.ca



