Test du jeu Fatal Claw: Un metroidvania qu’on n’avait pas vu venir !

Fatal Claw review
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Actuellement, il peut être difficile de faire connaître son jeu vidéo. En effet, le goulot créé par la sortie de Grand Theft Auto VI en novembre fait en sorte que les plus petits projets n’ont pas la place qui leur reviendrait en temps normal. L’exemple de Fatal Claw illustre parfaitement cette réalité. Metroidvania ayant eu une prodigieuse campagne de sociofinancement, ce petit jeu indépendant mérite davantage d’attention, et ce même s’il risque de mettre vos nerfs à rude épreuve. 

  • Disponible sur: PC
  • Prix: 32,50$ CDN

Un chat mignon dans un monde de désespoir

Fatal Claw vous plonge dans la peau de Kisha, un chat bipède se réveillant dans un mystérieux laboratoire. Amnésique, Kisha sera rapidement confronté à des créatures infectées par une épidémie ayant forcé les habitants d’un grand royaume à se réfugier sous terre. Kisha devra porter secours aux derniers survivants tout en découvrant ce qui est à l’origine de cette maladie semant le désespoir et le chaos. 

Si l’histoire de Fatal Claw paraît banale, elle devient de plus en plus intéressante à mesure que l’aventure progresse. À cet effet, je vous conseille fortement de vous intéresser au lore du jeu, dont les informations contenues au sein de pierres d’archives qui nous en apprennent davantage sur la chute du royaume ainsi que sur ses habitants. Graduellement, vous serez à même de constater que Fatal Claw aborde des questions aussi profondes que tragiques sur le désespoir, la fatalité et la survie. En fait, il en vient à carrément poser les questions: “Et si nous étions en charge d’une société vouée à disparaître, que serions-nous prêts à sacrifier ? Et que faire devant la peur de notre mortalité nous amenant à craindre que nous serions oubliés ?”. 

Ainsi, sous ses allures mignonnes se cache un scénario sombre nous engluant dans un univers fascinant à découvrir.

Un metroidvania classique

Fatal Claw est un metroidvania dans la plus pure tradition du genre. Dès le commencement, on retrouve les éléments classiques de ce type de jeu, incluant la fameuse mini-carte servant à nous guider à travers les différents biomes. De même, vous acquérez progressivement des habiletés tout au long de votre aventure qui vous renforceront non seulement les capacités de Kisha, mais qui ouvriront des chemins auparavant inaccessibles. 

Or, bien que Fatal Claw soit un metroidvania dans sa forme la plus classique, on tombe rapidement sous son charme. Si le visuel tape directement dans l’oeil, ce sont ses mécaniques qui nous confirment rapidement que nous nous retrouverons dans un excellent metroidvania. Les attaques et mouvements de Kisha sont rapides et précis, éléments essentiels à la progression du jeu. En effet, ce dernier est axé sur les séquences de plateformes exigeant que les manoeuvres de Kisha soient quasi-parfaites. Sur ce point, Ndev Games a fait un excellent travail permettant à Fatal Claw de rivaliser avec les meilleurs metroidvania sur le marché. 

Par ailleurs, l’exploration est grisante. Certes, le contraire aurait été surprenant puisqu’un jeu de ce genre repose sur la découverte. Néanmoins, je dois avouer avoir pris davantage de plaisir à dénicher les moindres secrets de Fatal Claw qu’au sein de certains metroidvania. Cela est entre autres dû au fait que les éléments à récolter sont bien indiqués sur la carte, nous évitant ainsi de poser une panoplie de repères ou encore de chercher ce qui nous manque dans un environnement. Même devant les défis les plus corsés du jeu, la satisfaction que leur complétion m’a procurée m’a rapidement apaisé. 

D’autre part, vous acquérez une diversité d’objets et de techniques d’attaques tout au long de votre aventure. En plus de pouvoir améliorer et équiper trois types de griffes, vous pourrez utiliser jusqu’à deux sorts consommant du mana. Ces derniers deviennent rapidement des éléments clés afin de survivre dans les environnements hostiles du jeu. De plus, comme dans tout bon metroidvania, vous trouverez des vendeurs ainsi que des objets précieux pouvant améliorer les caractéristiques de Kisha, dont sa jauge de vitalité et ses compartiments de mana. Le tout, couplé à des missions secondaires que vous donneront la plupart des personnages du jeu, nous incite à vouloir tout découvrir. 

Une étrange impression de Prince of Persia: The Lost Crown

Bien que les extraits du jeu puissent laisser penser que Fatal Claw est une aventure facile, cela n’est pas le cas. En fait, il s’agit même du contraire. Ce n’est pas un jeu de la trempe de Hollow Knight ou Silksong, mais la difficulté est tout de même relevée à bien des endroits. 

En fait, des pics de difficulté peuvent être observés et ressentis lors des combats contre les boss ainsi que dans la dernière portion du jeu. Contrairement aux ennemis parsemant les différents environnements, les boss sont beaucoup plus difficiles à vaincre. Ils bougent rapidement, peuvent avoir plus d’une phase et ont la manie d’infliger le double de dégâts que les autres adversaires du jeu. Aucun n’est insurmontable ou aussi difficile que certains boss de la franchise Hollow Knight, mais attendez-vous tout de même à des combats relevés. 

Autrement, les séquences de plateformes sont beaucoup plus ardues dans le dernier tiers du jeu. En fait, les pièges sont beaucoup plus présents et mortels et les manoeuvres que l’on doit effectuer exigent une précision bien plus élevée que dans la première moitié. En plusieurs occasions, Fatal Claw m’a rappelé les séquences de plateformes du jeu Prince of Persia: The Lost Crown tant elles peuvent être difficiles et exiger des mouvements extrêmement rapides. 

