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La misogynie dans la culture du jeu vidéo : assez, c’est assez!

Par Catherine Gendreau – le dans Actualités
Des attaques dirigées contre des femmes de la communauté des jeux vidéo survenues récemment ramènent à l’avant-plan la question du machisme inhérent au milieu.

Le sexisme geek n’est pas nouveau. Au royaume du jeu vidéo en particulier, le jeune homme blanc hétérosexuel trône depuis longtemps. Les femmes, elles, sont reléguées aux rôles ingrats et dénigrants (personnages victimes de violence masculine dans les jeux, booth babes servant à vendre des produits au public masculin dans les conventions), et on leur accorde souvent peu de crédibilité lorsqu’elles se présentent comme des joueuses et des actrices de l’industrie. «Allez, t’es mignonne, mais tu n’y connais rien.»

On accorde souvent peu de crédibilité aux femmes qui se présentent comme des joueuses et des actrices de l’industrie. Celles qui refusent ces étiquettes réductrices et remettent en question la toute puissance masculine du milieu s’exposent à la violence et à la misogynie. Bienvenue en 2014.

Celles qui refusent ces étiquettes réductrices et remettent en question la toute puissance masculine du milieu s’exposent à la violence et à la misogynie. Bienvenue en 2014. 

Victimes de cyberintimidation et de menaces

Anita Sarkeesian, la vlogueuse de la chaîne Feminist Frequency sur YouTube, traite depuis plusieurs années de la représentation des femmes dans la culture populaire. En 2012, son projet Kickstarter pour financer sa nouvelle série Tropes vs Women in Video Games avait amassé près de 160 000$, mais lui avait également valu de nombreux messages haineux, dont des menaces très explicites. Un jeu vidéo intitulé Beat up Anita Sarkeesian avait même été créé et mis en ligne par un internaute hargneux.

Si vous pensez que ce genre de situation n’existe plus aujourd’hui, détrompez-vous. 

Lundi dernier, suite à la diffusion de la deuxième partie de l’épisode Women as Background Decoration (la première partie avait été mise en ligne en juin), Sarkeesian a revécu l’expérience pénible et effrayante de 2012 lorsqu’un internaute lui a fait des menaces de viol et de mort, et a même révélé son adresse et de celle de ses parents sur Twitter. 

Les menaces contre Sarkeesian ont eu lieu une semaine après le début de la campagne de salissage dont est victime Zoe Quinn, une conceptrice de jeux vidéo. Accusée par son ex-conjoint d’avoir eu des relations sexuelles avec un journaliste spécialisé pour obtenir des critiques positives de son jeu et en faire la promotion, Quinn a été sommée de s’expliquer sur sa vie privée, ce qu’elle a refusé de faire en arguant qu’elle ne concernait personne à part elle-même. 

Le journaliste en question a depuis prouvé qu’il n’avait jamais fait la critique du jeu.

Les insultes et menaces d’internautes agressifs à son endroit n’ont pas tardé à apparaître en ligne et plusieurs de ses comptes ont été piratés. Son adresse et des photos intimes ont également été rendues publiques. 

Vague de soutien

Si certains avancent que les insultes et menaces proférées à l’endroit des deux femmes sont des scandales créés de toutes pièces (montage douteux à l’appui) par les principales intéressées afin de faire parler d’elles et attirer la sympathie des internautes, de nombreux joueurs et acteurs de l’industrie ont tenu à manifester leur soutien. Les mots-clics #NotAllGamers (calqué sur #NotAllMen et critiqué) et #WeLoveGameDevs sont apparus sur Twitter pour dénoncer le harcèlement fait aux femmes dans le milieu du jeu vidéo.

Tim Colwill, le rédacteur en chef de games.on.net, est allé encore plus loin et a publié ce matin un billet dans lequel il annonce les couleurs de son blogue : «Si vous pensez que le féminisme ou que les femmes sont en train de nuire aux jeux, que les LGBT n’ont pas leur place dans les jeux, ou encore que les jeux vous appartiennent ou sont attaqués par la rectitude politique et les “guerriers de la justice sociale”, je vous en prie, quittez ce site. Je ne veux pas vos clics, je ne veux pas vos visites, je ne veux pas votre trafic. Quittez maintenant et, s’il-vous-plaît, ne revenez plus.»

M’entendez-vous applaudir?

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Catherine Gendreau

Catherine a toujours eu un faible pour les nerds, les geeks et les gars qui passent trop de temps devant un écran. Cette ancienne technulle avouée, plus intéressée par la littérature que par la programmation C++, s’est finalement laissé corrompre avec l’avènement de Facebook, auquel elle est indubitablement accro. Rédactrice web et chialeuse professionnelle, elle écrit toujours ses brouillons à la main.