Piloter un avion par la pensée

Sans les mains

Exclusif

Avec la puissance grandissante de l’informatique et une miniaturisation toujours plus surprenante, même les plus petits appareils développement désormais plus de capacité de calcul que les ordinateurs de l’armée vieux d’il y a à peine 10 ans.

On savait déjà que ce serait bientôt au tour des voitures de devenir intelligentes depuis que nos téléphones en ont été miraculeusement pourvus. Celles-ci pourront vous transporter sans la moindre embûche au travers des méandres chaotiques que sont devenus nos réseaux urbains vieillissants et harnachés de chantiers et autres ralentissements incontournables.

L’objectif de l’expérience est de pouvoir permettre aux pilotes d’accomplir plus de tâches tout en ayant les mains libres tandis que leur cerveau prendrait en charge les mouvements simples de l’avion.

Tandis que les chercheurs de chez Google et de bon nombre de marques automobiles sont en train de nous concocter la prochaine voiture du futur, des universitaires passent déjà à la vitesse supérieure et travaillent sur un concept d’avion que l’on pilote par la pensée.

Regarde maman : sans les mains!

Alors que les technologies existent déjà pour les faire atterrir sans intervention manuelle par le simple travail concerté de capteurs embarqués et au sol, voilà que des chercheurs de la TUM (la Technische Universität München ou l’université technique de Munich) et la TUB, son équivalent berlinois, ont réussi l’exploit de contrôler un simulateur de vol (pas fous ces Allemands!) par contrôle cérébral.

En effet, des scientifiques de Munich se sont équipés de casques bourrés d’électrodes dont le but est de capter les pensées (lire ici ondes cérébrales) et de les traduire en données de navigation. Celles-ci sont ensuite transmises aux commandes du simulateur via un algorithme développé par l’équipe du professeur Florian Holzapfel, lui-même à la tête du projet. En quelques secondes, sans notion de pilotage, les deux hommes ont pu faire se poser l’appareil.

En faire plus avec autant…

L’objectif de l’expérience est de pouvoir permettre aux pilotes d’accomplir plus de tâches tout en ayant les mains libres tandis que leur cerveau prendrait en charge les mouvements simples de l’avion. Effectivement, pour l’instant l’expérience s’est limitée à faire atterrir l’appareil, ce qui reste tout de même encore une des phases les plus dangereuses du vol. L’extension de ces manipulations à d’autres phases de vol ne devrait pas être plus complexe, mais le matériel requis pour «converser» numériquement avec l’appareil est encore encombrant et évidemment expérimental.

Au fur et à mesure que l’on commence à être capable de cartographier le cerveau et ses activités en temps réel, on se rapproche d’un monde dans lequel nos mains auront de moins en moins à servir d’intermédiaires pour bon nombre de nos actions. Plus besoin de doigts pour faire un numéro de téléphone, de mains pour tenir un volant ou piloter un avion, etc.

thematrix

Les prochaines générations risquent de rencontrer de beaux problèmes le jour où l’électronique décidera de prendre une pause. Car, malgré ces avancées technologiques plutôt surprenantes, l’humain n’apprend pas encore à la vitesse de la lumière comme Neo qui devient un maître du kung-fu en quelques secondes dans le film The Matrix.

La perte de la connaissance acquise

Depuis des millénaires, c’est par la répétition de gestes faits avec nos mains et leur coordination avec le cerveau que l’homme a pu progresser et transmettre le savoir qu’il a acquis au cours des années. Si l’acquisition des pratiques les plus complexes impliquant un entraînement via nos membres ne se fait plus, ces «savoirs» vont tout simplement disparaître, comme certains métiers artisanaux qui sont en train de mourir tout bonnement. À force de trop vouloir nous pencher vers l’avant sans même considérer la survie des systèmes manuels anciens, nous pourrions bien tout perdre du jour au lendemain en raison d’une simple panne de courant.

Alors, embrassez l’évolution technologique avec passion et fougue soit, mais penser à conserver un manche à balai réel dans un cockpit du futur ne serait définitivement pas une stratégie de trop lorsque toute cette belle technologie décidera, d’elle-même ou non, de nous laisser au bord du chemin de l’évolution.

  • Steve C

    Et quand on éternue on crash ? ;)

  • ZzZzZzZz

    …et si le pilote s’endort?