Test du jeu Rise of the Ronin: l’inexpérience d’un violent samouraï

Rise of the Ronin test

Construire un jeu à monde ouvert n’est pas facile. Non seulement faut-il bâtir un univers massif, mais il faut aussi le garnir d’activités devant être à la fois nombreuses et diversifiées pour qu’on ne se lasse pas de les compléter. C’est le mandat dont s’est doté Team Ninja avec Rise of the Ronin, son premier vrai jeu à monde ouvert qui, s’il est indéniablement accrocheur, démontre aussi le manque d’expérience du studio avec ce type d’aventure.

  • Disponible sur: PlayStation 5
  • Prix: 89,99$ + txs

Le Japon sous influence occidentale

Japon, milieu du 19e siècle. Le pays est en proie à une crise sociale et historique sans précédent. En effet, les dernières années de l’ère Edo sont marquées par l’ouverture du pays du soleil levant à l’influence occidentale. Si le Shogun voit ces partenariats d’un bon oeil, ce n’est pas le cas de certains clans conservateurs craignant que la culture de leur pays ne s’efface aux mains des Occidentaux.

C’est dans cette ère marquée de tensions que vous incarnerez un samouraï devant tracer sa voie. Récupéré par la cheffe d’un clan alors qu’il était petit, votre personnage sera intimement lié à sa soeur ou son frère d’arme. Unis par le destin, ces guerriers traceront leur propre destinée alors qu’un événement tragique les séparera et les incitera à choisir leur camp face à la présence des Américains ainsi que des Britanniques sur leurs terres.

Ainsi, si Rise of the Ronin propose des éléments historiques réels, il s’agit avant tout d’une quête personnelle à travers laquelle vous guiderez votre samouraï. En cours de route, vous devrez poser des choix qui influenceront non seulement le cours du scénario, mais aussi les allégeances de votre protagoniste. De ce fait, vous créerez à la fois des amitiés ainsi que des adversités avec les personnages dont vous croiserez la route. Bien qu’il n’y ait pas de grands rebondissements, le scénario n’en demeure pas moins intéressant en présentant des lieux et personnages historiques tout en nous permettant d’obtenir des quêtes uniques à travers les choix que nous effectuons.

Un monde ouvert laissant transparaître un manque d’expérience

Le studio Team Ninja n’est pas reconnu pour ses jeux à monde ouvert. En fait, il s’agit plutôt d’un développeur réputé pour ses jeux d’action mettant en scène des niveaux assez larges et aux multiples ramifications. Si Wo Long était un premier pas vers le monde des jeux ouverts, Rise of the Ronin est la véritable première expérience du studio en la matière.

La carte du jeu est divisée en plusieurs sections, chacune regroupant différentes activités à effectuer. Ainsi, en plus des missions principales, vous pourrez compléter toute une série de quêtes secondaires, prier à des temples, récolter des chats, libérer des villages assiégés, prendre des photos de lieux historiques, traquer des fugitifs, etc. De plus, la majorité des régions proposent des boutiques afin d’améliorer votre équipement, tout comme des endroits spéciaux où vous aurez notamment l’occasion de relever des défis ou vous entraîner. Le jeu permet même de modifier votre propre habitation où vous pourrez afficher vos trophées de guerre, discuter avec d’autres personnages, changer votre apparence, etc. Bref, en terme d’activités, Rise of the Ronin offre une belle diversité.

Cependant, force est de constater que Team Ninja demeure néophyte en la matière. En effet, malgré le nombre d’activités auxquelles on peut prendre part, celles-ci se répètent continuellement de région en région. Résultat: les différentes parties du Japon à explorer se distinguent peu les unes des autres, du moins au niveau de ce qu’il y a à y faire.

Autre point que vous remarquerez assez rapidement: l’univers de Rise of the Ronin est vide comparativement à d’autres jeux à monde ouvert modernes. Certes, vous verrez des badauds un peu partout et vous pourrez porter secours à des habitants en danger qui apparaîtront au hasard alors que vous vous promènerez. Néanmoins, les environnements sont plutôt vides et les interactions avec la population sont fort limitées. On est loin, très loin même de l’ambiance de jeux tels que Red Dead Redemption II, certains Assassin’s Creed ou bien Ghost of Tsushima.

Le design de certaines portions du monde laisse également à désirer. Bien que le jeu vous proposera divers moyens d’exploration (dont des ailes pour planer et un grappin pour vous accrocher à des rebords), plusieurs segments de plateformes manquent de précision et sont frustrantes. C’est notamment le cas lorsqu’on tente d’accéder à un coffre dans un bâtiment barré et qu’on doit chercher parfois loin comment accéder à une petite ouverture au sein du toit. Et je ne compte plus le nombre de fois où je me suis butté à un mur qui, pour une raison obscure, ne pouvait être escaladé par mon personnage. Ce sont de petits irritants qui, au bout d’un moment, s’accumulent et freinent notre plaisir à explorer ce Japon un peu trop vide.

