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Le Q10 de BlackBerry

Par François Dominic Laramée – le dans Actualités
Le nouveau téléphone à clavier physique de BlackBerry a-t-il ce qu'il faut pour raviver la flamme des nostalgiques?

Il n’y a pas si longtemps, BlackBerry trônait sur le marché des téléphones intelligents et semi-intelligents destinés au marché des affaires. Si la compagnie a perdu bien des plumes depuis, le Q10 pourrait bien lui permettre de conserver ses clients les plus irréductibles. Mais en gagner de nouveaux, ça, c’est beaucoup moins certain.

Design

Si vous bandez les yeux d’un type d’un certain âge en veston-cravate et que vous lui demandez d’identifier le Q10 au toucher parmi cinq téléphones intelligents de votre choix, il n’aura aucune difficulté à le faire. Non pas seulement à cause du clavier physique, quoiqu’il constitue tout un indice. Mais parce que le Q10 affiche les formes d’un BlackBerry classique : arrondi, massif, tout juste assez allongé pour accueillir un écran tactile carré de 3,1 pouces de diagonale. Rien pour écrire à sa mère, mais rien pour se plaindre aux pages éditoriales de son quotidien favori non plus.

La puissance de son haut-parleur est très pratique pour les conférences téléphoniques. Un peu moins pratique lorsqu’on oublie de mettre l’appareil en sourdine avant de se coucher et qu’un comique nous envoie un fax publicitaire à minuit. Oui, ça existe encore, des gens qui envoient des fax publicitaires à minuit. Je ne le croyais pas moi non plus jusqu’à samedi dernier.

La prise en main du Q10 n’est pas désagréable : bonne prise, accès facile à toute la surface de l’écran, ports et caméra bien placés. Le bouton de mise en marche positionné sur le dessus de l’appareil a les défauts de ses qualités. Aucun danger de l’activer par accident, mais pas moyen d’y avoir accès lorsqu’on tient le Q10 d’une main sans faire de contorsions.

Quant au clavier, il ne m’a pas totalement convaincu. Les touches sont d’assez bonnes tailles et le relief sculpté à leur surface permet de repérer l’endroit où l’on place les pouces sans regarder, ce qui est excellent. Par contre, en tant que non-initié, le fait que les chiffres et les symboles soient placés sur des touches différentes de ce à quoi on est habitué de la part d’un clavier QWERTY exige une certaine période d’adaptation. Inverser les positions de la touche ALT et de la touche des majuscules n’était pas l’idée du siècle. Devoir faire appel à ALT pour accéder au point et à la virgule, non plus. C’est vrai qu’il fallait bien couper quelque part pour sauver de l’espace et qu’il y a moyen d’apprendre des raccourcis pour contourner la plupart des problèmes, mais au bout d’une semaine, j’avais hâte de retourner au clavier plus standard de mon téléphone Android.

Caractéristiques techniques

  • Processeur Snapdragon MC S4 bicœur cadencé à 1,5 GHz
  • Écran Super AMOLED de 3,1 pouces d’une résolution de 720 x 720 pixels (330 ppp)
  • Système d’exploitation : BlackBerry 10 (version 10.1.0.273)
  • Caméra principale : 8 mégapixels en mode photo, 1 080p en mode vidéo
  • Caméra frontale : 2 mégapixels en mode photo, 720p en mode vidéo
  • Mémoire vive : 2 Go
  • Capacité de stockage : 16 Go, lecteur de carte Micro SD
  • Connectique : Une entrée-sortie USB 2.0, une sortie Micro HDMI
  • Poids : 139 grammes

Matériel

Le Q10 est un appareil conçu pour le travail et ça paraît. Pour éditer des documents et des chiffriers, naviguer rapidement sur le Web ou communiquer avec des clients, tout va bien. Par contre, pour la production et la consommation audiovidéo, les résultats sont moins concluants.

L’écran du Q10 m’a laissé sur ma faim. Si les quelques ratés du système de détection tactile sont probablement dus à des défaillances logicielles plutôt qu’au matériel lui-même, le fait que l’écran soit carré pose problème quand vient le temps de regarder de la vidéo : on perd presque 50% de sa superficie. Le rendu des couleurs n’est pas non plus à la hauteur de meilleures alternatives comme les appareils Android ou l’iPhone.

