Bill Gates : Le FBI n’a pas demandé à Apple de porte dérobée

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Le débat entourant la vie privée et la requête du tribunal américain qui impose à Apple de contribuer à l’enquête de San Bernardino se poursuit de plus belle.

Alors que la majorité des acteurs de l’industrie semblaient se ranger systématiquement du côté d’Apple, un mouton noir se démarque du lot, et pas n’importe qui : Bill Gates.

En effet, dans le cadre d’une entrevue avec le Financial Times, l’ex-PDG et cofondateur de Microsoft a admis ne pas partager complètement le point de vue de Tim Cook concernant l’obligation d’Apple de fournir au FBI un logiciel permettant d’accéder aux données chiffrées d’iOS. Selon lui, il n’y a aucun motif pour qu’Apple n’obtempère pas.

Bill Gates est d’avis qu’un débat sur la question doit avoir lieu.

«Il s’agit d’un cas particulier ou le gouvernement demande d’accéder à de l’information», a-t-il précisé, en niant qu’il était question d’intégrer l’équivalent d’une porte dérobée à quoi que ce soit. «Ce n’est pas une demande pour quelque chose de global, mais explicitement pour cette affaire.»

Il est d’avis cependant qu’un débat sur le sujet doit avoir lieu, comme le souhaite d’ailleurs Apple.

«J’espère que nous aurons un débat sur cette question qui fera en sorte que les balises seront mises en place pour éviter que la population décide – et ce sera le cas pour chaque pays – qu’il est préférable que le gouvernement n’ait pas accès à toute information.»

Dans le cadre d’une autre entrevue, cette fois avec Bloomberg, Gates a été déçu d’apprendre que tout ce que les médias avaient retenu de ses propos était qu’il partageait totalement le point de vue du FBI. Sa position est en effet plus nuancée (comme le démontre la dernière citation).

«Je suis déçu parce que ça ne reflète pas ma position sur le sujet», a déclaré Gates. «Je crois qu’avec des balises claires, il y a des cas où le gouvernement doit agir en notre nom, notamment dans la lutte contre le terrorisme qui risque de s’intensifier, et que c’est important.»

«Mais il faut déterminer cet équilibre», a-t-il poursuivi. «Car l’histoire nous a bien sûr montré que le gouvernement avait déjà utilisé de l’information d’une manière que nous n’avions pas anticipée, jusqu’à l’époque où J. Edgar Hoover dirigeait le FBI. J’espère que nous sommes maintenant en mesure d’avoir une discussion. Je crois qu’il est possible de mettre en place une série de mesure qui ferait en sorte que le gouvernement ne soit pas complètement aveugle.»

«Les tribunaux devront donc décider de cela. Et je pense qu’Apple a déclaré que, quelle que soit leur décision, elle va la respecter. Pendant ce temps, ça nous donne l’occasion de lancer la discussion alors que ces questions seront débattues au Congrès via [les modifications qui seront ou non apportées] au Patriot Act. Ce n’est pas le genre de décision que vous voulez prendre dans la minute qui suit un attentat terroriste. Vous ne voulez pas non plus complètement retirer cet accès au gouvernement lorsque des cas d’abus sont dévoilés. Il faut trouver cet équilibre, et les États-Unis doivent montrer l’exemple à suivre.»