L’accent mis sur des liens serrés

Un élément particulièrement intéressant mis de l’avant au sein du jeu sont les liens d’amitié. En fait, ces liens se divisent entre les régions que vous explorerez et les personnages principaux que vous croiserez.

Au niveau des régions, à chaque fois que vous y terminerez une activité ou récolterez un objet d’importance, vous accentuerez le lien qui vous unira à un district. À mesure que vous augmenterez ce lien d’appartenance, vous dévoilerez davantage d’activités et d’objets. Une fois l’ensemble des activités terminées et des objets récoltés dans une région, vous obtiendrez des récompenses spéciales, dont des pièces d’équipement légendaires.

Vos relations sociales seront également très importantes. Vous croiserez une multitude de personnages avec lesquels vous pourrez approfondir vos liens tout au long de votre quête. En leur parlant ainsi qu’en leur donnant des cadeaux liés à leurs champs d’intérêt, vous vous lierez davantage d’amitié avec eux, ce qui vous donnera aussi droit à plusieurs récompenses. De styles de combat à des salutations en passant par des pièces d’équipement uniques, le jeu nous incite fortement à approfondir toutes les relations possibles pour mettre la main sur un maximum de récompenses.

Certes, on ne parle pas d’un système de sociabilité aussi poussé que d’autres jeux. Les options sociables proposées dans Rise of the Ronin demeurent simples, surtout lorsqu’on les compare à d’autres jeux de rôle parus dans les dernières années. En revanche, tisser des liens et avoir un attachement de 100% dans chaque région est hautement addictif. Contrairement à d’autres jeux à monde ouvert, Rise of the Ronin ne se perd pas dans une multitude d’activités redondantes à terminer pour avoir un taux de complétion maximal.

De ce fait, malgré une aventure de plusieurs dizaines d’heures, on devient rapidement accroc pour terminer l’ensemble des activités tout simplement parce qu’il n’y en a pas trop et que nous sommes récompensés en permanence pour nos avancées, aussi minimes soient-elles.

De la violence et encore de la violence !

Si vous avez déjà joué à un jeu de Team Ninja, vous savez que le studio a la réputation d’offrir des expériences violentes et sanglantes. Rise of the Ronin ne fait pas exception à cette tradition puisque vous trancherez un nombre incalculable de membres humains, en plus de faire gicler l’hémoglobine à souhait. C’est bien simple, parfois, c’est aussi délicieusement exagéré qu’un film de Tarantino !

Les combats ne sont pas sans rappeler ceux de Nioh et Wo Long. Votre objectif sera de trouver une faille dans l’attaque de votre adversaire en attaquant ou bien en vous défendant. Ainsi, non seulement pourrez-vous frapper et esquiver, mais le jeu vous permettra aussi de déstabiliser votre adversaire en appuyant sur un bouton de contre-attaque. Ce faisant, vous ferez tituber votre ennemi et vous pourrez même bloquer des attaques qui ne pourraient l’être avec le bouton de blocage traditionnel.

Bien que vous rencontrerez des ennemis quelconques un peu partout, chaque combat représente un défi en soi. En fait, tout est une question de savoir quand frapper et quand éviter. De plus, selon votre style, vous devrez déterminer s’il vaut mieux être plus agressif ou bien jouer avec plus de prudence. Le choix vous appartiendra, mais sachez qu’il n’y a pas un style meilleur que l’autre, les développeurs ayant développé le système de combat de façon ingénieuse afin que les plus agressifs comme les plus prudents y trouvent du plaisir.

D’autre part, vous aurez aussi le choix de vos armes de prédilection et des styles avec lesquels votre personnage attaquera. En début de partie, on vous invitera à sélectionner le style et donc les armes avec lesquelles votre personnage sera le plus à l’aise. Toutefois, vous pourrez employer les armes que vous voudrez pour vous défendre. Vous préférez le bon vieux katana, vous voulez opter pour un grand Odachi, vous zieutez le double sabre ou bien vous aimez davantage la carabine que le bon vieil arc ? Faites ce que vous voulez, le jeu ne vous restreindra jamais et vous permettra de vous perfectionner avec n’importe quelle arme, peu importe le choix posé en début d’aventure.