Même constatation pour les caméras. Elles sont parfaites pour prendre des photos sur un chantier de construction ou pour communiquer avec le patron, mais moyennes pour filmer le match de soccer du petit dernier.

Un détail qui vaut la peine d’être souligné : le haut-parleur interne est d’une qualité surprenante et son volume maximal est très élevé. Très pratique pour les conférences téléphoniques ou pour écouter de la musique en groupe. Un peu moins pratique lorsqu’on oublie de mettre l’appareil en sourdine avant de se coucher et qu’un comique nous envoie un fax publicitaire à minuit. Oui, ça existe encore, des gens qui envoient des fax publicitaires à minuit. Je ne le croyais pas moi non plus jusqu’à samedi dernier.

Logiciels intégrés

Les logiciels destinés au monde du travail sont à la hauteur. DocsToGo, pour manipuler des documents bureautiques, c’est du solide. Le centre de communication BlackBerry Hub, qui concentre en un seul lieu appels, courriels, messages texte et les activités de réseaux sociaux, est probablement ce qui se fait de mieux sur le marché dans le domaine. Quant au système d’exploitation BlackBerry 10, s’il souffre de certaines incohérences en matière de design d’interface, on peut affirmer qu’il est infiniment plus agréable à utiliser que ses prédécesseurs.

Les logiciels destinés au grand public, par contre, ne convaincront sûrement pas fiston d’abandonner son Galaxy S4 au profit du Q10 de maman. C’est qu’ils offrent le strict minimum, et pas toujours très bien. Par exemple, l’application de lecture vidéo étire à la verticale certains clips maison produits sur d’autres appareils, de façon intermittente. La lecture audio n’offre pas la possibilité d’accélérer les baladodiffusions. Le navigateur web n’est pas particulièrement rapide. Mais surtout, le logiciel BlackBerry Link, qu’il faut installer sur son ordinateur pour échanger des contenus avec l’appareil, est pénible à utiliser : problèmes de connexion, redémarrages forcés, restrictions arbitraires qui semblent tout droit sorties d’un UNIX des années 1980. Il y a encore du travail à faire.

Performances

À l’usage régulier, les performance du Q10 sont tout à fait satisfaisantes : réponse rapide, synchronisation des courriels efficace, et bonne vitesse de transfert sur le réseau sans fil de Rogers (sur lesquel j’ai testé l’appareil).

Par contre, le téléchargement et l’installation des mises à jour sont si interminables qu’on a envie de s’excuser à Nintendo pour s’être plaint de la Wii U, tandis que les premiers redémarrages ont exigé tellement de temps que j’étais convaincu que l’appareil était brisé. Ceux qui doivent éteindre leurs téléphones souvent ne vont pas tellement apprécier.

Autonomie

L’autonomie du Q10 est adéquate. Le maximum théorique est de 13,5 heures en téléphonie 3G et de 14,8 jours en veille. En pratique, j’ai obtenu 3 jours d’autonomie pour une utilisation normale, incluant quelques heures de lecture vidéo, de navigation web et d’édition de documents. À moins d’oublier son fil d’alimentation avant de partir en voyage, l’autonomie ne devrait pas poser de problèmes.

Points forts

  • Excellent outil de communication
  • Bons logiciels de productivité
  • Haut-parleur de qualité supérieure

Points faibles

  • Outils de création et de consommation audiovidéo médiocres
  • Clavier pas très intuitif
  • S’échauffe rapidement
  • Pas aussi bien fignolé ni aussi polyvalent que les concurrents à prix comparables, comme le Galaxy S4 et le iPhone 5

Le verdict

Exactement ce à quoi on s’attend d’un BlackBerry avec clavier physique. Le Q10 est un outil de travail efficace qui n’a cependant rien pour séduire le grand public avide de consommation audiovidéo.

Design : 3,5
Performance : 3
Autonomie : 3,5
Prix : 2,5

Note finale : 3

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François Dominic Laramée

Après une carrière de 15 ans en conception de jeux vidéo, François Dominic Laramée a succombé à la puissance du Côté Obscur de la Force et est devenu journaliste techno. Il a notamment été chroniqueur et scripteur à l’émission Les Nerdz de Ztélé pendant 8 saisons, a publié 4 livres dont certains ont été traduits en russe et en coréen, et a écrit pour toutes les publications dont les administrateurs ont oublié de lui interdire l'accès à leurs systèmes de gestion de contenu.