Suica : la carte Opus du futur?

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Alors qu’au Québec, la carte Opus est réservée exclusivement au transport en commun, son homologue japonais est beaucoup plus polyvalent.

Il y a cinq ans, lorsque la STM a annoncé l’adoption de la carte Opus dans le métro et les autobus de Montréal, ma réaction s’est faite en deux temps; tout d’abord, voyant sa ressemblance avec la carte Suica utilisée sur le réseau ferroviaire JR au Japon, je me suis méfiée. «Ça y est, terminé le titre à prix unique pour tout le réseau!»

Ce n’est qu’un peu plus tard que j’ai compris l’étendue des (merveilleuses) possibilités que l’adoption de la carte à puce pouvait potentiellement engendrer.

Au Japon, il n’y a pas seulement nos déplacements sur le réseau de train qu’on peut payer avec notre Suica. Vous n’avez pas eu le temps de dîner et comptez vous attraper quelque chose en cours de route au conbini (dépanneur) de la gare? Approchez simplement votre fidèle Suica de la borne dont plusieurs caisses sont équipées et le tour est joué!

Suica vs. Opus

À Tokyo, rares sont les jours où on ne prend pas le train, le métro, ou même les deux pour se déplacer. Il est possible de se procurer un titre à usage unique pour notre trajet, mais contrairement à ici, la tarification dépend de la distance qu’on parcourt. Pour rendre les déplacements plus pratiques, plusieurs optent d’utiliser la Suica, une carte à puce du même format que notre Opus, qu’on approche d’une plaque prévue à cet effet pour payer notre passage au tourniquet.

Un système équivalent, Pasmo, existe pour accéder aux lignes de train privées, ainsi qu’au métro et aux autobus. Depuis cette année, les deux cartes sont devenues entièrement compatibles avec huit autres cartes dotées de la même technologie utilisées dans d’autres régions du Japon. Bref, depuis peu, avec une seule carte, on peut se promener un peu partout au pays. Bien sûr, quelques restrictions s’appliquent, mais c’est tout de même pratique.

C’est donc au niveau de la façon dont sont utilisées la Suica et la carte Opus qu’il y a une énorme différence. Tandis qu’avec la carte Opus, on paie pour un certain nombre de passages, ou encore, un tarif permettant de se déplacer de façon illimitée en métro et en autobus sur l’espace d’un mois, on recharge plutôt sa Suica avec un montant d’argent de notre choix. C’est qu’une fois à destination, les voyageurs doivent toucher de nouveau le tourniquet à la sortie avec leur carte. Le prix du trajet est débité selon la distance parcourue : plus on va loin, plus ça nous coûte cher.

Vous comprendrez donc mon hésitation initiale; c’était plutôt mon compte de banque qui s’inquiétait.

Paiement par Suica, SVP!

Le côté intéressant de la chose, c’est qu’au Japon, il n’y a pas seulement nos déplacements sur le réseau de train qu’on peut payer avec notre Suica. Vous n’avez pas eu le temps de dîner et comptez vous attraper quelque chose en cours de route au conbini (dépanneur) de la gare? Ne perdez pas de temps à chercher votre petit change : approchez simplement votre fidèle Suica de la borne dont plusieurs caisses sont équipées et hop, le tour est joué!

suicajihankiPlus pratique encore, lors d’une virée shopping, vous pourriez laisser vos achats en consigne dans un casier à la gare pour vous en libérer temporairement et payer par Suica. Même chose pour la bouteille de thé vert qui vous fait de l’œil sur le quai en attendant votre train.

Vous utilisez sans cesse votre Suica et la limite de 20,000¥ (environ 200$) vous oblige à la recharger constamment? Optez donc pour un modèle avec carte de crédit intégrée, qui se décline en plusieurs options, dont certaines nous permettent d’accumuler des points de fidélité, et qui recharge automatiquement le solde de la portion Suica lorsque nécessaire. Ou encore, pourquoi ne pas aller un cran plus loin et profiter du service Mobile Suica, qui combine tout ça à votre cellulaire muni de fonctionnalité FeliCa? Après tout, si vous êtes comme moi et la majorité des utilisateurs de transport en commun nippons, vous l’avez toujours dans la main, de toute façon. Mais dans ce cas, vous ne pourriez pas décorer votre carte d’un autocollant spécial d’accessoires pour Monsieur le Pingouin, vendu spécifiquement à cet effet. Pour moi, c’est effectivement un pensez-y-bien.

Alors voilà pourquoi, en fin de compte, je me suis réjouie à l’idée de l’arrivée de la carte Opus dans nos vies. J’allais enfin pouvoir recommencer à utiliser mes nombreux étuis de carte à puce, et je me suis même imaginée en train de me payer une pointe de pizza avec ma nouvelle carte Opus à Berri. Hélas, je ne suis vraiment pas certaine que ce soit une direction à laquelle serait ouverte la STM, mais une fille peut bien rêver…

  • Yanick Gendron

    C’est complètement inutile, pourquoi ne pas utiliser directement sa carte de crédit plutôt que d’ajouter encore une autre carte supplémentaire. Ridicule

    • G.

      Deux choses.
      Premièrement, si on a une carte de transport, ce n’est pas « une autre carte supplémentaire », c’est une carte qui possède plusieurs fonctions.
      Deuxièmement, au Japon, il est souvent impossible de payer par carte (crédit ou débit). Par exemple, dans les dépaneurs, on peut payer avec la pasmo ou comptant seulement. Donc dans le contexte, la pasmo est très pratique.

  • Eve Martel

    J’ai encore ma Suica chez moi! Très pratique pendant mon voyage au Japon. Et comment résister au logo? Je crois que ce type de carte pourrait être pratique ici si on pouvait s’en servir pour payer dans les dépanneurs et les stations-service.

    • A. Amrani

      C’est en train d’arriver avec la démocratisation du smartphone et le développement du NFC.

  • Julien Royal

    J’ai passé 2 mois cette année au Japon… bien sympa, mais très peu sécuritaire. Il faut se rappeler que la Suica est avant tout utilisée pour des petits achats, et doit-être rechargée fréquemment. En effet, avec un ce système sans NIP ni authentification, un portefeuille perdu devient une perte monétaire importante. Utile dans un pays avec peu de terminaux débits / crédits dans les restaurants / dépanneurs / petits commerces. Ici, je ne vois pas trop l’attrait.

    Bref, je ne suis pas sûr qu’on veuille réellement une tarification à la distance pour le transport en commun, pas plus qu’une carte capable de transporter de l’argent. La formule actuelle de la STM me semble une amélioration face au modèle japonais. On réduit les engorgements aux sorties de métro (pas besoin de scanner pour sortir) et on garde un prix fixe mensuel. La seule chose manquante, c’est augmenter la limite de 3 titres distincts sur la carte OPUS et assurer une interopérabilité entre les villes (comme les récents efforts des dernières années au Japon pour rentre intercompatibles les différentes cartes IC).

    Après ça… vivement le développement des paiements par NFC avec google wallet / paypal / square / etc. pour les paiements instantanés. Plus sécuritaire et directement liés à une carte de crédit (donc une protection supplémentaire et traçabilité en cas de fraude).