Par ailleurs, en progressant dans l’aventure ainsi qu’en battant certains personnages, vous acquérez de plus en plus de styles de combat que vous pourrez aussi perfectionner. Votre style, qui changera la façon d’attaquer de votre samouraï, sera important puisque certains styles sont plus ou moins efficaces contre d’autres. Au total, vous pourrez équiper trois styles et alterner entre eux avec une facilité déconcertante lors de vos affronts. Encore une fois, vous pourrez personnaliser le tout afin de massacrer vos adversaires le plus efficacement possible.

En somme, à l’instar des régions à compléter, les combats de Rise of the Ronin sont aussi addictifs que satisfaisants. On ressent la puissance de nos coups et les choix stratégiques permettent de personnaliser les combats de belle façon, particulièrement dans les niveaux de difficulté supérieurs. Qui plus est, le jeu regorge de pièces d’équipement à découvrir et à équiper, tout comme de points de compétence variés à acquérir afin de débloquer un nombre considérable d’aptitudes à travers quatre arbres d’habiletés. Si le tout n’est pas au niveau d’un Ghost of Tsushima en terme d’esthétique et de fluidité, ça n’en demeure pas moins indéniablement divertissant.

Bogues et stupidité artificielle

Rise of the Ronin ne fera probablement pas l’unanimité. Or, deux éléments risquent d’être régulièrement soulevés par ceux qui n’aimeront pas cette nouvelle aventure de Team Ninja et ils auront raison.

Au niveau visuel, le jeu est plutôt beau, mais loin d’être spectaculaire. Certes, les panoramas sont splendides et la modélisation des personnages est plutôt réaliste. En revanche, on remarque un peu partout des défauts d’animation, notamment des effets d’ombrages saccadés ainsi qu’une quantité surprenante de murs invisibles derrière lesquels les personnages peuvent se retrouver coincés. C’est dommage qu’on n’ait pas appliqué le même niveau d’attention au niveau visuel qu’au niveau sonore, où Rise of the Ronin s’en tire pratiquement sans faille grâce à une superbe bande sonore et un doublage convaincant.

Ceci dit, c’est surtout l’intelligence artificielle qui fait défaut durant l’aventure. En fait, les ennemis utilisent différentes tactiques durant les combats, mais ils n’en demeurent pas moins extrêmement stupides. Ils ne nous voient pas même si on dispute un combat à proximité d’eux ou bien qu’on assassine l’un de leurs pairs à quelques pieds à peine de leur position. De plus, ils sont extrêmement faciles à berner, l’intelligence artificielle cessant de nous pourchasser lorsqu’on franchit la ligne de codage au-delà de laquelle elle ne nous voit tout simplement plus. Aussi rapidement qu’aisément, vous verrez les zones codées de l’intelligence artificielle comme s’il s’agissait de murs !

Tout cela pour dire que le défi représenté par le jeu se présente davantage dans la brutalité des combats que par l’intelligence des ennemis. Vous le remarquerez particulièrement si vous y jouez à plusieurs lors des missions vous permettant de le faire. Si vous y participez avec un ou trois amis, ces missions ne vous poseront aucun défi tant vos adversaires pourront facilement être assassinés et encerclés. Ainsi, autant était-ce une bonne idée d’inclure une option coopérative, autant l’exécution laisse-t-elle à désirer.

Devriez-vous y jouer ?

Sony mise beaucoup sur Rise of the Ronin en ce début d’année. En fait, la compagnie nipponne espère probablement que le succès de Ghost of Tsushima se répétera. Or, si le jeu de Team Ninja n’est pas au même niveau de qualité que celui de Sucker Punch, il n’en demeure pas moins addictif et intéressant.

Certes, on peut lui reprocher d’être un jeu à monde ouvert quelque peu archaïque comparativement à d’autres jeux contemporains de ce style. Ce n’est pas le jeu le plus vivant, ce n’est pas non plus le jeu le mieux conçu et ce n’est certainement pas le jeu proposant la meilleure intelligence artificielle.

Toutefois, Rise of the Ronin possède des qualités indéniables m’ayant permis de ne jamais me sentir obligé d’avancer dans cette reproduction du Japon d’antan. La brutalité des combats m’a happé autant que le plaisir de terminer chaque région à 100% pour obtenir des récompenses régulières et satisfaisantes.

Avec l’arrivée de la série acclamée Shogun, disons que la fenêtre de lancement de Rise of the Ronin est parfaite pour ceux voulant plonger dans l’histoire japonaise en coupant quelques têtes au passage.

Points forts:

  • Une exploration addictive nous incitant à tout terminer à 100%
  • Des récompenses variées et régulières
  • Un système de combat brutal offrant plusieurs choix stratégiques

Points faibles:

  • Plusieurs bogues un peu partout, notamment au niveau visuel
  • Une intelligence artificielle se démarquant par sa stupidité
  • Des séquences de plateformes laissant à désirer

Note: 16 sur 20

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