Le cord cutting gagne du terrain au Canada

Télévision

Selon une récente étude, le nombre de foyers qui ont abandonné leur inscription à un service de télédistribution traditionnelle aurait augmenté de 80% en 2015 par rapport à l’an dernier.

C’est l’une des nombreuses observations effectuées par la firme Convergence Consulting Group dans la dixième édition de son analyse annuelle intitulée The Battle for the Canadian Couch Potato : Online and Traditional TV, and Movie Distribution, après avoir analysé les rapports financiers des entreprises de câblodistribution et relevé leurs commentaires.

Le marché de la télédistribution traditionnelle au Canada a connu son dernier bilan positif en 2012, avec un gain de 32 000 nouveaux abonnés.

Les auteurs de l’étude estiment ainsi que 190 000 abonnements ont été annulés au Canada l’an dernier, alors que les câblodistributeurs et télédistributeurs au pays avaient perdu 105 000 abonnés en 2014.

Loin de pouvoir être qualifiée d’une «explosion» sur une population de plus de 35 millions d’habitants répartie dans 14,47 millions de foyers, Convergence Consulting Group évalue qu’un total de 3,43 millions de foyers canadiens est actuellement dépourvu d’un abonnement à un service de télédistribution traditionnelle – représentant une proportion de 23,7%.

Il est néanmoins incontestable que le phénomène du cord cutting prend de l’ampleur au Canada. Le marché de la télédistribution traditionnelle au pays a connu son dernier bilan positif en 2012, avec un gain de 32 000 nouveaux abonnés. Depuis, son bassin d’utilisateurs est essentiellement en chute libre.

La faute à Netflix

Bien entendu, le principal rival de la télédistribution traditionnelle au Canada est le même que partout ailleurs : Netflix. Alors que l’abonnement à Internet est devenu un incontournable au cours des dernières années, et que les forfaits haute vitesse sont désormais pratiquement la norme, l’idée de payer significativement moins pour accéder à un impressionnant catalogue de contenu vidéo à la demande sur le Web attire visiblement les Canadiens.

netflix

Toujours selon cette étude, Netflix comptait 4,9 millions d’abonnés au Canada en 2015. Ce chiffre représente une augmentation de 58% par rapport à son bassin d’utilisateurs en 2013.

«La progression de Netflix ne ralentit pas au Canada», affirme Brahm Eiley, président de Convergence Consulting Group. «Chaque année, Netflix ajoute une énorme masse d’utilisateurs.»

Devant le phénomène, plusieurs télédistributeurs canadiens ont adopté une nouvelle stratégie en lançant des services de vidéo sur demande comparables à Netflix, comme Club Illico de Vidéotron, Shomi de Rogers et Shaw, et CraveTV de Bell. Des initiatives semblables ont d’ailleurs été manifestées au préalable par certains télédiffuseurs, dont notamment TOU.TV de Radio-Canada.

L’étude n’offre aucune observation concernant le marché francophone, moins bien servi par Netflix.

Malheureusement, l’étude n’offre aucune observation permettant de distinguer le marché francophone, moins bien servi par le champion de la vidéodistribution en ligne. Logiquement, ces derniers seraient potentiellement plus fidèles à leur fournisseur de services télé, alors que les autres se raviseraient à consommer leur contenu majoritairement en anglais ou à opter pour un service équivalent dont le catalogue francophone est plus généreux.

Reste à voir maintenant si l’offre par les câblodistributeurs d’un forfait de base à 25$ par mois, imposé par le CRTC, sera suffisante pour ralentir le phénomène du cord cutting au Canada.

Sans compter que l’augmentation des tarifs de Netflix, qui viendra affecter plusieurs millions d’abonnés à compter du mois prochain, pourrait susciter la colère de plusieurs d’entre eux.

Convergence Consulting Group semble tenir compte de ces facteurs en estimant que le nombre de foyers canadiens qui se désabonneront du câble en 2016 atteindra 191 000.