La firme indienne Muse Wearables livre enfin sa très attendue Muse Ring One. Cette bague promet de combiner santé, contrôle d’interface et, surtout, les paiements sans contact dans un seul anneau de titane et de céramique.
Ô combien la réalité est loin de la promesse…
Le marché des bagues connectées connaît une effervescence rare. Oura domine le secteur depuis des années et Samsung vient d’y entrer avec fracas, de plus petits acteurs tentent de se tailler une place avec des propositions audacieuses. Clairement, Muse Wearables a opté pour cette avenue.
Le premier contact avec la Ring One est une déception. On promettait une bague en titane et céramique. La Ring One est massive et plus épaisse et plus large que la Galaxy Ring ou l’Oura Ring. Mais la finition est plus près du plastique qu’autre chose.
Autre promesse : ce volume supplémentaire devait s’expliquer par sa conception unique. La bague devait posséder une molette rotative physique. La couche extérieure de l’anneau tournerait sur elle-même. Ce mécanisme, que le fabricant appelle la « Turn Wheel », servirait à changer le mode NFC ou à naviguer dans l’interface, un peu comme la couronne numérique d’une Apple Watch.
On promettait aussi une résistance à l’eau jusqu’à 100 mètres (10 ATM), ce qui aurait surpassé la plupart des concurrents. Au moins, le boîtier de recharge est livré tel que promis. Il ressemble à un écrin à bijoux avec couvercle transparent, quoi que dans un plastique bon marché qui n’a rien de prestigieux.
La Ring One a un puce NFC à bord. Contrairement à la majorité des bagues actuelles, elle permet d’effectuer des paiements sans contact… là où la technologie est active. Le Canada n’en fait pas partie. Le Royaume-Uni et quelques autres rares pays, si. Mais il faut avoir une adresse postale sur place.
Cette fonctionnalité promet de transformer l’anneau en portefeuille numérique. Il suffit d’approcher le doigt du terminal de paiement pour régler un achat. Pour plusieurs utilisateurs, cette seule option justifiait l’achat, puisqu’elle libère du téléphone et de la montre connectée.
On attend encore.
Sur le plan de la santé, Muse Wearables fait aussi des promesses audacieuses, mais pour la Ring One, version 2.0. On prétend mesurer la pression artérielle sans brassard, en plus de détecter la fibrillation auriculaire (AFib). Les capteurs optiques situés à l’intérieur de l’anneau analyseront le flux sanguin pour fournir ces données.
Il faut évidemment se garder une réserve. Surtout que la précision de ces mesures sur des appareils grand public reste bien inférieure à celle des instruments médicaux certifiés.
L’application compagnon souffre elle aussi de quelques erreurs de jeunesse et de problèmes de connectivité Bluetooth. Le jumelage et la synchronisation sont lents et sporadiques.
L’autonomie annoncée tourne autour de sept jours. Cependant, l’activation continue des capteurs de santé avancés réduit cette durée à deux ou trois jours, au mieux.
Bref, la Muse Ring One est ce qui arrive quand on fait trop de promesses, et qu’on livre sous les attentes. On était prêts à sacrifier un peu du style et du confort pour une fonctionnalité unique. À ce stade, on n’obtient rien de ce qui devait rendre ce gadget si intéressant.