Ceci dit, c’est également à ce niveau que j’ai ressenti mes premières grandes frustrations dans le jeu. Comme je l’ai mentionné, les contrôles sont précis, mais les développeurs ont poussé certaines portions des niveaux au maximum de la faisabilité. Par moments, on a l’impression que les défis sont injustes tant il faut bouger Kisha au millimètre près pour éviter une roue dentée ou que l’on doit composer avec des plateformes éloignées les unes des autres tout en évitant des ennemis nous bombardant d’une plateforme plus élevée. 

Pour ajouter à la frustration, les points de sauvegarde sont éloignés les uns des autres. Jusqu’à ce que vous débloquiez la capacité de vous téléporter (activez d’ailleurs les liens de téléportation dès que vous le pouvez, cela vous évitera des grincements de dents), vous devrez souvent recommencer de longues séquences pour revenir au point où vous avez trépassé. Kisha a beau bouger rapidement avec les habiletés que l’on acquière, cela ne supprimera pas les soupirs que vous pousserez lorsque vous devrez recommencer depuis votre dernier point de sauvegarde.

Une navigation s’inspirant de Hollow Knight

Les environnements de Fatal Claw m’ont surpris non pas en raison de leur complexité, mais bien de leur grosseur. En fait, non seulement chaque biome a-t-il son propre décor et sa propre ambiance, mais leur grandeur et les secrets y étant disséminés nous permettent de réaliser que le jeu a été conçu avec beaucoup d’amour et de soin. 

La navigation emprunte clairement des éléments de Hollow Knight. Ainsi, vous pourrez découvrir chaque biome en le traversant, mais vous aurez aussi l’occasion de trouver ou bien d’acheter des cartes à des personnages dont vous croiserez la route. Ce faisant, tout comme dans Hollow Knight, vous débloquerez l’entièreté d’une région, ce qui vous aidera à progresser plus facilement. De plus, tout comme dans le jeu de Team Cherry, on ne vous prend pas par la main de sorte qu’il vous arrivera souvent de devoir trouver le chemin à suivre par vous-même. 

Certains pourraient le voir comme une qualité. Après tout, Hollow Knight est reconnu comme étant l’un des meilleurs metroidvania jamais conçus. Cependant, dans le cas de Fatal Claw, être perdu est frustrant. À quelques reprises, je ne savais plus du tout où aller. Aucun indice ne m’était fourni et, pire, je me suis rendu compte que j’avais accédé à des environnements que j’aurais dû traverser bien plus tard si j’avais suivi la trajectoire normale du jeu. Toutefois, rien ne m’aidait pour savoir quel bon chemin je devais prendre. 

Lorsqu’on a l’impression d’avoir absolument tout fouiller et qu’on se retrouve quand même coincé, la frustration est décuplée. Imaginez, dans une séquence du jeu, j’ai fini par me déprendre après des heures à faire des va-et-vient simplement parce que j’avais omis d’explorer un tout petit coin d’un environnement. La disposition de ce dernier me laissait croire qu’il s’agissait d’un coin de mur, mais non, c’était un passage vers la suite de mon aventure. J’ai serré des dents. 

Cela ne fait pas de Fatal Claw un mauvais jeu, bien au contraire. Mais les défauts de design rappellent pourquoi certains metroidvania peuvent à la fois nous exalter et nous mettre en colère. 

Une bande sonore magique et une bonne durée de vie

Je m’en voudrais de passer sous silence la magnifique bande sonore qui fut composée pour le jeu. Bien que chaque biome n’ait qu’une seule pièce musicale, toutes sont splendides. Elles mêlent une diversité d’instruments, mes préférées ayant sans nul doute été celles composées avec le piano. Elles parviennent à nous entraîner dans des émotions faisant écho à l’espoir et au désespoir, deux des éléments au coeur même de la trame narrative du jeu. 

Autrement, au niveau de la durée de vie, Fatal Claw s’inscrit dans la moyenne des jeux du genre. Vous devriez le terminer en une dizaine d’heures, un peu plus si vous désirez maximiser les capacités de Kisha et trouver tous les trésors. Une fois l’aventure terminée, vous aurez accès à des portions de certains niveaux auparavant verouillées contenant les défis ultimes de l’aventure, en plus d’une quête dans laquelle vous récolterez des fragments de mémoire de divers personnages. Cela ajoute quelques heures de plus, bien que j’aurais souhaité que le contenu post-campagne ait un impact plus significatif sur le scénario. 

Devriez-vous y jouer ?

Fatal Claw est une grande surprise. En toute honnêteté, j’ignorais son existence jusqu’au mois dernier. Malgré ses défauts et des moments de rage, j’ai été conquis par ses inspirations, mécaniques et éléments techniques. Est-ce un metroidvania de la trempe des Castlevania, Metroid ou Hollow Knight ? Non, mais c’est un projet conçu avec une passion contaminante qui vous charmera si vous êtes un amateur de ce genre. 

Ndev Games s’ajoute à ces développeurs dont je suivrai le futur avec grande attention ! 

Ce que vous aimerez:

  • Un metroidvania aussi accrocheur que les meilleurs jeux de ce style;
  • Mouvements fluides et précis;
  • Histoire sombre englobée dans une magnifique ambiance.

Ce que vous n’aimerez pas:

  • Certains points de sauvegarde sont fort éloignés les uns des autres;
  • Certaines sections paraissent injustes au niveau de leur conception;
  • Se perdre sans avoir le moindre indice d’où aller.

Note: 16 sur 20

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